Article rédigé par Elodie F.

Être bipolaire est devenu un terme utilisé souvent à tort et à travers sans véritable compréhension de ce que cela signifie. Ce trouble est également connu sous le nom de maladie maniaco-dépressive ou folie maniaco-dépressive. C’est une maladie sévère, aux lourdes conséquences sociales et personnelles. Il est temps de creuser le sujet !
Définition
La bipolarité est tout d’abord une maladie. Elle touche 1,2% de la population française et se développe, le plus souvent, entre 18 et 24 ans, au début de l’âge adulte. Elle ne fait aucune discrimination : les hommes et les femmes sont touchés de façon équivalente par cette maladie.
Le trouble bipolaire est diagnostiqué lorsqu’une personne alterne entre des phases dépressives et de manie. Pendant les périodes de dépression, l’humeur est au plus bas, la personne est en souffrance psychologique, elle perd l’envie, le plaisir et l’intérêt pour ses activités, elle manque d’énergie et a des pensées péjoratives. La manie, quant à elle, se traduit par une humeur changeante (du rire aux larmes), une hyperactivité cérébrale. Extravagances, mégalomanie, mais aussi insomnie sont au rendez-vous. C’est un état d’excitation intense, voire une inhibition de certains sens tant l’activité est élevée.
La bipolarité n’est cependant pas à confondre avec la dépression ou la manie. Ce sont bien des troubles différents. Une personne bipolaire va vivre avec les deux troubles de façon alternée. Une personne maniaque ou dépressive ne sera pas forcément bipolaire.
Les différents stades de la bipolarité
Classification
La bipolarité peut prendre plusieurs formes qui sont classées par type.
- Type 1 : la personne alterne les phases maniaques et dépressives à intervalles libres. C’est la forme la plus connue et la plus observée.
- Type 2 : ici encore, il y a une alternance entre les deux états, néanmoins la manie devient hypomanie. Cela signifie que la personne aura de nombreux troubles de l’humeur, passant vraiment d’une émotion à une autre, ainsi que des troubles de la pensée et du comportement.
- Type 3 : cette catégorie regroupe les personnes qui ne présentent que des épisodes maniaques, liés à la prise d’antidépresseurs, ainsi que ceux ne présentant que des épisodes dépressifs, mais avec des antécédents familiaux de trouble bipolaire.
Il existe ensuite différentes phases de bipolarité observées chez les patients :
- La manie ou l’hypomanie suivie de la dépression à intervalle libre,
- La dépression puis la manie ou l’hypomanie à intervalle libre,
- La phase circulaire pendant lesquels les épisodes s’enchaînent sans intervalle libre,
- Les phases indéterminées où les enchaînements sont imprévisibles.
Reconnaître ces différentes phases permet de savoir dans quel type l’on se place pour pouvoir prendre les dispositions nécessaires.
Les états
Comme vous l’avez vu, la bipolarité se présente sous forme de différentes phrases, différents états, qui s’alternent les uns avec les autres. Essayons d’en savoir un peu plus sur ces états.
L’hypomanie : c’est une phase atténuée de la manie. Elle échappe souvent aux prises en charge car les symptômes se limitent à une hyperactivité physique et intellectuelle, ainsi qu’à quelques troubles du sommeil. C’est un état bien moins inquiétant que la manie.
L’état mixte : ici, les variations entre les états dépressifs et maniaques sont très minimes. Les deux s’entremêlent pour former des troubles plus particuliers. L’humeur est souvent variable : la tristesse peut être associée à une excitation psychique et motrice ou encore une euphorie avec une perte d’énergie… Dans l’état mixte, on peut retrouver la manie dysphorique. Cet état associe la manie classique avec au moins trois symptômes de dépression. Ce sont des cas graves, à traiter d’urgence, et pour lesquels il faut être extrêmement vigilant : la personne a des tendances suicidaires élevées.
La cyclothymie : cet état est une variation entre une dépression modérée et de l’hypomanie. Il est plus difficile à déceler, et parfois non reconnu comme pathologique, mais sa chronicité le rend invalidant.
La dysthymie : dans cet état, la personne est triste, perd son élan vital et son énergie. Les symptômes dépressifs sont peut-être moins élevés que lors des états dépressifs, mais durent bien plus longtemps.
Les cycles rapides : ici, il s’agit des personnes qui enchaînent les états dépressifs ou maniaques assez rapidement (au moins 4 par an). Cela concerne environ 13 à 20% des patients. Le risque de cycle rapide peut être augmenté si la personne prend des antidépresseurs.
Il existe deux autres formes de bipolarité qui mériteraient sans doute un article à elles seules. Ce sont les troubles affectifs saisonniers et les troubles schizo-affectifs. Les premiers concernent environ 5% de la population. Ils se répètent à des périodes très précises de l’année avec la fameuse dépression saisonnière au moment de l’automne. Pour les seconds, les épisodes maniaques ou dépressifs sont souvent associés à des éléments délirants.
Causes & Évolutions
Qu’est-ce qui peut causer les troubles bipolaires ?
Comme nous l’avons évoqué, tout le monde peut être touché par cette maladie. Il existe cependant quelques éléments déclencheurs qui sont facilement identifiables :
- un événement stressant : perte d’un proche, déménagement, changement d’emploi…
- la consommation d’alcool et de drogues,
- des personnes ayant déjà des troubles anxieux,
- des antécédents familiaux.
Au cours du temps, diverses hypothèses se sont développées afin de connaître la source des troubles bipolaires. Selon certains, ils surviennent à cause de perturbations neurologiques, d’anomalies cérébrales. Pour d’autres, les médicaments thérapeutiques peuvent en être la cause. La sécrétion de cortisol est également évoquée puisqu’elle a été observée dans certaines périodes dépressives. L’hypothèse génétique a cependant été celle la plus plébiscitée : en effet, si un parent est bipolaire, il y a de fortes probabilités que l’enfant en soit également atteint (5 à 10 fois plus de risques). Et enfin, la dernière hypothèse est celle psychanalytique qui est assez controversée et complexe.
En bref, un trouble bipolaire peut-être causé par une multitude de facteurs différents et ce depuis au moins l’Antiquité !
Évolutions & traitement
Parmi les idées reçues que l’on peut lire autour de la bipolarité, il y a celle-ci : l’évolution des troubles bipolaires est imprévisible. En réalité, c’est plus complexe que cela. La médecine est capable aujourd’hui d’identifier les cycles des personnes atteintes et donc de leur prescrire des traitements qui pourraient leur permettre de quitter le cercle vicieux. Selon une étude américaine en 2007, les psychiatres Goodwin et Jamison établissent qu’environ deux tiers de leurs patients sont parvenus à “une rémission de la symptomatologie” entre les différents épisodes.
Dans le cas où la personne n’est pas traitée pour cette maladie, son espérance de vie est de 20 ans inférieure à celle de la population générale. Ses épisodes dépressifs et maniaques deviennent de plus en plus rapprochés et de nombreux risques peuvent être encourus : suicide, overdoses, comportements à risques (conduite, défis…), etc.
Dans le cas où la personne est traitée et suivie, les complications liées à la bipolarité sont réduites. La fréquence entre les phases augmente et le patient peut gérer de mieux en mieux ces différentes périodes. Ce n’est pas une maladie qui peut réellement se guérir : plus tôt elle est prise en charge, plus facile sera la vie pour le patient.
Comment la bipolarité est traitée en littérature ?
Contrairement à certains troubles ou certaines maladies, la bipolarité est souvent abordée dans la littérature. Romans jeunesse, jeunes adultes, adultes, romans psychologiques… Il existe énormément de ressources pour comprendre comment fonctionne la bipolarité. Je vous invite à découvrir la sélection de Babelio sur le sujet : Bipolaire – 75 livres.
Rappelons en cette fin d’article que la bipolarité est un trouble et une maladie sérieuse. Elle ne doit pas être prise à la légère et doit faire l’objet d’un suivi thérapeutique. Si vous êtes atteint de troubles bipolaires ou connaissez quelqu’un qui l’est, n’hésitez pas à témoigner.
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Les Sources :
✺ « Formes de la maladie bipolaire » [En ligne]Formes de la maladie bipolaire Classification des troubles bipolaires (troubles-bipolaires.com) [Consulté le 18/06/2021]
✺ Christine Mirabel-Sarron et Isabelle Leygnac-Solignac, « Les troubles bipolaires », Édition Dunod, 2015 [En ligne] Les troubles bipolaires – Christine Mirabel-Sarron, Isabelle Leygnac-Solignac | Cairn.info [Consulté le 18/06/2021]
✺ Thierry Haustgen, « Idées reçues sur les troubles bipolaires », ÉditionLe Cavalier Bleu , 2013 [En ligne] Idées reçues sur les troubles bipolaires – Thierry Haustgen | Cairn.info [Consulté le 18/06/2021]
✺ Henri Chabrol, « Traité de psychopathologie clinique et thérapeutique de l’adolescent », Édition Dunod, 2011 [En ligne] Traité de psychopathologie clinique et thérapeutique de l’adolescent – Henri Chabrol | Cairn.info [Consulté 18/06/2021]


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