Article rédigé par Edda Charon

Qui ne bave pas devant un pot de Nutella, du caramel, des bonbons, des pâtisseries, des tartes et des gâteaux ? Ce petit goût de “reviens-y”, cette sensation de trop peu qui nous pousse à prendre une nouvelle cuillerée, une nouvelle part, tandis que nous avons conscience que nous le regretterons plus tard. Que ce n’est pas raisonnable. Vous l’avez deviné : aujourd’hui, nous allons parler de la dépendance au sucre.
LE SUCRE ET LA VIE RÉELLE
Remontons à la base et comprenons ce qu’est le sucre. Il appartient à la grande famille des glucides et, ici, nous allons nous pencher sur le glucose. Car, le glucose, notre cerveau l’aime d’amour (mais un amour fusionnel, hein). Pourquoi donc ? Tout simplement car c’est le seul glucide qui peut atteindre les barrières de notre cerveau. Pas seulement parce qu’il est associé à la récompense, mais surtout parce que nos neurones en ont besoin, tout comme nous avons besoin d’oxygène. Certes, nous avons des réserves de glucose, mais ces dernières ne tiennent pas plus de dix minutes. Et quand notre organisme se repose ? C’est 60 % de notre réserve qui est consommée.
Mais pourquoi aime-t-on autant le goût du sucre et y a-t-il une réelle dépendance derrière tout ça ? Des professionnels de la santé vous répondront “oui” et d’autres “non”. L’explication qui revient le plus souvent est que les personnes ne se nourrissant pas de manière équilibrée à des heures fixes et sautant des repas sont les plus à même d’avoir un goût très prononcé pour le sucre ; d’avoir le “bec sucré”. Attention, cependant ! Chaque corps à ses propres besoins et il est très important de l’écouter. Ainsi, bien qu’un·e nutritionniste exécute son métier depuis des années, ses propos ne seront certainement pas une science infuse et il sera très important pour vous de composer avec ce que dit votre organisme. Donc, si les conseils du/de la professionnel·le entre en désaccord avec ce que vous ressentez concernant vos besoins, ne vous forcez surtout pas. Néanmoins, si l’on parvient à vaincre ces nombreux vices (tout en suivant le besoin de votre corps), le goût pour le sucre finira par s’estomper (Edda : je mange plus équilibré et j’aime toujours autant le sucre…). Et ce qui crée cette “dépendance”, c’est l’appel du cerveau qui est en manque de carburant et qui en réclame. Ce manque est, d’ailleurs, très souvent accompagné d’irritabilité et d’une baisse de concentration. Du coup, ne vous privez pas de goûter. La petite tartine chocolatée (sans huile de palme, parce qu’on aime notre planète) de seize heures peut être importante. Ça, c’est ce qui se passe chez certaines personnes.
Pour d’autres, l’addiction sera plus psychologique à cause de sa notion de récompense, de douceur et de plaisir, selon Simone Lemieux (une chercheuse à l’Institut Nutraceutiques et des Aliments Fonctionnels). Tout petit, on attend le fameux dessert à la fin du repas lorsque nous avons terminé notre assiette de légumes. Ainsi, on associe ce plat à un réconfort (parce que la tarte de courgettes, c’est le mal absolu !) et cette empreinte reste très forte, même chez les adultes. Quelles en sont les conséquences ? Eh bien, il suffit de regarder les nombreux problèmes de santé liés à cette addiction et vous comprendrez immédiatement.
Mais ce n’est pas quelque chose à bannir de notre repas, n’est-ce pas ? Pas du tout ! Comme expliqué précédemment, le glucose, et donc le sucre, est le carburant de notre cerveau. Nous en avons besoin. Répondre à ce besoin nous rend capable d’effectuer des tâches mentales plus complexes et plus longtemps. Cette consommation peut également nous rendre plus vif et plus attentif. Notre capacité d’attention et de vivacité d’esprit est efficace après consommation de sucre, et ce même chez les adultes et les seniors. À savoir aussi que le glucose est utilisé par nos muscles (exemple : cliquez sur votre souris d’ordinateur et vous en utilisez).
Mais c’est quoi le problème, alors, avec cette dépendance ? Le problème provient du fait qu’on privilégiera la bonne tartine de Nutella à une banane ou une pomme. On préfèrera se caler l’estomac avec un bon croissant ou un pain au chocolat (oui, je dis “pain au chocolat”. Un problème avec ça ?), plutôt qu’avec une clémentine ou tout autre fruit de saison ou non. Certes, cela ne peut pas faire de mal si nous en mangeons de temps en temps, mais si nous en abusons, notre tour de taille, de cuisse et de banane fessière va augmenter sans que nous nous en soucions réellement (et ce n’est qu’un mal minime comparé aux problèmes de santé que nous pourrons rencontrer comme le mauvais cholestérol ou le diabète, par exemple). Et nous y reviendrons encore et encore jusqu’à ce que nous en ressentions un éventuel dégoût. Parce que le goût de la douceur, de la petite récompense après un obstacle surmonté, du réconfort après un événement difficile, du petit moment de douceur dans ce monde de brutes vaut bien tout le reste. Parce que c’est prouvé, le sucre réduit notre peur et notre stress ! Mais – comme expliqué ultérieurement – ce n’est pas que notre pantalon qui risque des conséquences fâcheuses, mais également notre corps qui peut subir comme conséquence de cet abus, le développement du diabète et provoquer des caries, entre autres.
LE SUCRE ET LA LITTÉRATURE
C’est quelque chose d’assez récurrent dans la plupart des histoires que nous lisons ou que nous écrivons. Rares sont les personnages mangeant de bonnes chouquettes ou se faisant un repas crêpes sucrées. Et, lorsque c’est le cas, l’auteurice n’aura aucun scrupule à présenter le personnage comme étant quelqu’un d’obèse, se baffrant quasiment à longueur de temps, avec la peau grasse. Un personnage secondaire vite mis aux oubliettes car seulement utilisé pour mettre notre personnage principal toute fine, aux “bonnes proportions” en valeur. A contrario, nous trouverons miss parfaite pouvant se goinfrer comme pas permis parce que “peu importe ce que je mange, je grossis pas, lolilol” (merci, SOD). Rares sont les moments où un Rodolphe ou une Janine (nous appellerons notre héros et héroïne ainsi) ont été surpris en train de piquer le stock de rose des sables, s’offrir une glace à l’italienne, venir se peser quelques temps plus tard sur la balance et constater qu’iels ont un peu abusé du pot de Häagen Dazs, de la chantilly et du coulis de chocolat. Non. Il ne faut pas que Rodolphe et Janine prennent un seul gramme. Il ne faut pas qu’iels réveillent nos complexes, détruisent notre fantasme du corps parfait. Ainsi, jamais nous ne les verrons abuser du sucre, en manger à outrance, se réfugier dedans. Non. La gourmandise, la dépendance au sucre et toutes ses conséquences, sont à proscrire.

LES SOURCES :
✺ Françoise Ruby, « Accro au sucre ? », Octobre 2005 [En ligne] Je suis accro au sucre ? Que faire ? Explications (passeportsante.net) [Consulté le 05 janvier 2020]
✺ « Sucre et équilibre » [En ligne] Cultures Sucre – Cultures Sucre (cultures-sucre.com) [Consulté le 05 janvier 2020]
✺ Élisa Labrecque, « Éliminer la dépendance au sucre » [En ligne] Éliminer la dépendance au sucre | Crudessence [Consulté le 05 janvier 2020]
LES TÉMOIGNAGES :
✺ Ophélie, « Comment j’ai arrêté mon addiction au sucre » [En ligne] Comment j’ai arrêté mon addiction au sucre – Lotus & Bouche Cousue (lotus-bouche-cousue.fr) [Consulté le 05 janvier 2020]
✺ « J’ai arrêté le sucre (5 mois), mon témoignage » [En ligne] J’ai arrêté le sucre (5 mois), mon témoignage – Diététique et régimes – FORUM Nutrition – Doctissimo [Consulté le 05 janvier 2020]
✺ Wladislas, « Mon sevrage au sucre », Juillet 2012 [En ligne] Accro au sucre, comment je m’en suis sevré – Mon sevrage au sucre (conscience-et-sante.com) [Consulté le 05 janvier 2020]


Laisser un commentaire