LE DIABÈTE

Article rédigé par Dawn

Qui n’a jamais entendu quelqu’un faire une blague de mauvais goût sur le diabète alors qu’iel mangeait quelque chose de sucré ? Aujourd’hui, nous allons briser cette idée reçue comme quoi le diabète vient systématiquement d’une alimentation trop sucrée, et nous allons voir qu’en réalité il n’existe pas un mais plusieurs diabètes.

COMMENT DIAGNOSTIQUE-T-ON UN DIABÈTE ?

Malgré le fait qu’il y ait deux types de diabète différents – dont je vous expliquerai les différences juste après – on parle souvent du diabète au singulier pour désigner un taux de sucre dans le sang supérieur à la normale. Bien souvent, le diabète est asymptomatique, et donc très difficile à diagnostiquer. On réalise donc des dépistages grâce aux prises de sang, en particulier chez les personnes ayant des prédispositions. Il faut savoir que la glycémie moyenne est inférieure à 1,10 g/L à jeun, et inférieure à 1,40 g/L après un repas.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, on parle donc de diabète lorsque la glycémie veineuse à jeun est supérieure à 1,26 g/L à deux reprises, ou lorsque la glycémie post repas est supérieure à 2 g/L. Ces deux critères permettent de dépister les diabètes asymptomatiques.

Si la glycémie veineuse est supérieure à 2 g/L peu importe le moment de la journée (après un repas ou à jeun), des symptômes commencent alors à apparaître. 

Le premier symptôme est la glycosurie, c’est-à-dire la présence de glucose dans les urines. Cette glycosurie, en s’aggravant, peut entraîner un amaigrissement inexpliqué, en absence de régime par exemple. Lorsque l’on atteint une glycémie supérieure à 2,5 g/L, le patient aura tendance à uriner beaucoup plus souvent dans la journée et boira énormément. Cela s’explique par le fait que la présence de glucose dans l’urine nécessite un apport d’eau plus conséquent que la normale afin de l’évacuer. 

Il est donc important de prendre en charge très rapidement un diabète, et de se faire dépister régulièrement si l’on fait partie des personnes à risques.

QUELLES SONT SES CONSÉQUENCES À LONG TERME ?

Si un diabète n’est pas pris en charge rapidement, des complications à long terme peuvent se déclarer.

En plus des symptômes décrits précédemment qui peuvent s’aggraver, d’autres problèmes de santé graves peuvent faire leur apparition. Parmi eux, on retrouve : 

  • la rétinopathie, qui est une atteinte des vaisseaux sanguins au niveau de la rétine. Elle est longtemps asymptomatique, mais peut dégénérer en oedème maculaire (gonflement du centre de la rétine par accumulation de liquide) et provoquer une baisse de la vue.
  • la néphropathie diabétique, qui est une atteinte des reins liée à la dégradation des microvaisseaux sanguins autour de ces organes à cause de la présence excessive de sucre dans le sang. Elle peut être dépistée par voie urinaire, avec la présence d’albumine dans les urines, mais si elle n’est pas prise en charge elle peut dégénérer en insuffisance rénale (Dawn : heureusement, avec les dépistages systématiques aujourd’hui, le pourcentage de patients allant jusqu’à la dialyse ou la greffe à cause de cette insuffisance rénale ne dépasse pas les 5%).
  • la neuropathie diabétique, qui est une altération des nerfs principalement au niveau des jambes et des pieds. Les patients perdent donc progressivement toute sensibilité au niveau de leurs membres.
  • les risques cardio-vasculaires. En effet, le diabète augmente le risque de faire des infarctus, des ischémies ou des AVC, bien plus que le tabac et l’hypercholestérolémie du fait de son atteinte plus générale.

Ceci n’est qu’une liste non exhaustive des complications chroniques possibles, car des complications aiguës peuvent également survenir dans des cas plus rares. Ici, je vous ai listé les plus courantes.

Mais, avec la technologie actuelle et le dépistage de plus en plus systématique, ces complications sont rapidement prises en charge pour limiter leur évolution voire empêcher leur apparition.

LES ORIGINES DES DIABÈTES

Comme je vous l’ai dit en début d’article, il n’existe pas un, mais deux types majeurs de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Il existe également le diabète de grossesse, mais j’en parlerai très peu ici car il n’est que temporaire (Dawn : mais ne vous en faites pas, je vous expliquerai tout de même brièvement ce que c’est, pas de panique !).

Commençons donc par le plus répandu : le diabète de type 2 (DT2). Cette forme représente 90% des diabètes diagnostiqués, et reste longtemps asymptomatique (en moyenne 5 à 10 ans avant l’apparition des premiers symptômes). Il se déclare généralement chez les adultes de plus de 40 ans, souvent ayant des prédispositions génétiques, et est lié à une hygiène de vie négligée comme une alimentation déséquilibrée ou encore un manque d’exercice physique (Dawn : c’est pour cela que cette forme de diabète se retrouve principalement chez les personnes en surpoids, et de là vient le cliché de “plus je mange sucré, plus je risque d’être diabétique”.). Il peut avoir deux conséquences : soit le pancréas ne sécrète plus assez d’insuline par rapport à la glycémie du corps, soit, à l’inverse, la quantité d’insuline est suffisante mais les récepteurs à l’insuline ne la reconnaissent plus, ce qui entraîne une insulinorésistance. 

Le second diabète est celui de type 1 (DT1), beaucoup moins répandu. Il se déclare très souvent chez les jeunes adultes et les enfants, et est lié à une absence totale d’insuline dans le corps du fait de la destruction des cellules bêta du pancréas, cellules responsables de l’absorption de l’excédent de sucre sanguin. On parle aussi de diabète insulinodépendant, et c’est donc une maladie auto-immune. Cependant, on ignore encore quelle est l’origine de cette destruction de cellules. Au niveau des symptômes permettant de le diagnostiquer, on retrouve une soif intense, de la polyurie (la personne va uriner très souvent, trop par rapport à une personne “saine”), mais aussi un amaigrissement marqué et rapide du fait de l’absence d’absorption du sucre. 

Enfin, parlons du diabète de grossesse, ou diabète gestationnel. Comme son nom l’indique, ce diabète se déclare uniquement lors de la grossesse, et disparaît après l’accouchement. Il possède les mêmes symptômes que le DT1 et le DT2, mais nécessite une surveillance accrue car présente un risque non seulement pour la mère, mais aussi pour l’enfant : le sucre sanguin en surplus est transmis au fœtus, et se retrouve stocké dans ses organes, ce qui peut entraîner des complications lors de l’accouchement notamment à cause d’une macrosomie (poids supérieur à 4kg à la naissance) qui peut engager le pronostic vital de l’enfant. Bien souvent, les accouchements se font par césarienne pour limiter les risques de complications (Dawn : et parfois, la grossesse peut être provoquée prématurément pour éviter cette fameuse macrosomie.).

Certains diabètes peuvent également être liés à des pancréatites chroniques (inflammations aiguës du pancréas), mais des études sont actuellement menées pour déterminer le lien de causalité entre les deux pathologies.

LES FACTEURS DE PRÉDISPOSITION

Comme l’on peut se douter, le diabète ne se déclare pas comme ça du jour au lendemain. Certains facteurs peuvent favoriser son apparition : 

  • la sédentarité, qui se caractérise par une faible dépense énergétique du fait du manque d’activité physique. 
  • le tabagisme, qui favorise l’insulinorésistance mais participe également à l’aggravation de la néphropathie diabétique et la rétinopathie.
  • l’hypertension artérielle
  • la dyslipidémie, qui est une anomalie des lipides dans le sang caractérisée principalement par une augmentation du LDL cholestérol, aussi appelé “mauvais cholestérol”. 
  • le surpoids.

Tous ces facteurs, vous l’aurez deviné, favorisent le diabète de type 2. Et le DT1 me direz-vous ? Et bien, comme il s’agit d’une maladie auto-immune, aucun facteur environnemental ne favorise son développement.

Un autre facteur que l’on oublie souvent : les aliments ultra-transformés. Dans notre société actuelle, on prend de moins en moins le temps de cuisiner des bons plats avec des produits frais, et l’on favorise les plats cuisinés que l’on a juste à faire réchauffer (Dawn : je vous l’accorde, c’est bien pratique les soirs où l’on n’a pas la motivation pour cuisiner, surtout lorsque l’on est étudiant.e…). On peut également prendre l’exemple des produits à destination des personnes végétariennes, comme les steaks de soja. Mais connaissez-vous la quantité de glucides présents dans ces plats ? Non ? Eh bien, trop par rapport à nos besoins énergétiques ! Vous n’imaginez pas la portion de sucres cachée dans ces plats qui semblent équilibrés au premier abord. Et ces plats, consommés trop régulièrement, peuvent favoriser l’apparition du DT2. Aux Etats-Unis, pays où plus d’un tiers de la population est diabétique, on estime que la moitié de ces cas est liée à la consommation de ces aliments ultra-transformés. Méfiez-vous donc de ces produits qui semblent sains en apparence ! (C’était le petit point prévention de Dawn, maintenant retournons à notre sujet.)

Entre les deux formes de diabète, un facteur génétique entre également en jeu : s’il n’y a que 4 à 8% de risques de transmettre la maladie à ses enfants en ayant un diabète de type 1, ce pourcentage est multiplié par 10 lorsque le diabète est de type 2 (40% si un seul des deux parents est malade, 70% si les deux l’ont).

LE DIABÈTE AU QUOTIDIEN

Vous vous en doutez certainement, mais vivre avec le diabète, ce n’est pas facile. Il faut à minima vérifier sa glycémie six fois par jour, avant et deux heures après chaque repas. Mais aujourd’hui grâce à la technologie, plus besoin de se piquer le bout du doigt pour lire sa glycémie : des systèmes de mesure, prenant la forme de patch, permettent de déterminer le taux de sucre dans le sang en continue en sous-cutanée. De ce fait, la personne pourra lire en temps réel sa glycémie grâce à une application, ce qui lui permettra d’ajuster sa dose d’insuline en conséquence. Cette dose à injecter dépend d’ailleurs de deux autres paramètres en plus de la glycémie : l’apport alimentaire et l’activité physique. On peut ainsi dire qu’il y a autant de traitements possibles que de personnes diabétiques ! 

Le principal traitement du diabète passe par l’insulinothérapie. Le plus courant sont les stylos injecteurs, mais on peut voir de plus en plus de pompes à insuline, bien plus pratiques : présentes sous la même forme que les systèmes de mesure, elles permettent de délivrer en continue de petites doses d’insuline lente de la même manière que le fait notre corps en temps normal. Des injections par stylo d’insuline dite rapide seront alors nécessaires au moment des repas, la dose dépendant de la quantité de glucides ingérés. Le but de l’insulinothérapie sera de réguler la glycémie tout au long de la journée, et est obligatoire pour les DT1. Pour les DT2, le médecin conseillera d’abord de changer les habitudes de vie du patient comme augmenter l’activité physique ou manger plus équilibré avant d’avoir recours à l’insulinothérapie.
Mais, aujourd’hui, je vous partage une petite exclusivité : une nouvelle technologie a vu le jour en 2018 et est progressivement en train d’apparaître sur le marché européen pour faciliter la vie des personnes diabétiques. Ce dispositif est un peu un 2 en 1 : il contient un capteur capable de lire la glycémie en temps réel, ainsi qu’une pompe pour délivrer de l’insuline, et les deux sont reliés par une interface avec une intelligence artificielle qui est capable d’adapter la quantité d’insuline injectée en fonction de la glycémie à l’instant T. Le patient renseigne ainsi ses repas (en particulier la quantité de glucides consommés) et son activité physique, et l’IA calcule elle-même la dose d’insuline nécessaire. Ce système de boucle fermée facilite ainsi le traitement, en supprimant l’étape du calcul des doses qui peut parfois être laborieuse. (Dawn : si vous voulez en savoir un peu plus sur cette technologie, je vous renvoie sur le site du constructeur de ce dispositif).

LE DIABÈTE ET LA LITTÉRATURE

Au cours de mes recherches d’œuvres traitant du diabète, j’ai surtout trouvé des livres mettant en scène des enfants, comme Pour une barre de chocolat de John Branfield qui raconte le quotidien d’une enfant considérant son DT1 comme une injustice et qui apprend progressivement à accepter la maladie, ou encore Privée de bonbecs de Susie Morgenstern et Mayah Gauthier, œuvre dans laquelle on suit une jeune fille du diagnostic jusqu’à l’apprentissage des réflexes à adopter en passant par les piqûres d’insuline et les hospitalisations. On peut donc voir ces livres comme des “romans d’apprentissage”, pour aider à comprendre ce qu’est le diabète et le quotidien de ces personnes. Cela peut également être utile pour les enfants eux-mêmes diabétiques, pour faciliter l’acceptation de la maladie, car nous savons toustes que les enfants ont tendance à s’identifier aux personnages des œuvres qu’iels lisent et/ou regardent. 

Mais alors, comment mettre en scène un personnage diabétique ? 

Tout d’abord, il est important de choisir quel diabète on souhaite traiter. Vous voulez parler d’un DT2 ? Alors vous pouvez créer un personnage casanier qui se préoccupe peu de son alimentation, et qui fume énormément. Mais ne tombez pas non plus dans le cliché de la personne en surpoids qui passe son temps à manger des bonbons sur son canapé ! Pour un DT1, tous les cas de figure sont possibles puisqu’il n’y a pas de “profil type”, cette maladie peut aussi bien toucher un enfant très sportif qu’une jeune femme faisant attention à ce qu’elle mange, les seules contraintes seront les symptômes et la relative jeunesse à laquelle iels auront été diagnostiqué.e.s. 

Les symptômes seront d’ailleurs très importants à traiter ! Ils vous permettront de donner du relief à vos personnages, qui ne se contenteront pas juste de faire leurs piqûres d’insuline avant et après chaque repas comme un réflexe. Le flou visuel et l’hypoglycémie sont notamment fréquents, et pourquoi pas aller jusqu’à des complications ?  

Vous pouvez également traiter des dilemmes intérieurs de vos personnages : une personne diabétique doit faire attention à ce qu’elle mange, et compter les calories avalées à chaque repas pour ajuster sa dose d’insuline, mais lorsqu’elle arrive au travail et qu’un.e collègue a ramené des pains au chocolat et des croissants tout chauds de la boulangerie pour toute l’équipe, est-ce vraiment si facile de refuser la viennoiserie qu’iel vous tend ? Lorsqu’on apprend le diagnostic, est-ce simple de se faire à l’idée que du jour au lendemain il faudra arrêter de manger certains plats et sucreries que l’on adore ?

Un autre détail que l’on peut aborder : le coût du traitement. En effet, même si en France le traitement est pris en charge par la sécurité sociale, dans d’autres pays comme les Etats-Unis, les pathologies chroniques peuvent vite devenir onéreuses au niveau des médicaments. Par exemple, comment financer ces doses d’insuline nécessaires au quotidien, qui peuvent coûter des centaines de dollars, lorsque l’on a un petit revenu ? 

Comme vous pouvez le voir, il y a énormément de points que l’on peut aborder lorsque l’on souhaite créer un personnage diabétique, et la liste est loin d’être exhaustive, ce que je vous ai donné n’étaient que des pistes. Maintenant que vous avez les cartes en main, à vous de jouer !

LES SOURCES :

✺ Cours de pathologie donné par S. Borot, « Diabète et utilisation des technologies« 
✺ « Fédération Française des Diabètes » [En ligne] Fédération Française des Diabétiques (federationdesdiabetiques.org) [Consulté le 20 juillet 2021]
✺ « Diabète secondaire à une pancréatite chronique : la fonction des cellules α des ilots de Langerhans est défectueuse » [En ligne] Diabète secondaire à une pancréatite chronique : la fonction des cellules α des ilots de Langerhans est défectueuse | egora.fr [Consulté le 20 juillet 2021]
✺ Estelle B., « Diabète et risque de pancréatite, un lien confirmé« , le 23 juin 2020 [En ligne] Diabète et risque de pancréatite, un lien confirmé – Infos diabète (infos-diabete.com) [Consulté le 20 juillet 2021]
✺ « Les repas surgelés en portion individuelle : quoi en penser ?« , Août 2015 [En ligne] Les repas surgelés en portion individuelle : quoi en penser? | Diabète Québec (diabete.qc.ca) [Consulté le 20 juillet 2021]
✺ « Diabète » [En ligne] Diabète (who.int) [Consulté le 20 juillet 2021]

LES TÉMOIGNAGES :

✺ « Fédération Françaises des Diabètes – Tous les témoignages » [En ligne]Tous les témoignages | Fédération Française des Diabétiques (federationdesdiabetiques.org) [Consulté le 20 juillet 2021]
✺ Dijonsante, « Je vis avec un diabète de type 1« , le 16 février 2017 [En ligne](143) Je vis avec un diabète de type 1 – Témoignage – YouTube [Consulté le 20 juillet 2021]

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