Article rédigé par InfinityonSnake

Connu mais subissant les clichés de la société notamment le fameux « tu n’entends que ce que tu veux », le fait d’être malentendant est loin de passer inaperçu. Que ce soit une malformation (légère) de naissance ou des suites d’une maladie, être malentendant/e peut être un réel handicap dans la vie de tous les jours. Attention à ne pas confondre le fait d’être sourd (surdité profonde ou totale) et le fait d’être malentendant (surdité légère, moyenne).
LA MALENTENDANCE, QU’EST-CE C’EST ?
La malentendance (ios: ce mot est affreux) définit quelqu’un dont les capacités auditives ont diminué. Les personnes malentendantes, par définition, entendent mal mais entendent quand même. Il existe quatre « types » de surdité : légère, moyenne, sévère et profonde. Dans la plupart des cas, l’origine est « acquise ». Par exemple : une exposition prolongée au bruit, la prise d’un médicament ototoxique (pouvant réduire l’acuité auditive), la presbyacousie (fait de perdre naturellement de l’acuité auditive avec l’âge), etc. Contrairement à la surdité profonde ou totale qui est généralement génétique.
Le degré de malentendance est calculé en décibels de perte auditive et par rapport à l’oreille qui entend le mieux. On en déduit le classement suivant :
- Surdité légère : de 20 à 39 décibels de perte auditive. La personne fait répéter son interlocuteur dès la perte de 30 décibels, sur les sons aigus ;
- Surdité moyenne : de 40 à 69 décibels de perte auditive. Le niveau de 40 décibels est le premier niveau majeur de handicap. En effet, la personne ne comprend que si son interlocuteur élève la voix ;
- Surdité sévère : de 70 à 89 décibels de perte auditive ;
- Surdité profonde : plus de 90 décibels de perte auditive. La personne n’entend plus du tout la parole.
L’audiogramme

C’est une représentation graphique de votre capacité auditive, il permet de visualiser votre perte si elle existe. Votre audition est mesurée à différentes fréquences pour obtenir la courbe caractéristique. L’axe horizontal (en haut) représente les différentes fréquences exprimées en Hertz abrégé Hz. Les fréquences graves (dites basses, 125 Hz) sont situées à gauche et les fréquences aiguës (dites hautes, 8k / 8000) se trouvent à droite. L’axe vertical représente l’intensité sonore aux fréquences correspondantes, de faible (en haut) à forte (en bas). Les valeurs sont données en décibels, dont l’abréviation est dB(A). Une oreille saine commence à entendre des sons à partir de 0 dB(A) et atteint son seuil de douleur à environ 110 dB(A).
Cet examen est réalisé par un médecin ORL (otorhinolaryngologue) dans une cabine insonorisée ou dans un endroit silencieux et permet aussi de définir si la perte est bilatérale (une seule oreille touchée) ou symétrique (les deux oreilles sont touchées). (ios: une perte auditive symétrique crée moins de trouble de l’équilibre qu’une perte bilatérale.)
Hormis l’audition, est-ce que ça peut atteindre autre chose ?
Oui ! Le fait d’être malentendant peut créer des troubles de l’équilibre car, si vous l’ignorez, votre oreille interne vous permet de mieux apprécier les éléments qui vous entourent. Sans vous en rendre compte, vous saurez mieux évaluer une distance par rapport notamment à la résonance du lieu où vous vous trouvez. De ce fait, les problèmes d’audition peuvent déclencher de l’acrophobie, que les patients appellent “sensation de vertige”.
Souvent, avec les problèmes d’audition viennent les acouphènes. Un acouphène c’est un bruit persistant ou soudain qui ne provient pas de l’extérieur mais bien de votre oreille. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement réellement efficace contre les acouphènes et être « victime » d’acouphènes c’est renoncer définitivement au silence. Le seul moyen que l’on a actuellement pour « contrer » ces bruits parasites est d’en diffuser un en continu sur une fréquence différente afin que le sujet ne se focalise plus sur ses acouphènes.
Les troubles physiques et psychologiques pouvant provenir d’une perte d’audition sont nombreux ; fatigue récurrente, maux de tête, hypertension, stress, dépression, trouble de la concentration, perte de confiance en soi… et malheureusement bien d’autres encore.
Les clichés…
Dans les clichés récurrents on retrouve l’idée qu’écouter la musique avec des écouteurs pourrait provoquer une perte d’audition… Il est évident que l’écoute prolongée à forte puissance peut endommager votre oreille mais, ce que beaucoup ignorent encore, c’est que l’exposition répétée aux bruits aussi ! Par exemple, lorsque vous travaillez dans un aéroport (à l’intérieur comme à l’extérieur), dans une usine, sur des chantiers, dans un supermarché, mais aussi lorsque vous vous rendez très régulièrement à des concerts et autres manifestations musicales ou bruyantes. C’est pour cela que depuis quelques années on conseille et fournit des bouchons d’oreilles à l’entrée. (ios: Oui ces jolies petites choses oranges peuvent soulager vos oreilles, ce n’est pas esthétique mais portez-les !)
À savoir
Il existe, et depuis très longtemps, une sorte de « guerre » sur la façon de nommer les personnes présentant un handicap auditif. Ainsi certains préfèrent différencier les malentendants des déficients auditifs. C’est-à-dire qu’ils souhaiteraient que les déficients auditifs regroupent les personnes dont le handicap provient de la structure anatomique de l’oreille. Ce terme est extrêmement critiqué et les sourds le réfutent, estimant qu’on ne doit pas parler de « déficience ».
La malentendance dans la littérature.
À ma connaissance, il existe peu d’ouvrages où l’histoire est centrée sur un personnage malentendant, en tout cas, je n’ai pas eu souvent l’occasion d’en lire. Généralement, ce sont des personnages secondaires ou seulement ponctuels, ce sont bien souvent des personnages qui, malheureusement, tombent dans l’oubli. Cependant, les choses commencent à évoluer et on note une nette progression, notamment grâce à l’apparition de plus de livres jeunesse sur le sujet de la surdité. J’ai pu lire The Game of Love de Bloody Smiles, où Gwen, le personnage principal, est atteinte d’un handicap auditif mais ce fut bien la seule fanfiction que j’ai pu croiser en plus de dix ans de lecture sur la plateforme skyblog, notamment. La difficulté, je pense, à intégrer des personnages malentendants réside probablement dans le fait que ce handicap est invisible de l’extérieur. C’est dommage car, si l’on aspire à ce que nous puissions tou·te·s vivre ensemble en harmonie, il faudrait qu’il y ait davantage d’ouvrages les mettant en avant et que la société elle-même soit plus inclusive.

Les sources
✺ Eléonore Mory, « Les sourds dans la littérature », septembre 2007 [En ligne] Culture – Les sourds dans la littérature (acfos.org) [Consulté le 05 juin 2021]
✺ « Sourd ? Malentendant ? Déficient auditif ? Le choix des mots », 11 décembre 2017 [En ligne] Surdi info service – Sourd ? Malentendant ? Déficient auditif ? Le choix des mots (surdi.info) [Consulté le 05 juin 2021]
✺ Aurélien Bafekr, « Degrés de pertes auditives : conséquences et solutions », 22 juillet 2016 [En ligne] Unissons le Blog – Degrés de pertes auditives : conséquences et solutions (laboratoire-unissons.org) [Consulté le 05 juin 2021]
✺ « Qu’est ce qu’un audiogramme ? » [En ligne] Phonak – Qu’est-ce qu’un audiogramme ? (phonak.com) [Consulté le 05 juin 2021]
✺ Marine Le Breton, « Sourd ou malentendant, un handicap parfois moqué, souvent incompris », 12 mars 2015 [En ligne] Huffpost – sourd et malentendant, un handicap parfois moqué, souvent incompris (huffingtonpost.fr) [Consulté le 05 juin 2021]
✺ Julie, « Tout savoir sur la presbyacousie », le 25 mai 2020 [En ligne] @ Elixir audition – Tout savoir sur la presbyacousie (exilir-audition.fr) [Consulté le 05 juin 2021]
Les témoignages
✺ Marine Le Breton, « Sourd ou malentendant, un handicap parfois moqué, souvent incompris », le 5 octobre 2016 [En ligne] Huffpost – Sourd ou malentendant, un handicap parfois moqué, souvent incompris (huffingtonpost.fr) [Consulté le 05 juin 2021]


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