Article rédigé par Oswin

Une bonne partie d’entre vous ont été ou pourront être confronté·e·s un jour à cette dépendance ; l’alcool. En France, d’après Santé Publique France, 87% des 18-75 ans consomment de l’alcool au moins une fois par an et 26% des 65-75 ans déclarent une consommation quotidienne d’alcool. Même si les chiffres de la consommation quotidienne semblent décroître, les risques pour la santé dus à l’alcool restent encore bien présents sur le territoire et dans le monde. Dans cet article, nous allons voir les modes de consommation les plus à risques de dépendance, la dépendance en elle-même, mais aussi les traitements.
POUR COMMENCER, C’EST QUOI L’ALCOOL ?
L’alcool est, dans le sens large du terme, une boisson issue de la fermentation de fruits, de grains ou de tubercules. Ce que nous appelons alcool est en réalité de l’éthanol (oui, c’est aussi ce qui compose votre gel hydroalcoolique) ou, autrement appelé, alcool éthylique. Cependant, une bière, par exemple, ne contient pas 100% d’alcool, c’est son degré qui quantifie l’alcool présent (par exemple: une bière à 5° contient 5% d’éthanol pour 100 ml de bière.) Sachez qu’en « dose bar », tous les verres contiennent la même quantité d’alcool pur, soit environ 10 grammes (en termes de quantité d’alcool pur, un verre de whisky de 2,5 cl à 40° est égal à un demi de bière de 25 cl à 5°). Pour bien faire, nous ne devrions pas parler d’alcool, mais de boissons alcoolisées ou boissons alcooliques.
LA CONSOMMATION RÉGULIÈRE
Avoir une consommation régulière ne signifie en rien boire tous les jours, cela induit simplement un fait de récurrence. Entrent dans la catégorie des consommations régulières les fameux « apéros » entre amis, voisins, etc. Nombre de français boivent de l’alcool régulièrement, notamment, comme cité précédemment, lors d’apéritifs, en rentrant du travail, à la fin de la semaine, pendant les vacances… Les occasions sont nombreuses, sans forcément qu’on prenne conscience de la quantité bue.
Le fait de consommer de l’alcool tous les jours, même si la consommation n’entraîne pas l’ivresse, reste dangereux pour la santé et il convient de la surveiller.
Plusieurs signes peuvent permettre d’alerter sur une consommation devenant trop fréquente :
• Sommeil agité, de mauvaise qualité ;
• Sentiment de fatigue récurrent ;
• Réveils difficiles ;
• Mauvaise humeur.
LA CONSOMMATION FESTIVE
Qu’appelle-t-on consommation festive ? C’est une consommation qui peut avoir lieu occasionnellement, dans certaines circonstances ou bien lors d’un évènement festif (mariage, anniversaire, crémaillère…). Souvent, elle est associée à la convivialité, la détente et la rupture avec le quotidien.
Pour nombre de personnes, boire permettrait de lâcher prise, d’aller plus facilement vers les autres, mais aussi d’avoir l’impression de vivre pleinement l’évènement. Le principal problème dans ce genre de cas est ce que l’on nomme couramment « l’effet de groupe », c’est-à-dire que les uns entraînent les autres à boire ou les y encouragent fortement. Les verres s’enchaînent alors et l’état d’ivresse peut arriver sans que la personne ne s’en rende compte, l’euphorie générale n’aidant pas non plus à s’apercevoir de son état.
Lorsque la consommation festive est ponctuelle, elle peut sembler anodine ; toutefois, elle peut-être le symptôme d’une dépendance à l’alcool lorsque :
• La consommation d’alcool devient indissociable de tout évènement festif ;
• Les occasions de boire se multiplient ;
• L’ivresse est recherchée à chaque occasion ;
• limiter sa consommation devient impossible.
L’IVRESSE ET « BINGE-DRINKING »
La consommation d’alcool entraîne ce que l’on nomme l’ivresse (l’ivresse est la manifestation comportementale de l’action de l’alcool sur le fonctionnement du cerveau). Elle a des conséquences immédiates sur le sujet : propos incohérents, modification de la perception, perte d’équilibre, agressivité et, dans les cas plus graves, le coma éthylique. Souvent, l’ivresse est le « but » d’une consommation d’alcool et peut causer des dommages cérébraux irréversibles lorsqu’elle est trop profonde ou souvent répétée.
Ce qui nous amène à parler du « Binge-Drinking » (terme venant de l’anglais et signifiant « Beuverie Express »), qui consiste à boire le plus d’alcool possible en le moins de temps possible. C’est une pratique qu’on retrouve principalement chez les moins de 25 ans et qui s’avère être dangereuse pour le cerveau. Le cerveau ne finissant sa maturation que vers l’âge de 25 ans, jusqu’à cet âge-là, il est plus sensible aux effets neurotoxiques de l’alcool. Les dommages cérébraux causés par ces pratiques sont semblables à ceux présents dans le cerveau de « gros buveurs réguliers » (passeport.net). De plus, des études épidémiologiques suggèrent que le « Binge-Drinking » pourrait favoriser un risque de dépendance à l’âge adulte ; cependant, des études sont toujours en cours afin de prouver la relation entre Binge-Drinking et alcoolodépendance.
LES EFFETS À COURT TERME D’UNE CONSOMMATION D’ALCOOL
À court terme les effets de la consommation d’alcool sont : maux de tête, fatigue, déshydratation, incohérence, trouble de l’équilibre, nausées, vomissements, trou noir, euphorie…
→ Définition du trou noir : incapacité à se souvenir d’événements passés – dans le cas présent, suite à une consommation d’alcool.
Le coma éthylique est quelque chose à ne pas prendre à la légère et arrive bien plus vite que l’on ne peut le penser. Il survient lorsque l’alcoolisation s’accentue ; le buveur tombe alors dans un sommeil profond et ne répond que peu ou pas aux stimuli extérieurs, sa température corporelle chute, sa peau est moite et il n’a plus de tonus musculaire. Il court alors le risque de s’étouffer dans ses vomissements. À ce stade, le risque de décéder est bien présent, l’intervention des secours est nécessaire.
L‘INSTALLATION DE LA DÉPENDANCE
Tout d’abord, qu’est-ce que la dépendance à l’alcool ? Selon l’OMS, la dépendance à l’alcool est avérée lorsque la consommation devient prioritaire par rapport aux autres comportements auparavant prédominants chez une personne. On peut aussi dire qu’une dépendance à l’alcool est caractérisée par l’incapacité à cesser de consommer ou, à contrario, par une envie d’arrêter (généralement inassouvie), de reprendre le contrôle sur sa consommation.
Dans le cadre d’un usage régulier, la dépendance s’installe souvent de manière insidieuse ; il peut parfois se passer des années avant que le sujet ne se rende compte de sa dépendance. Cependant, il existe plusieurs questionnaires permettant d’évaluer sa relation à l’alcool, le questionnaire « FACE » (Fast Alcohol Consumption Evaluation), le questionnaire « AUDIT » (Alcohol Use Disorders Test) et l’alcoomètre.
L’un des facteurs laissant à penser qu’une consommation d’alcool est problématique est l’accoutumance, notamment lorsque la personne développe une tolérance à l’alcool. Du fait de cette tolérance aux breuvages alcoolisés, les quantités ingurgitées peuvent augmenter afin de ressentir à nouveau les effets de la primo-consommation.
Le sujet peut alors, avec le temps et l’augmentation de sa consommation, finir par ressentir un manque, un besoin de consommer des boissons alcooliques. Dans certains cas, cela peut même induire des symptômes de manque tels que irritabilité, caractère irascible, anxiété, agitation, entre autres.
Les symptômes de manque sont similaires à ceux du sevrage, à la différence que le manque, lorsqu’il ne provient pas d’un sevrage, est soulagé par la consommation de breuvages alcoolisés.
TRAITEMENT ET ACCOMPAGNEMENT
Selon le degré de dépendance et donc des risques lors du sevrage, la personne sera prise en charge soit dans un hôpital, soit un centre de soins spécialisé, soit à son domicile. La gravité des symptômes lors du sevrage dépend de la génétique, de l’âge et de la quantité d’alcool consommée.
En dehors des symptômes physiques, le sevrage a surtout des répercussions psychologiques : nombre de patients souffrent de troubles dépressifs à l’arrêt de l’alcool. Généralement, ils régressent en 2 à 4 semaines, mais ils peuvent perdurer dans le temps et le risque de pensées suicidaires n’est pas écarté. Ci-après une liste non exhaustive des symptômes du sevrage alcoolique : tremblements dans tout le corps, palpitations cardiaques (tachycardie, arythmie…), hypertension, mal-être général, cauchemars, insomnie, confusion, hallucinations visuelles, anxiété… et dans les cas les plus graves : crises d’épilepsie, delirium tremens*.
*Le delirium tremens est une conséquence neurologique grave du sevrage alcoolique, c’est-à-dire de l’arrêt brutal ou de la diminution drastique d’une consommation excessive et prolongée d’alcool. Cette complication se traduit essentiellement par un état confusionnel et délirant.
L’accompagnement psychologique du patient, jusqu’à sa guérison, est aussi très important et a des effets non négligeables sur sa santé. Toutefois, si cela n’était pas suffisant ou si la dépendance était sévère, des traitements médicamenteux existent afin d’aider le patient. Dans la plupart des cas, des médicaments de la classe des benzodiazépines permettront de limiter les tremblements ainsi que l’anxiété, mais aussi de prévenir les crises d’épilepsie et le delirium tremens. À ce médicament sont généralement associées des vitamines (B1 et PP) afin de combler les carences fréquentes chez les personnes alcoolodépendantes.
Le soutien des associations d’entraide comme l’association des alcooliques anonymes peut être également bénéfique.
ALCOOLODÉPENDANCE ET LITTÉRATURE
L’alcool dans le milieu créatif a toujours eu une place particulière, nombre d’artistes en ont consommé et abusé. Parmi les grands ayant succombé à la tentation, nous pouvons retrouver Ernest Hemingway, Edgar Allan Poe (qui serait vraisemblablement décédé d’une crise de delirium tremens causée par une surconsommation d’alcool) ou bien Jack London (qui tenait la société pour responsable de sa « déchéance »).
De manière générale, dans les ouvrages contemporains (romans jeunes adultes), l’alcool est omniprésent. Pour ne citer qu’un exemple (mais qui représente bien les ouvrages contemporains adaptés par une grande plateforme de streaming dont on taira le nom), The Kissing Booth met en avant une consommation festive sans en montrer pour autant l’aspect nocif pour la santé. Souvent, dans les romans mettant en scène des adolescents et jeunes adultes, on retrouve ce mode de consommation le faisant presque passer pour normal, courant et cela pose problème : on sait maintenant qu’aucune consommation n’est « bonne pour la santé », il s’agirait donc de faire passer le même message dans les récits, films, séries etc. Cependant, dans beaucoup d’ouvrages contemporains, on tend à ne pas cacher le fait que l’alcool peut être responsable de nombre de violences. Je n’ai pas réellement eu l’occasion de lire de livres où l’alcoolodépendance était traitée de manière sérieuse. C’est une maladie qui a encore du mal à être reconnue comme il se devrait et, par conséquent, elle est souvent tournée en ridicule.

LES SOURCES
✺ « Alcool-info-service » [En ligne] Alcool Info Service (alcool-info-service.fr) [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ « L’addiction à l’alcool« , le 07 mai 2021 [En ligne] L’addiction à l’alcool – Ministère des Solidarités et de la Santé (solidarites-sante.gouv.fr) [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ « Consommation d’alcool en France : où en sont les Français ?« , le 14 janvier 2020 [En ligne] Consommation d’alcool en France : où en sont les Français ? (santepubliquefrance.fr) [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ Elisabeth Gordon, « Dépendance et addiction, deux choses différentes« , le 02 juillet 2017 [En ligne] Stupéfiants: Dépendance et addiction, deux choses différentes – Le Matin [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ « Binge drinking : cerveau en danger » [En ligne] Binge drinking : cerveau en danger (passeportsante.net) [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ « L’alcool : définition et repères de consommation« , le 02 mars 2021 [En ligne] Alcool : repères de consommation | ameli.fr | Assuré [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ Céline Deluzarche, « Alcool, que sont les symptômes de sevrage et comment les éviter ?« , le 15 août 2020 [En ligne] Alcool : quels sont les symptômes de sevrage et comment les éviter ? (futura-sciences.com) [Consulté le 05 novembre 2021]
✺ Bernard Morlino, « L’alcool soluble dans l’encre », le 01 octobre 2001 [En ligne] L’alcool soluble dans l’encre – L’Express (lexpress.fr) [Consulté le 05 novembre 2021]
LES TÉMOIGNAGES
✺ « Laurence Cottet, ex-alcoolique : « La maladie m’a fait tout perdre » », le 14 décembre 2020 [En ligne] Laurence Cottet, ex-alcoolique : « La maladie m’a fait tout perdre » (journaldesfemmes.fr) [Consulté le 05 novembre 2021]


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