Article rédigé par Elodie F.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre série sur les thérapies en abordant la question de l’hypnothérapie. Lors des séances, le praticien exerce des techniques d’hypnose pour modifier l’état de conscience du patient. Rien à voir avec l’hypnose de spectacle, pratiquée non pas par un·e hypnothérapeute, mais par un·e hypnotiseur·euse. Les méthodes utilisées servent un but purement thérapeutique, afin d’accompagner une personne dans la connaissance d’elle-même. C’est flou pour vous ? Pas de panique, nous vous expliquons tout !
QU’EST-CE QUE L’HYPNOTHÉRAPIE ?
DÉFINITION
Avant tout, l’hypnose est un EMC, un État Modifié de Conscience. Pour les praticiens, c’est un outil, une clé de compréhension de l’Être. Plusieurs définitions ont été données au fil des années et des expérimentations. La plus récente date de 1991 et a été rédigée par Jean Godin :
“C’est un mode de fonctionnement psychologique dans lequel un sujet, grâce à l’intervention d’une autre personne, parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant en relation avec l’accompagnateur·ice. Ce “débranchement de la réaction d’orientation à la réalité extérieure”, qui suppose un certain lâcher-prise, équivaut à une façon originale de fonctionner à laquelle on se réfère comme à un état. Ce mode de fonctionnement particulier fait apparaître des possibilités nouvelles : par exemple des possibilités supplémentaires d’action de l’esprit sur le corps, ou de travail psychologique à un niveau inconscient.”
Pour résumer, l’hypnose permet d’atteindre un niveau de conscience modifié qui permet d’aller creuser dans des blessures émotionnelles plus ou moins anciennes pour débloquer une situation du présent.
Dans les médecines douces, il existe plusieurs niveaux de conscience. Celui de la sophrologie, par exemple, est le niveau sophroliminal, un état entre la veille et le sommeil. En hypnose, nous parlons plutôt de conscience augmentée. Pas question de ne pas savoir ce qui nous arrive : le principe même de l’hypnose est d’être pleinement conscient psychologiquement (et même physiquement).
HISTORIQUE
Les thérapies par l’hypnose n’existent pas d’hier. Les premières traces écrites de ces méthodes datent d’il y a plus de 6000 ans et ont été retrouvées en Mésopotamie. À l’époque, c’était un manuscrit sumérien qui décrivait des guérisons obtenues grâce aux états modifiés de conscience. En Égypte, il y a 3500 ans, les rapports entre le cerveau et l’esprit étaient étudiés. Le papyrus d’Ebers dénombre d’ailleurs presque 900 procédés médicaux semblables à l’hypnose.
Les recherches se sont poursuivies en Grèce, il y a près de 2700 ans, quand Pythagore s’est penché sur les trois strates de fonctionnement du cerveau. Platon, Pic de la Mirandole ou encore Kepler se sont inspirés de ses travaux. Antiphon d’Athènes, quelque temps plus tard, créa une méthode nommée “thérapie de l’âme fondée sur le discours”. C’est la première psychothérapie. Socrate étudiait également les états de conscience modifiés de l’être humain et de la puissance des discours.
Partout dans le monde, philosophes, religions et pratiques s’étendent et transmettent des valeurs autour de l’existence et de la vie. C’est de ces croyances que naîtront la philosophie, la psychologie, avec des notions d’inconscient et de conscient. Le premier qui mit ces termes en avant fut Gottfried Leibniz (1646-1716), chercheur et philosophe humaniste allemand. Ce dernier parle “d’Automate” et décrit précisément notre “matrice”, nos schémas conscients et inconscients.
En 1766, Franz Anton Mesmer, docteur, se rend célèbre par son utilisation du magnétisme animal, souvent désigné comme ancêtre de l’hypnose. Néanmoins, le terme hypnose n’apparaîtra qu’en 1841, par James Braid, qui initie les premières hypnothérapies. La thérapie devient alors une collaboration patient·e / thérapeute. En France, c’est Ambroise-Auguste Liébeault qui amène l’hypnose en 1864 et convainc ses collègues professeur·es de médecine de se pencher sur le sujet. Ce qui a entraîné une méfiance fut les dires de Jean-Martin Charcot, fondateur de la Salpêtrière, qui pensait que l’hypnose était un état pathologique rattaché à l’hystérie. Une confrontation entre son école et celle de Nancy naquit alors.
De nombreuses autres personnes ont aidé à la popularisation de l’hypnose comme solution thérapeutique, notamment Pierre Janet, K.M. Bykov et Milton Erikson. C’est de ce dernier que naît l’hypnose Ericksonnienne dans les années 50 aux États-Unis. Son approche est encore celle qui est enseignée et elle a donné vie à la PNL (Programmation NeuroLinguistique) de Richard Bandler et John Grinder dans les années 70.
Deux autres noms ressortent de la chronologie dans les années 80 et 90 : Daniel Araoz et Olivier Lockert. Tous deux ont introduit la Nouvelle Hypnose qui fait évoluer les techniques en fonction de l’époque et des patients. Les structures sont adaptées, la communication renforcée et l’hypnose humaniste voit le jour. Depuis les années 2000, cette approche offre un moyen facilité d’accéder aux différents états modifiés de conscience par un déploiement cognitivo-sensoriel : la conscience augmentée. Læ patient·e n’est pas endormi·e, mais accède à un autre niveau de conscience pour agir en autonomie sur des blessures, guidé·e par læ thérapeute.
L’hypnose est aujourd’hui abordable pour tous et toutes, sans crainte de manipulation ni de perte de contrôle, contrairement à ce que l’on peut voir en hypnose du spectacle. En plus de thérapie, elle prend place en séance de coaching, de développement personnel et même au sein des entreprises.
LES 4 FORMES PRINCIPALES D’HYPNOSE THÉRAPEUTIQUE
Pour résumer, dans la chronologie, il y a 4 formes principales d’hypnose thérapeutique qui ont été conçues et nommées :
- L’hypnose classique,
- la nouvelle hypnose et la PNL,
- L’hypnose Ericksonnienne,
- L’hypnose Humaniste.
Dans les trois premières, læ patient·e est confronté·e à une dissociation, une “manipulation” thérapeutique : c’est læ thérapeute qui agit et non pas læ patient·e.
Dans la dernière, il n’y a pas cette notion de dissociation, læ patient·e est en pleine conscience et possession de ses moyens, il n’y a aucune “manipulation” et læ thérapeute n’est là que pour guider læ patient·e pendant la séance.
LES CHAMPS D’APPLICATION DE L’HYPNOTHÉRAPIE
L’hypnothérapie est utilisée dans de nombreuses situations. J’ai posé la question à Caroline FOUCHER, hypnothérapeute au Pôle Bien-Être de Saint-Lô (50), qui m’a répondu :
“(…) Certaines personnes viennent pour (re)trouver un sens à leur existence, une stabilité. D’autres ont besoin de continuer après un deuil, une séparation, un abandon. J’accompagne les professionnel·le·s en burn-out ou en reconversion ou lorsqu’iels sont perdu·e·s. Je vais avoir des personnes qui vont venir, car elles ont besoin de vitalité ou d’énergie. Tandis que d’autres souhaitent modifier leur attitude dans leur rapport aux autres que cela soit dans le cercle professionnel, familial, amical ou du couple aussi. (…)”
Elle m’apprend également que l’hypnose peut venir en complément d’un suivi psychologique long, dans le cadre de dépression ou d’addiction, par exemple. En résumé, c’est très vaste. Pour ma part, j’ai suivi une hypnothérapie pour régler des conflits internes qui engrangeaient beaucoup de colère, mais aussi pour apprendre à mieux vivre mon arachnophobie.
L’HYPNOTHÉRAPIE DANS LA LITTÉRATURE
Sans grande surprise, l’hypnothérapie n’est pas beaucoup traitée ou même abordée dans les romans de fiction. Dans mon propre roman, WIRE – Livre 1 : Pouvoir, j’ai fait le choix d’aborder cette thérapie pour aider l’un de mes personnages, Ana, à se remettre d’un traumatisme de son enfance.
L’hypnothérapie est une thérapie brève qui tend à être plus connue pour aider à soigner des blessures émotionnelles profondes et bien d’autres éléments de notre vie. Pour en savoir encore plus sur cette pratique, je vous invite à lire l’interview de Caroline FOUCHER !

LES SOURCES
✺ « Théorie de la Sophrologie Caycédienne » [En ligne] Théorie de la Sophrologie Caycédienne (sophrologue29.com) [Consulté le 20 janvier 2022]

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