Article rédigé par Dawn

Il y a quelques mois, je vous présentais la schizophrénie et évoquais la confusion qui existait entre ce trouble et celui dissociatif de l’identité. Aujourd’hui, je vais vous parler plus en détail de ce dernier, et croyez-moi : cela ne sera pas de tout repos ! Et si pour la plupart, trouble dissociatif de l’identité rime avec le film Split et le cas Billy Milligan, alors j’espère que cet article vous montrera la réalité de ce trouble bien trop controversé…
UN PEU DE VOCABULAIRE
Pour bien commencer cet article, il est important de définir certains termes que je risque d’employer tout au long de mes explications, et qui sont propres aux troubles dissociatifs. Je vous ai donc concocté un petit glossaire pour que vous puissiez mieux comprendre ce dont je vous parlerai dans la suite !
- Alter : une identité propre. On considère souvent un alter comme une “personnalité”, et à tort car il s’agit bel et bien d’une identité à part entière (Dawn : ce qui peut poser des soucis au niveau du diagnostic, en considérant les changements d’alter comme de simples changements de personnalité, ce qui est fréquent dans des troubles tels que le trouble bipolaire). Chaque alter peut alors avoir son propre nom, son genre, son orientation sexuelle, son âge, son apparence physique, ses goûts, au même titre qu’une personne lambda, mais cela n’est pas obligatoire et dépend donc de chaque système. Ces caractéristiques permettent avant tout de faciliter la communication, il existe donc des systèmes où aucun·e alter ne possède de prénom par exemple. Un·e alter possède également ses propres souvenirs. Il est intéressant de noter que chaque alter possède sa propre santé : les alters ne présentent pas tous les mêmes pathologies, qu’elles soient mentales ou physiques. Il se peut en effet qu’un alter soit allergique au pollen par exemple, mais qu’un autre ne le soit pas du tout ou très peu. Un alter peut se retrouver muet, mais pas les autres. Pourtant, iels partagent le même corps. Il en va ainsi pour la plupart des pathologies possibles. (Dawn : comment est-ce possible, vous entends-je demander. Malheureusement pour vous, la médecine n’a pas encore trouvé la réponse… On sait juste que les pathologies d’origine neurologique affectent tous les alters mais pas aux mêmes intensités, et qu’iels n’ont pas forcément accès aux mêmes zones du cerveau, ce qui peut expliquer le mutisme, la dyslexie, etc.)
- Système : terme désignant l’ensemble des alters cohabitant dans un même corps. En opposition, on parle de singlet pour une personne ne possédant pas d’alters (la majorité des personnes en somme).
- Hôte : l’alter qui est le plus souvent présent. En règle générale, c’est iel qui va gérer la vie quotidienne du système. Un hôte n’est pas fixe, c’est-à-dire qu’un système peut changer d’hôte au cours de sa vie. De même, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’hôte n’est pas “l’alter original”, celui qui était présent en premier (pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas toujours d’alter original·e, et que l’alter original·e s’il y en a un·e n’est pas forcément l’hôte).
- Front : désigne tout simplement le fait que l’alter ait le contrôle du corps.
- Switch : Changement d’alters au front.
- Innerworld : aussi appelé monde intérieur, il désigne un lieu présent dans l’inconscient du système et dans lequel les alters “vivent” lorsqu’ils ne frontent pas. Il peut prendre n’importe quelle apparence, chaque innerworld est unique. L’innerworld n’est pas obligatoire dans le TDI, certains systèmes n’en ont pas ! De même, tous les alters n’ont pas forcément accès à l’innerworld du système.
- Dissociation : il s’agit d’un état physique dans lequel la personne n’a pas conscience du monde qui l’entoure. Cela arrive fréquemment lors des switchs.
- Co-front : lorsque deux ou plusieurs alters ont le contrôle du corps.
- Co-conscience : lorsqu’un·e alter a le contrôle du corps, et qu’un·e ou plusieurs alters sont conscients de ce qu’il se passe sans pouvoir interagir avec l’environnement. Iels peuvent toutefois influencer l’alter au front de manière passive.
- Influence passive : capacité d’un.e alter à influencer les actes de l’alter qui se trouve au front. Cela peut passer par des émotions imposées, des pensées intrusives ou encore des goûts qui changent (par exemple ne pas aimer un aliment que l’on apprécie pourtant, parce que l’alter qui influence ne l’aime pas).
- Trigger : généralement, on parle de trigger pour désigner tout élément extérieur pouvant rappeler un traumatisme à un alter (exemple : une sirène d’ambulance), ce qui peut provoquer un switch parce que l’alter en question sera en état de détresse. Cependant, il existe également les triggers positifs, qui sont des éléments pouvant donner envie à un alter de front, comme une chanson qu’iel aime bien ou encore la vue d’une peluche pour un alter enfant.
QU’EST-CE QUE LE TDI ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire au premier abord, ce trouble est loin d’être rare. En effet, il concerne 1 à 5% de la population mondiale. À titre de comparaison, 3,8% de la population mondiale serait touchée par la dépression, et moins de 1% de la population mondiale serait atteinte d’un trouble autistique. Vous aurez donc plus de chances de rencontrer une personne atteinte du TDI qu’une personne autiste.
Comme la plupart des pathologies mentales, le trouble dissociatif de l’identité est répertorié dans le DSM-5 et est défini par “une rupture involontaire ou une discontinuité dans l’intégration normale d’une ou plusieurs des dimensions suivantes : identité, sensations, perceptions, affects, pensées, mémoire, contrôle des mouvements corporels ou comportement”. Mais plus couramment, le TDI est défini comme “la présence de deux ou plusieurs états de personnalité distincts”. Autrement dit, plusieurs identités propres cohabitant au sein d’un seul et même corps (Dawn : je sais que c’est difficile à concevoir, du coup pour les personnes qui auraient besoin d’une illustration pour mieux comprendre ce dont il s’agit : imaginez que vos amis et vous partagiez le même corps, et le “contrôliez” à tour de rôle. Voilà, en très schématique, ce qu’est le TDI).
Le TDI survient en général durant l’enfance – avant l’âge de 9 ans – et est causé par un ou des traumatismes sévères et répétés. En effet, avant cet âge, l’enfant possède plusieurs états de personnalité qui vont lui permettre de s’adapter aux différentes situations auxquelles iel peut être confronté·e, et ces états vont progressivement s’unifier pour former la personnalité “finale” de l’enfant, via un processus appelé intégration. Mais lorsque des violences (aussi bien physiques que psychologiques) sont subies à répétition, l’intégration n’aura jamais lieu, et les différents états de personnalité vont se développer indépendamment les uns des autres afin de gérer ces traumatismes et ainsi se protéger, formant ce que nous appelons donc les alters. Parmi les traumatismes pouvant provoquer le TDI, nous pouvons citer la maltraitance infantile, la négligence (pouvant aller jusqu’à l’abandon) et les abus sexuels par exemple.
LES SYMPTÔMES DU TDI ET SON DIAGNOSTIC
Le TDI a depuis toujours été une pathologie compliquée à comprendre et à diagnostiquer par les psychiatres. Parfois considéré comme une forme sévère de schizophrénie, le trouble dissociatif de l’identité est aujourd’hui encore mal compris par les professionnel·le·s de santé qui ne savent pas vraiment comment l’identifier et le traiter. En France, il y a même des psychiatres qui malheureusement nient son existence (Dawn : le jour où une psychiatre nous a fait un cours sur la dépression et les troubles de la personnalité, et qu’elle a répondu à l’une de mes camarades que le TDI n’existait pas mais était simplement une variante du trouble de la personnalité schizoïde, j’en suis restée abasourdie…). Cela est dû principalement au manque d’informations des clinicien·ne·s sur cette pathologie, ne connaissant pas les particularités de la dissociation par exemple et n’étant pas formé·e·s à reconnaître les symptômes, ce qui peut mener le plus souvent à des erreurs de diagnostic.
Le diagnostic peut également connaître des complications à cause des pathologies comorbides : il est très fréquent qu’une personne atteinte du TDI souffre également d’autres troubles, les plus courants étant le trouble borderline, le trouble de l’anxiété généralisée et les troubles du comportement alimentaire, et les psychiatres diagnostiqueront en premier lieu ces pathologies avant de détecter la présence du TDI. Si vous voulez plus de détails sur le sujet, je vous conseille cette vidéo d’Olympe, de la chaîne Youtube Le Journal d’Olympe, qui explique un peu plus tout cela.
Bien que le TDI soit donc très difficile à diagnostiquer, le DSM-5 a tout de même réussi à établir une liste non exhaustive de symptômes afin d’aider les praticien·ne·s à l’identifier. La voici :
- Perturbation de l’identité caractérisée par deux ou plusieurs états de personnalité distincts.
- Fréquents trous de mémoire dans le rappel d’événements quotidiens, d’informations personnelles importantes et/ou d’événements traumatiques, qui ne peuvent être des oublis ordinaires.
- Les symptômes sont à l’origine d’une détresse cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
- La perturbation ne fait pas partie d’une pratique culturelle ou religieuse largement admise.
- Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques d’une substance.
LES DIFFÉRENTS TYPES ET RÔLES DES ALTERS
Bien souvent, les alters sont de natures diverses et variées. En effet, en plus d’avoir une identité propre, et bien que la plupart des alters soient humain·e·s, il est possible qu’un système possède des alters animaux, ou non humains tels que des fantômes, des sorcier·ère·s ou encore des dragons. Tout est possible !
Toutefois, on peut observer des cas de dysphorie : les alters peuvent, dans l’innerworld, avoir un physique différent de celui du corps – ce qui est en réalité le cas pour la majorité des alters – et ainsi se sentir mal à l’aise lorsqu’iels se retrouvent au front à cause de cette différence. Iels ne se reconnaissent pas en se regardant dans un miroir ou ne se sentent pas à l’aise avec le corps par exemple.
Il existe également une catégorie d’alters particulière, les alters fictifs. Ces derniers possèdent les traits caractéristiques de personnages de fiction, comme des personnages de films, dessins animés ou comics, le cerveau s’en étant inspiré pour “créer” un alter à son image. Certains alters peuvent aussi être à l’image d’une personne réelle, célèbre ou alors faisant partie de l’entourage du système. Dans les deux cas, l’alter pourra soit se comporter exactement comme la personne/le personnage dont iel est inspiré·e, soit n’avoir que quelques traits caractéristiques.
En plus de leur nature, les alters possèdent des rôles propres, qui permettent de décrire leur “fonction” au sein du système : pourquoi sont-iels ici ? Comment aident-iels le système à aller mieux ? Les rôles ne sont pas fixes, et certains alters peuvent posséder plusieurs rôles en même temps comme iels peuvent ne pas en avoir. Voici donc une présentation des rôles les plus courants chez les alters :
- Little : ce n’est pas un rôle à proprement parler, mais plutôt un type particulier d’alter. On parle de little lorsque l’alter est enfant. Iel va donc se comporter la plupart du temps comme un enfant de son âge, mais il est à noter qu’iel aura des capacités cognitives supérieures aux enfants de son âge, car iel partage des connaissances avec les autres alters. En général, les alters littles seront toujours en front avec un·e autre alter (souvent un·e protecteur·ice) pour lae protéger en cas de problème.
- Trauma Holder : les alters trauma holder sont celleux qui gardent les souvenirs traumatiques afin d’en préserver les autres alters. Iels vont être les seul.e.s à se rappeler des événements traumatisants subis pendant l’enfance, et peuvent parfois être déstabilisé.e.s par ces souvenirs en les revivant en boucle sous forme de flash-backs par exemple.
- Protecteur·ice : Comme son nom l’indique, les alters protecteur.ices sont là pour protéger le système notamment des agressions extérieures, aussi bien physiques que verbales. Iels prennent ainsi tout pour elleux et deviennent agressif.ve.s face aux agresseurs, afin de protéger les autres alters.
- Social·e : un·e alter social·e s’occupe en général de tout l’aspect relationnel du système. C’est iel qui se trouvera en front lors des événements tels que des fêtes, ou au milieu d’une foule, car iel sera le plus à l’aise dans ce genre de situations. Ce sera iel qui aura pour rôle de “cacher” le TDI si cela est nécessaire, quand l’hôte ne peut pas le faire.
- Persécuteur·ice : Le terme persécuteur désigne tout alter qui se montre en général hostile envers le système ou envers le monde extérieur. Bien souvent, ce comportement provient d’une haine ou d’un rejet intériorisé, mais leur but premier reste de protéger le système d’éventuelles agressions, même si iels ne s’y prennent pas toujours de la bonne manière. Un·e alter persécuteur·ice peut alors avoir un comportement autodestructeur, mais iel peut également rejeter toute relation pour protéger le système de relations toxiques, ou encore interférer avec les thérapies. Il n’est pas rare qu’un·e persécuteur·ice devienne par la suite un·e protecteur·ice lorsque ses traumatismes sont traités.
- Caregiver : un·e alter caregiver est un.e alter qui prend soin du système. Cela peut passer par s’occuper du corps (ce qui est fréquent dans les cas de troubles alimentaires ou d’automutilation), mais iel peut aussi prendre soin des alters les plus fragiles, comme les littles.
- Sexuel·le : on parle peu des alters sexuel·le·s, et pourtant iels ont un rôle majeur dans les systèmes. Ce sont iels qui portent la majorité des souvenirs liés à des traumatismes sexuels. Iels se retrouvent en front lors des moments tels que le harcèlement de rue et les tentatives d’agressions sexuelles voire les viols afin de protéger le système ou au contraire gérer les traumatismes liés à l’acte.
- Gatekeeper : Un·e alter gatekeeper est capable de contrôler les switchs, ainsi que l’accès à l’innerworld. C’est iel qui va décider si un·e alter pourra se trouver en front, si un autre pourra accéder à l’innerworld, et peut également contrôler l’accès aux souvenirs traumatiques. Iel est généralement en co-conscience permanente afin d’assurer son rôle au mieux.
LA THÉRAPIE
La prise en charge d’un·e patient·e atteint·e du TDI se fait en règle générale auprès de psychiatres, avec des rendez-vous réguliers dont la fréquence dépend du niveau de stabilité du système ainsi que du but recherché par la thérapie. En effet, il existe deux finalités à une thérapie pour le TDI :
- l’intégration, qui est le fait que le système soit complètement coordonné. Les barrières amnésiques entre tous les alters n’existent plus ou sont très faibles, chacun.e a trouvé son rôle dans le système et la communication entre tou·te·s les alters.
- la fusion finale, qui résulte de la fusion progressive de tou.te·s les alters en une seule et même identité (pour comprendre ce qu’est la fusion, je vous invite à lire ce post de Zelliana qui explique cela de manière très claire, je trouve). Après la fusion finale, il y a encore des séances de “coaching” afin d’aider la personne à apprendre comment gérer les problèmes quotidiens sans dissociation.
La thérapie se décompose généralement en trois phases :
- La première phase consiste à mettre en sécurité le système et l’aider à se stabiliser. Pour cela, lae thérapeute va informer son.sa patient.e sur le déroulement de la thérapie, mais va également identifier les alters qui peuvent avoir un comportement à risques pour le système afin d’établir des accords avec eux quant à la mise en sécurité du système. Iel aide les alters à être conscients les un.e.s des autres afin de les amener à communiquer davantage pour régler les problèmes et les conflits auxquels iels pourraient être confronté.e.s. Iel va également donner des conseils et des mécanismes à adopter afin d’améliorer l’ancrage et éviter les comportements autodestructeurs par exemple. Le but de cette étape est d’aider le système à adopter des comportements sécuritaires pour lui permettre d’être stable pour le reste de la thérapie, mais aussi d’établir un lien de confiance entre lae thérapeute et son.sa patient.e.
- La seconde phase, et la plus conséquente, est celle qui consiste à traiter les souvenirs traumatiques. Durant cette phase, lae thérapeute va aider chaque alter à traiter ses traumatismes pour les accepter et prendre du recul vis-à-vis d’eux afin de ne plus en souffrir. C’est un travail très conséquent, et surtout éprouvant pour le système, car cela implique de se remémorer les souvenirs traumatisants. Il n’est donc pas rare qu’il y ait des retours à la première phase entre les séances de thérapie des souvenirs traumatiques car la remémoration des traumatismes peut déstabiliser le système et le ramener à des comportements à risques. Lae thérapeute peut avoir recours à l’hypnose, l’EMDR, ou encore des thérapies d’expression comme l’utilisation des arts (musique, écriture, art-thérapie) pour faciliter l’intégration des souvenirs.
- La dernière phase est celle d’intégration de l’identité et de réhabilitation. Cette phase arrive lorsque tous les traumatismes ont été traités. Le traitement des traumatismes peut par ailleurs entraîner des fusions spontanées entre les alters, mais ce n’est pas systématique. Durant la dernière phase, lae thérapeute va aider le système à améliorer davantage la communication entre les alters si le but thérapeutique est l’intégration, ou va l’aider dans la fusion des alters si le système souhaite la fusion finale.
Il est important de noter que les thérapeutes se doivent de considérer chaque alter comme une personne à part entière, et ne pas exclure certain·e·s alters de la thérapie parce qu’iels sont considéré·e·s comme non désirables (souvent le cas des persécuteur·ice·s par exemple). Cela serait contre-productif.
Dans certains cas, les thérapeutes peuvent avoir recours à la médication, ou une hospitalisation si le système devient trop dangereux pour lui-même, mais ce sont des solutions de dernier recours.
LE TROUBLE DISSOCIATIF DE L’IDENTITÉ ET LA LITTÉRATURE
Comme je l’ai évoqué en introduction de cet article, la majorité des œuvres littéraires et cinématographiques mettant en scène le TDI est inspirée d’un seul et même homme : Billy Milligan, un tueur qui possédait 24 alters. Parmi les œuvres basées sur cet homme, il y a bien sûr le film Split qui s’en inspire, mais également le livre Les Mille et une vies de Billy Milligan de Daniel Keyes. Une série proposée par la plateforme Netflix, Billy Milligan : Ces monstres en lui, a également vu le jour en septembre dernier.
En quoi cette représentation est-elle problématique ? Inconsciemment, vous assimilez des préjugés sur cette pathologie en pensant que, comme les œuvres sont basées sur un cas réel, alors tous les systèmes possèdent un alter tueur, sont dangereux, etc. Ceci est entièrement faux ! Pour mieux comprendre l’impact négatif de tout cela sur la représentation du TDI, je vous renvoie à cette vidéo d’Olympe, de la chaîne Youtube Le Journal d’Olympe, ainsi que celle de Cristina de la chaîne The Peculiar Club, qui expliqueront bien mieux que moi de quoi il retourne.
Toutefois, je peux vous conseiller la série Kepler(s) qui est, selon moi, la série qui se rapproche le plus de la réalité du TDI. Bien sûr, il y a quelques imperfections, mais cela reste assez réaliste. On y suit un policier atteint de ce trouble, qui se retrouve à travailler sur une affaire de meurtre malgré les recommandations de son psychiatre qui le met en garde qu’un choc émotionnel pourrait lui être fatal. En parallèle de son enquête, il lutte contre ses alters qu’il n’accepte pas, et qu’il appelle “passagers”. En plus de montrer à quoi ressemble le TDI vu par autrui, la série donne également une idée de comment il peut être vécu intérieurement, ce qui est très intéressant.
Vous avez également la série United States of Tara, qui raconte le quotidien d’une mère touchée par le TDI et qui suit la vie de toute sa famille devant s’adapter à sa pathologie. Cependant, ne l’ayant pas vu, je ne peux certifier si la représentation du trouble y est fidèle ou non.
Mais alors, comment bien représenter le TDI dans un écrit ? Tout d’abord, à moins d’écrire un roman d’héroïc-fantasy où là ce serait possible, n’oubliez pas que l’apparence physique ne change pas lorsque les alters switchent. Iels peuvent toutefois présenter des aptitudes et des pathologies différentes : certain·e·s alters seront droitier·ère·s, d’autres gaucher·ère·s ; un·e alter sera allergique à quelque chose, et pas le reste du système ; l’un·e aura un problème de vue, pas les autres. De même, il n’y a pas de changement vestimentaire à chaque switch.
Ne stéréotypez pas non plus vos alters : un·e alter social·e n’est pas toujours joyeux.se, un·e alter sexuel·le n’est pas forcément un·e alter ultra sexy qui aime séduire, et j’en passe. Chaque alter est une identité à part, qui n’est pas enfermée dans son rôle et qui va évoluer en même temps que le système. Les rôles évoluent également, il ne faut pas l’oublier.
Pensez également à aborder tout le côté thérapie, qui est essentiel dans cette pathologie. Pour le reste, vous avez à présent les clés en main pour créer un personnage le plus réaliste possible.

LES SOURCES
✺ David Spiegel, « Trouble dissociatif de l’identité« , mars 2021 [En ligne] Trouble dissociatif de l’identité – trouble de personnalité multiples (msdmanuals.com) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ Vanessa Bernard, « Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI), un diagnostic encore difficile…« , le 06 février 2021 [En ligne] Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI), un diagnostic encore difficile… (observatoire-sante.fr) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ « Partielles.com » [En ligne] Partielles.com [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ Dirk Bütcher, « Troubles Dissociatifs : une maladie au diagnostic pas toujours facile« , le 16 décembre 2019 [En ligne] Troubles Dissociatifs : une maladie au diagnostic pas toujours facile (paediatrieschweiz.ch) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ Cristian Damsa, Coralie Lazignac, Roberto Pirrotta, Antonio Andreoli, « Troubles dissociatifs : aspects cliniques, neurobiologiques et thérapeutiques« , 2006 [En ligne] Troubles dissociatifs ; aspects cliniques, neurobiologiques et thérapeutiques (revmed.ch) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ PsykoCouac, « Trouble dissociatif de l’identité – Psykocouac #27« , le 02 août 2021 [En ligne] Trouble dissociatif de l’identité – PsykoCouac (youtube.com) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ « Lignes directrices pour le traitement du trouble dissociatif de l’identité chez les adultes« , 2011 – Société Internationale pour l’Etude du Trauma et de la Dissociation
✺ Clelie Dema « Est-ce que différents alters (identité alternante, TDI) d’un système peuvent avoir différents troubles, comme le syndrome de la Tourette ?« , 2021 [En ligne] Est-ce que différents alters (identité alternante, TDI) d’un système peuvent avoir différents troubles, comme le syndrome de la Tourette ? (fr.quora.com) [Consulté le 20 décembre 2021]
LES TÉMOIGNAGES
✺ « Le Journal d’Olympe » [En ligne] Le Journal d’Olympe (youtube.com) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ « The Peculiar Club » [En ligne] The Peculiar Club (youtube.com) [Consulté le 20 décembre 2021]
✺ « Zelliana System » [En ligne] Zelliana System (youtube.com) [Consulté le 20 décembre 2021]


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