LE CANCER

Article rédigé par Edda Charon

Le 04 février est la journée mondiale contre le cancer et il nous a semblé opportun de parler de cette maladie qui traverse le temps, qu’elle se déclenche naturellement ou par le biais d’un déclencheur externe. Aujourd’hui, nous allons vous expliquer ce qu’il en est de cette maladie.

UN PEU D’HISTOIRE

Le cancer est une maladie connue depuis l’Antiquité puisque l’on retrouve des cas de cancer jusque dans les os des momies égyptiennes. Il existe également des manuscrits antiques parlant de cette maladie. Bien que le terme exact ne soit pas mentionné, on retrouve sa description dans un papyrus datant de 3 000 av. J.-C. , le papyrus d’Edwin Smith. En réalité, il s’agirait d’une copie d’un manuel ancien sur la chirurgie et le traumatisme. Dans ses textes, on peut  trouver huit cas de tumeurs, d’ulcères, etc.

La trace la plus ancienne du terme “cancer” – “karkinos” et “karkinoma” (qui signifie “crabe” car le médecin compara les prolongements à la forme des pattes d’un crabe) –  se trouve dans la Grèce antique avec Hippocrate qui est considéré comme étant le “père du médecin”. Par la suite, on retrouve une traduction du mot réalisée par le médecin romain Celsus . Avant cela, il y a eu également le dénommé Galen, aussi médecin romain, qui parla d’oncologie, du grec “ogkos”, pour désigner la cancérologie (l’étude des cancers).

C’est pendant le XVème siècle, qu’on développa une compréhension plus grande du fonctionnement du corps humain ainsi que de ses mécanismes pathologiques. Grâce au docteur Giovanni Morgagni de Padoue qui trouva les causes des hémorragies à l’aide d’autopsies, les fondements de l’étude du cancer débutent. Par la suite, le chirurgien John Hunter proposa l’idée que quelques cancers pourraient être soignés par la chirurgie. Deux médecins hollandais, Zacutus Lusitani et Nicholas Tulp, conclurent de concert que le cancer était contagieux.

À l’aide de son microscope, Rudolf Virchow a pu fonder et marquer la base pathologique microscopique de la maladie. Grâce à son outil de travail, Virchow pouvait finalement signaler au chirurgien s’il avait retiré toute la maladie ou non. Il appuya les propos de son compère allemand Johannes Muller en ajoutant que le cancer était le fruit de dérivés de cellules et ajoutera que ces dernières provoquent le cancer à cause d’un certain liquide (Edda : ne me demandez pas lequel, je n’ai pas trouvé). Des années plus tard, le chirurgien allemand, Karl Thierch, le contredira en annonçant que le cancer entre en métastase par le biais de cellules malignes.

MAIS QU’EST-CE QUE C’EST, AU JUSTE ?

Pendant des années, on a pensé le cancer comme une maladie incurable. Cependant, grâce aux progrès de la médecine, de nombreux cas de cancer sont guéris et l’évolution de nos connaissances biologiques et médicales efface peu à peu la symbolique sombre et puissante du cancer.

Du côté biologique, l’origine du cancer provient d’un dysfonctionnement de certaines cellules de l’organisme. Cesdites cellules prolifèrent anarchiquement dans un même endroit en premier, puis dans le tissu voisin, puis un peu plus loin jusqu’à former des métastases (Edda : des foyers de cellules cancéreuses qui se développent sur un organe et peuvent se disséminer par le sang ou la lymphe).

En revanche, du côté médical, on précise que le terme “cancer” désigne un groupe de maladies très différentes les unes des autres. Il n’y a donc pas un cancer, mais plusieurs.

LES TYPES DE CANCER

Sur le site e-cancer, les différents types de cancer sont rangés selon la nature du tissu dans lequel ils se développent :

  • les carcinomes : les cellules apparaissent dans un tissu qui recouvre les surfaces internes (tissu de revêtement des organes) ou externes (épiderme…). Dans cette catégorie, on reconnaît aussi les adénocarcinomes qui se développent à partir d’un tissu (appelé épithélium) d’une glande d’un sein ou de la prostate.
  • les sarcomes : ils apparaissent dans les tissus “de support” comme les os, la graisse ou les muscles.
  • les cancers hématopoïétiques ou hématologiques : les cellules cancéreuses font leur apparition dans la moelle osseuse, qui fabrique les cellules du sang et ses précurseurs. On peut aussi les retrouver dans des organes lymphoïdes tels que la rate, les amygdales ou encore les ganglions lymphatiques, etc. De plus, “il existe trois familles de cancers hématologiques : les leucémies, les myélomes et les lymphomes”.

On sépare également les cancers “solides” et les cancers “liquides”.

Les cancers solides sont caractérisés par une masse individualisée. Le développement de celle-ci suit les mêmes étapes que les cancers solides si saon porteur·euse n’a aucun traitement. Tout d’abord, la tumeur est localisée dans le tissu originel puis, elle grossit et envahit les tissus voisins. Cela devient alors un cancer invasif. À savoir que des cellules cancéreuses peuvent se détacher et emprunter le chemin des vaisseaux sanguins et lymphatiques pour envahir d’autres parties du corps et, ainsi créer des métastases à distance.

Il existe différents types de cancer tels que :

  • Le cancer du col de l’utérus,
  • Le cancer colorectal,
  • Le cancer de l’endomètre,
  • Le cancer de l’estomac,
  • Le cancer du foie,
  • Le cancer de la gorge,
  • Le cancer de l’œsophage,
  • Le cancer du pancréas,
  • Le cancer de la peau,
  • Le cancer du poumon,
  • Le cancer de la prostate,
  • Le cancer du sein,
  • Le cancer du testicule,
  • Le cancer de la thyroïde,
  • Le cancer de la vessie,
  • Et bien d’autres encore…

LES CLASSIFICATIONS ET STADE D’UN CANCER

Les médecins s’appuient sur un “système international de classification appelé TNM (Tumor, Node, Metastase)(Edda : Tumeur, Ganglion, Métastase) pour déterminer la gravité d’un cancer.

  • Le stade T : (de 0 à 4) il détermine la taille de la tumeur.
  • Le stade N : (de 0 à 3) il décrit la présence ou l’absence des métastases dans les ganglions environnants.
  • Le stade M : (0 ou 1) il indique l’absence ou la présence de métastases à distance de la tumeur.

Il ne faut également pas se mettre à penser qu’un cancer est obligatoirement foudroyant. En règle générale, il met plusieurs années à se former en trois étapes :

  • Initiation : Les gènes d’une cellule sont endommagés (Edda : cela arrive souvent). soit la cellule répare l’erreur d’elle-même, se meurt si l’erreur est irréparable (on parle d’apoptose ou de “suicide” cellulaire) ou va passer à l’étape suivante ;
  • Promotion : Des facteurs extérieurs peuvent stimuler la formation d’une cellule cancéreuse. Cela peut être dû à une mauvaise alimentation, au tabac, etc.
  • Progression : La tumeur se forme par la prolifération des cellules. Ces dernières peuvent envahir d’autres parties du corps. Elle commence aussi à provoquer des symptômes tels que : saignements, fatigue…

SYMPTÔMES, PERSONNES À RISQUES

On peut s’en douter, l’hérédité joue un rôle important dans la propagation du cancer, sans omettre le fait que des personnes ayant déjà eu un cancer peuvent être amenées à en avoir un second quelques années plus tard (Suliane : on appelle ces rechutes des récidives). Bien que le cancer peut se manifester de façon très variable et ne présenter, au début, aucun symptôme, cette liste ci-dessous peut vous indiquer de vous rendre chez un médecin :

  • Une masse palpable,
  • Un grain de beauté/tache cutanée qui change de couleur ou saigne,
  • Un saignement dans le crachat, l’urine, les selles,
  • Des pertes sanguines anormales pour les personnes nées avec un utérus,
  • Des symptômes qui persistent,
  • Une rétraction ou un écoulement du mamelon,
  • Des maux de têtes violents,
  • Une fatigue extrême,
  • Une perte de poids trop rapide.

Il existe de très nombreux facteurs qui influencent l’apparition et le développement d’un cancer, les deux tiers sont relatifs au mode de vie. Du coup, il n’est pas surprenant de retrouver en tête de liste :

  • Le tabac,
  • L’alimentation,
  • L’alcool,
  • L’inactivité physique,
  • Une trop grande exposition au soleil,
  • L’infection,
  • Les produits chimiques et cancérogènes,
  • Le surpoids,
  • Etc.

Pour ce qui est du stress, de l’anxiété et de la dépression, il est vrai que cela contribue fortement à baisser le système immunitaire. Cependant, leur rôle dans la formation d’un cancer reste un sujet de débat entre les médecins.

LE TRAITEMENT

Le traitement contre le cancer varie selon sa taille, sa localisation, son type, son évolution et l’état de santé de son hôte. Ainsi, il existe trois types de traitement contre le cancer :

  • Un traitement curatif,
  • Un traitement adjuvant,
  • Un traitement palliatif.

Le traitement adjuvant est donné en parallèle du traitement curatif dans le but d’augmenter les chances de guérison. Pour ce qui est du traitement palliatif, il a pour but de soulager les symptômes et de prolonger la durée de vie quand les chances de guérir sont très faibles.

La chirurgie : utilisée dans 80 % des cas, elle consiste à retirer la tumeur. Læ patient·e est revu·e entre 7 et 10 jours après la chirurgie.

La radiothérapieLa radiothérapie « repose sur l’utilisation de rayons ionisants dont la forte énergie permet de détruire les cellules cancéreuses ». Elle peut être interne, avec un rayonnement dirigé directement vers la source de la tumeur. Elle peut être aussi externe, avec des rayons visant la lésion. Elle est parfois utilisée comme traitement palliatif.

La chimiothérapie : La chimiothérapie a pour but de détruire ou de bloquer le développement des cellules cancéreuses. C’est le traitement de base contre le cancer.

L’hormonothérapie : bloque la création des hormones responsables du cancer, grâce à des médicaments à administrer par voie orale.

L’immunothérapie : L’immunothérapie « regroupe un ensemble de stratégies visant à mobiliser ou à renforcer les défenses immunitaires des patients de manière à ce qu’elles s’attaquent aux cellules tumorales ».

La greffe de la mœlle osseuse : (ou de cellules souches) a pour but de remplacer la moelle osseuse de celle de læ patient·e. Elle peut aussi être nécessaire lorsque la personne a subi une chimiothérapie très agressive.

LES AVANCÉES DE LA RECHERCHE

Selon la Fondation pour la recherche sur le cancer, 40 % des cancers auraient pu être évités. Le dépistage est donc primordial pour lutter contre cette maladie. Malheureusement, certaines personnes vivant dans des situations précaires ne peuvent se faire dépister. De ce fait, il est donc très important de comprendre les cellules souches cancéreuses afin de développer de nouveaux traitements toujours plus efficaces.

Récemment, l’épigénétique a vu le jour et a pour but d’étudier « tous les paramètres susceptibles de moduler l’environnement chimique des gènes et de leurs transcrits (molécule ARN, intermédiaire entre un gène et sa protéine) chez un patient ». Ce procédé pourrait également créer de nouveaux traitements.

Il existe de nombreuses autres recherches contre cette maladie, qu’elles visent l’amélioration de la chirurgie, de la radiothérapie ou de la thérapie. Il est, encore une fois, très important de créer de nouveaux traitements et d’améliorer ceux qui existent déjà. Cesdites recherches peuvent aussi prévenir d’un cancer ou encore améliorer la qualité de vie ainsi que le suivi à long terme d’un·e patient·e.

LE CANCER ET LA LITTÉRATURE

J’peux pas, j’ai chimio est une bande dessinée réalisée par Alexandra Brijatoff dont les thèmes sérieux de cette maladie sont abordés avec un ton léger. À son opposé, le roman Cancer – Et si nos émotions pouvaient nous guérir ? de Julien Drouin contient des chapitres plus techniques et proposent quelques solutions liées aux émotions  qui peuvent participer à la guérison d’un·e patient·e telles que la méditation, entre autres. Dans le roman Nos étoiles contraires de John Green, par ailleurs adapté et réalisé en film par Josh Boone, le personnage principal est une adolescente atteinte par le cancer.

Créer un personnage atteint de cette maladie apporterait un pan psychologique très important ; que ce soit chez la personne concernée; mais aussi vis-à-vis de son entourage et de sa famille. Cette maladie qui a un impact très important dans la vie de la personne peut être relatée et abordée par une personne non porteuse de la maladie. Cette maladie très impactante est relatée et abordée autant par des personnes concernées/touchées que non concernées/touchées.

LES SOURCES

✺ Docteur Ananya Manda “Histoire de Cancer”, le 26 février 2019 [En ligne] Cancer History (news-medical.net). [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Le ou les cancers ?” [En ligne] https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer/Le-ou-les-cancers [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Types et stades de cancer” [En ligne] https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer/Types-et-stades-des-cancers [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Qu’est-ce que le cancer ?” [En ligne] Qu’est-ce que le cancer? | Fondation contre le Cancer [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Tout savoir sur le cancer” [En ligne] Cancer – Prévention – Traitement – Stratégies anticancer (passeportsante.net) [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Cancer : symptômes, types, en France, quelle survie ?”, le 04 février [En ligne] Cancer : symptômes, types, en France, quelle survie ? (journaldesfemmes.fr) [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Qu’est-ce que le cancer ?” [En ligne] Qu’est-ce que le cancer? | Fondation contre le Cancer [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Le cancer – Qu’est-ce qu’un cancer ?”, le 10 février 2022 [En ligne] Qu’est-ce qu’un cancer ? | Fondation ARC pour la recherche sur le cancer (fondation-arc.org) [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Cancer : les traitements et les soins de support” [En ligne] Cancer : les traitements et les soins de support | Fondation ARC pour la recherche sur le cancer (fondation-arc.org) [Consulté le 05 mars 2022]
✺ “Cancers” [En ligne] Cancers – Santé publique France (santepubliquefrance.fr) [Consulté le 05 mars 2022]

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