TÉMOIGNAGES SUR LA DÉPENDANCE AU TATOUAGE

Témoignage d’Elodye H. FREDWELL

Dans le but de démontrer un peu plus qu’il n’existe pas de réelle addiction au tatouage, plusieurs personnes ont adorablement accepté d’apporter leur témoignage et leur rapport aux tatouages. Tout d’abord, remercions la jolie Elodye H. FREDWELL.

Ed : Merci beaucoup de participer à ce témoignage. À quel âge as-tu eu ton premier tatouage ? Était-ce mûrement réfléchi ou c’était sur un coup de tête ?
El : J’ai eu mon premier tatouage à 19 ans, quelques jours après mon anniversaire. Ma première expérience a été très étrange. J’y ai beaucoup réfléchi mais, le tatouage que je voulais, la personne chez qui je suis allée ne pouvait techniquement pas le faire. Je me suis rabattue sur une autre version du tatouage et, clairement, c’était la séance la plus douloureuse que j’ai jamais vécu. 30 minutes de douleurs parce que la personne n’était pas du tout tatoueuse, en fait. J’ai été voir une esthéticienne qui faisait de la décalcomanie : une méthode de tatouage (qui ne fonctionne pas) dont le principe est que le tatouage est temporaire… Elle a piqué très fort, ce qui fait que mon premier tatouage est en relief, moche et qu’en plus, il ne partira jamais. Donc première expérience très mauvaise (mais je ne regrette pas du tout mon tatouage). Deux ans après, j’ai été dans un vrai salon de tatouage et j’ai réalisé à quel point c’était bien mieux de faire appel à des professionnels. 

Ed : Avais-tu déjà été préparée au fait de ressentir de la douleur ? D’ailleurs, comment as-tu vécu ce baptême ?
El  : Si le tout premier a été une expérience franchement pas agréable du tout (j’en ai quasi-pleuré alors que c’est sur l’avant-bras), le second, je n’ai presque rien senti. Le tatoueur était doux, super bienveillant. Bref, après ce deuxième tatouage, j’étais totalement conquise !

Ed : Maintenant que tu connais mieux ton rapport à la douleur vis-à-vis du tatouage, est-ce que cela te freine à l’idée de t’en refaire un autre ? Si oui, pourquoi ? Si non, comment considères-tu cette douleur ?
El : De base, je ne suis pas très sensible à la douleur. Donc le tatouage, ça ne me fait pas tant mal que ça (sauf à certains endroits, comme tout le monde). Ce qui me freine beaucoup plus, ce sont les retouches. Là, généralement, c’est plus douloureux, car le tatoueur rouvre une plaie cicatrisée. Mais ça ne m’empêche pas du tout d’en refaire d’autres, au contraire  : j’oublie quasiment la douleur ressentie jusqu’à ce que je passe sous les aiguilles. 
Concernant la douleur, je la ressens comme un soulagement. C’est très difficile à expliquer parce qu’il faut le vivre pour le comprendre, je crois, mais j’ai la sensation de passer une étape, de vraiment ancrer une partie de moi. Je n’ai pas de tatouages simplement décoratifs, ils ont tous une signification très forte et la douleur engendrée par le fait de le marquer sur soi, c’est comme une thérapie en quelque sorte. 

Ed : Des non-initiés auront peut-être tendance à croire qu’on peut devenir accro aux tatouages. Est-ce que tu es d’accord avec eux ? Est-ce que tu te considères toi-même comme addicte ?
El : Après la lecture de ton article, je ne pense pas qu’on puisse être addict comme on l’est pour le sucre ou les drogues, etc. C’est une autre forme de dépendance ; à peine tatouée, j’ai envie d’en refaire un autre et ça s’est d’ailleurs vérifié récemment. Après, je pense qu’il y a aussi toute l’atmosphère autour du tatouage : j’ai une très bonne relation avec mon tatoueur, je le considère comme un ami maintenant parce que je retourne toujours le voir et que je lui fais confiance les yeux fermés sur mes projets. Je pense que ça joue beaucoup dans l’envie d’en vouloir plus. Comme si on avait trouvé le thérapeute qu’il nous fallait. Je le vois comme ça en tout cas car, avec mon tatoueur, on parle de tout et de rien et c’est très agréable.

Ed : Est-ce que tu as déjà une nouvelle idée pour une nouvelle gravure ? Penses-tu te faire tatouer autant que le célèbre Zombie boy ?
El   : Of course. Je me suis fait tatouer le 5 février 2021 sur l’avant-bras gauche et j’ai repris rendez-vous pour l’avant-bras droit pour octobre. Je ne veux pas devenir entièrement tatouée, ce n’est pas mon but (il y a d’ailleurs des endroits comme le cou, le visage, les mains que je ne veux pas tatouer) mais mes bras vont être bien fournis, c’est certain.

Témoignage de Nao

Remercions également Nao d’avoir adorablement accepté de répondre à ces quelques questions.

Ed : À quel âge as-tu eu ton premier tatouage ? Était-ce mûrement réfléchi ou c’était sur un coup de tête ?
N : J’ai fait mon premier tatouage à 20 ans, après une longue réflexion sur le motif, l’emplacement, le salon où je voulais aller etc. J’avais vraiment peur de regretter, mais c’était une peur créée par mon entourage qui n’aime pas vraiment les tatouages. Je me suis beaucoup renseignée, j’ai fait mes recherches et interrogé une copine tatouée avant de vraiment me décider.
Après un an avec un motif précis en tête, j’ai fini par me lancer et prendre rendez-vous dans un salon que je fréquentais pour les piercings. Je connaissais plusieurs personnes qui s’y étaient fait tatouer donc j’avais totalement confiance au moment de me faire tatouer.

Ed : Avais-tu déjà été préparée au fait de ressentir de la douleur ? D’ailleurs, comment as-tu vécu ce baptême ?
N : J’étais tellement prête à avoir mal que je n’ai rien senti ! Je savais que ça dépendait des zones et des gens, mais mon premier tatouage était tout petit et sur une zone qui ne m’a pas fait mal du tout. J’ai eu la même sensation que lorsqu’on se dessine sur la peau avec un stylo à bille. On sent un petit truc qui appuie, mais pas de douleur à proprement parler.

Ed : Maintenant que tu connais mieux ton rapport à la douleur vis-à-vis du tatouage, est-ce que cela te freine à l’idée de t’en refaire un autre ? Si oui, pourquoi ? Si non, comment considères-tu cette douleur ?
N : J’ai eu la chance, pour mes premiers tatouages, de ne pas avoir “mal”. Certaines zones ont été un peu moins agréables, mais je ne peux pas dire avoir eu mal. Mon dernier en date, par contre, a été douloureux, notamment parce que je prends un traitement qui rend ma peau plus sensible. La douleur ne me freine pas vraiment, parce qu’elle fait partie de l’expérience mais, surtout, elle est éphémère et vite oubliée.

Ed : Des non-initiés auront peut-être tendance à croire qu’on peut devenir accro aux tatouages. Est-ce que tu es d’accord avec eux ? Est-ce que tu te considères toi-même comme addicte ?
N : Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une addiction, ni qu’on puisse être accro au sens propre du terme. Me faire tatouer est quelque chose que j’aime, j’apprécie cette forme d’art et j’apprécie d’être tatouée, mais je ne me considère pas comme addicte pour autant.

Ed : Est-ce que tu as déjà une nouvelle idée pour une nouvelle gravure ? Penses-tu te faire tatouer autant que le célèbre Zombie boy ?
N : J’ai des tonnes d’idées, qui ne deviendront pas forcément des tatouages. On verra avec le temps ! Je trouve Zombie boy très classe, mais non, je n’irai pas jusque-là ! Je compte m’arrêter avant.

Témoignage d’Erica

Remercions enfin l’adorable Erica pour avoir également voulu participer à ce témoignage.

Ed : À quel âge as-tu eu ton premier tatouage ? Était-ce mûrement réfléchi ou c’était sur un coup de tête ?
Er : J’ai eu mon premier tatouage assez tardivement : j’avais 26 ans. J’ai toujours été attirée par les tatouages, mais le côté “définitif” me faisait hésiter. J’y ai longtemps réfléchi, attendu de bien me connaître, de comprendre pourquoi je le voulais et quel motif était important pour moi. En week-end à Londres, j’ai voulu me lancer sur un coup de tête, mais j’ai senti que je n’étais pas prête. Ce n’est que l’année d’après, à Dublin, que j’ai franchi le pas et je ne regrette pas du tout.

Ed : Avais-tu déjà été préparée au fait de ressentir de la douleur ? D’ailleurs, comment as-tu vécu ce baptême ?
Er : Comme j’ai vraiment peur de la douleur, j’avais décidé de voir petit au début. J’ai choisi un petit tatouage, sur une zone pas trop douloureuse, le haut de la nuque. Mon copain s’était fait tatouer plusieurs fois et je l’avais accompagné, alors il m’a rassuré. Mais je ne connaissais pas du tout mon niveau de sensibilité, alors forcément j’ai stressé. Et en fait, je n’ai absolument pas eu mal. Ce que j’ai ressenti, c’était plus une “gêne” qu’une douleur, un peu comme avec l’épilation.

Ed : Maintenant que tu connais mieux ton rapport à la douleur vis-à-vis du tatouage, est-ce que cela te freine à l’idée de t’en refaire un autre ? Si oui, pourquoi ? Si non, comment considères-tu cette douleur ?
Er : Évidemment, j’ai mis le fait que je n’avais pas eu mal sur le compte de la taille de mon premier tatouage. Du coup, pour le suivant, j’ai encore un peu stressé, même si la tatoueuse m’a mise en confiance. Par la suite, j’ai tenté de plus gros tatouages, avec des techniques différentes, sur différentes zones, et je n’ai pas eu plus mal, mais pas du tout. Je pense que je ne suis tout simplement pas douillette. Maintenant, ça ne me fait plus du tout peur. Ce qui m’inquiétait un peu, en revanche, c’était le risque d’allergies. Mais il paraît que j’ai une peau qui absorbe et réagit très bien à l’encre, alors je suis sereine.

Ed : Des non-initiés auront peut-être tendance à croire qu’on peut devenir accro aux tatouages. Est-ce que tu es d’accord avec eux ? Est-ce que tu te considères toi-même comme addicte ?
Er : Je n’ai pas du tout d’addiction aux tatouages, mais j’ai déjà entendu mon entourage dire qu’une fois qu’on a commencé, on a du mal à s’en passer. Je pense que c’est cela que les accros veulent dire. Car je ne vois pas comment on peut être addict, à part si ça venait de l’effet des produits sur l’organisme, mais je suis perplexe. Je veux dire, on ne risque pas d’être en manque, quand même, si ? Par contre, qu’on aime tellement ça qu’on veuille recommencer encore et encore, je peux le concevoir.

Ed : Est-ce que tu as déjà une nouvelle idée pour une nouvelle gravure ? Penses-tu te faire tatouer autant que le célèbre Zombie boy ?
Er : Je viens de faire mon dernier tatouage tout récemment, il y a à peine une semaine. Alors le prochain n’est pas pour tout de suite. Il y a bien sûr une question de budget, ce n’est pas négligeable. Par contre, j’ai déjà des tonnes d’idées pour les suivants, parce qu’il y aura des suivants, c’est sûr, à tel point que je n’arrive pas à faire un choix. Ce que j’aime vraiment avec les tatouages, c’est de me dire que je vais avoir une jolie trace de ce qui compte pour moi. Mes tatouages me représentent, je les fais pour moi, pour contempler chaque jour ce qui me fait vibrer dans la vie. De là à me tatouer le corps entier, non, je ne pense pas. Je veux conserver une certaine harmonie avec la “moi” d’origine.

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