Article rédigé par Elodie F.

La luminothérapie est un terme que l’on rencontre souvent ces dernières années en raison de la (re)mise en avant du bien-être au sein de nos vies. Son rôle dans la santé mentale n’est plus à prouver et permet à certaines personnes de traverser des périodes compliquées de leur vie. Dépression (saisonnière ou non), problèmes de sommeil, fatigue chronique sont autant de facteurs pouvant mener quelqu’un à choisir la luminothérapie.
DÉFINITION : QU’EST-CE QUE LA LUMINOTHÉRAPIE ?
D’abord, il est important de différencier la luminothérapie de la photothérapie. Si leur fonctionnement est assez similaire, les termes ne sont pas utilisés dans le même domaine. La photothérapie est le mot utilisé en médecine pour définir un traitement basé sur la lumière. Il peut donc être lié à l’ophtalmologie, à la pédiatrie, à la photochimiothérapie ou à la dermatologie. À l’inverse, la luminothérapie concerne seulement la psychiatrie.
Son utilisation remonte à 1984, quand les premières apparitions de ce qu’on appelle communément “la dépression saisonnière” sont découvertes aux États-Unis. Les scientifiques ont alors cherché l’origine de cette période de déprime chez les patients, ainsi qu’un traitement. La conclusion est formelle : le manque de luminosité a un réel impact sur notre organisme et sur notre santé mentale en automne et en hiver.
Si la luminothérapie est explorée dans les années 80, ce n’est qu’en 2006 qu’elle est reconnue comme traitement efficace pour lutter contre cette forme de dépression et les troubles du rythme circadien*. C’est l’Association Américaine de Psychiatrie qui a permis de démocratiser cette découverte.
COMMENT FONCTIONNE LA LUMINOTHÉRAPIE ?
Comme son nom l’indique, la luminothérapie est une thérapie par la lumière. Læ patient·e est exposé· à une lampe spécifique qui reproduit la lumière naturelle du soleil. Pour qu’elle soit efficace, son intensité est réglée entre 2 500 et 10 000 lux. Alors, les yeux, et plus particulièrement la rétine, pourront agir sur la mélatonine, cette hormone sécrétée le soir qui aide à s’endormir. En la repoussant, læ patient·e gagnera en vitalité lors des périodes hivernales où le soleil est moins présent.
Les appareils utilisés varient d’une thérapie à une autre. En règle générale, la lampe est préférée, mais certains praticiens utilisent des casques. Pour les cas de dépression saisonnière sévère, il est conseillé d’être exposé 30 minutes par jour à cette lumière.
Il est tout à fait possible d’avoir, chez soi, une lampe de luminothérapie. Le seul conseil que je vous donnerai est de bien vous assurer que les lux (l’unité de l’éclairement) correspondent aux chiffres fournis ci-dessus. Sinon, son efficacité sera dérisoire.
Aussi, la luminothérapie ne cesse d’évoluer et les technologies s’adaptent aux besoins. Aujourd’hui, cette thérapie fait ses preuves et cherche à être toujours plus performante pour contrer la négativité du quotidien. Les lux sont également adaptables en fonction des différentes pathologies ou des différents troubles traités.
Dernière chose : ne regardez jamais la lumière directement, surtout si elle est réglée sur 10 000 lux ! Les dangers pour la vue peuvent être conséquents.
QUELS SONT LES BIENFAITS ?
La Haute Autorité de Santé (HAS) a reconnu, dans un rapport de 2007, les bienfaits de la luminothérapie. Et elle ne se contente pas de traiter la dépression saisonnière ! En effet, ses effets sont prouvés également pour :
- certains troubles du sommeil et du cycle circadien ;
- la fatigue chronique ;
- la fatigue due au décalage horaire ou au travail de nuit…
Une étude canadienne de 2016 prouvait que cette thérapie par la lumière avait le même effet que des anti-dépresseurs. Ainsi, elle est intéressante dans le traitement des dépressions modérées à sévères, en fonction du patient. « Au-delà des effets sur l’horloge biologique que l’on connaît et étudie depuis plus de quarante ans, on a pu identifier des voies directes entre la rétine et des centres de régulation de l’émotion dans le cerveau, avec notamment des effets sur le système sérotoninergique dans certaines zones cérébrales que l’on sait impliquées dans la dépression », explique le Dr Pierre A. Geoffroy, psychiatre et neuroscientifique, maître de conférences à l’université de Paris.
La luminothérapie est sans danger, à condition de s’y exposer modérément et d’être suivi par un professionnel. Néanmoins, la technique est déconseillée dans certains cas :
- si le patient est sous traitement photosensibilisant ;
- en cas de problèmes oculaires (cataracte) ou de maladies affectant la rétine (diabète ou herpès) ;
- si des maladies psychiques sont détectées (comme la paranoïa ou la schizophrénie).
Dans tous les cas, avant de commencer les séances de luminothérapie, l’avis d’un·e médecin généraliste est conseillé. Si vous ressentez certains effets, comme des maux de tête ou de la fatigue oculaire, parlez-en rapidement au professionnel qui vous prend en charge. Ils peuvent être ponctuels ou avoir des effets sur le long terme.
COMMENT L’ABORDER DANS SON ROMAN ?
Comme cité au cours de cet article, la luminothérapie est bienfaitrice sur des points de santé mentale intéressants. Elle peut donc être incluse si votre personnage est en dépression (saisonnière ou non), s’il a des troubles du sommeil ou même, simplement, s’il est dans un pays du Nord, confronté à la nuit polaire ! Bien sûr, cette thérapie peut aussi survenir en complément d’autres suivis médicaux, comme l’hypnothérapie ou un suivi psychologique. Les possibilités sont variées.
Pour résumer, la luminothérapie est une thérapie par la lumière. Grâce à des panneaux lumineux, des lampes spéciales ou des lunettes, le patient peut ressentir les effets sur son humeur, son sommeil et sa fatigue. Connaissiez-vous cette thérapie ?
NDA : cet article n’est qu’une introduction à la pratique. Comme je l’évoquais, la pratique se développe et évolue rapidement, permettant de nouvelles innovations et des traitements plus performants. N’hésitez pas à vous renseigner plus en détail si vous souhaitez écrire sur la luminothérapie.
Je tiens également à remercier Marie-Laurence PROTHIN, thérapeute et utilisatrice convaincue de la luminothérapie, pour sa relecture de l’article et des quelques détails transmis pour le compléter.
* Les troubles du rythme circadien comprennent essentiellement les troubles du sommeil. Ils sont provoqués par un décalage de l’horloge interne, lorsque l’alignement du cycle de jour et nuit de la Terre est perturbé. Cela peut être provoqué par de nombreux facteurs, comme le décalage horaire, le stress, l’insomnie, la narcolepsie ou encore la dépression.

LES SOURCES
✺ Thierry Folliard, « Luminothérapie« , janvier 2018 [En ligne] Luminothérapie : les bienfaits d’une séance de luminothérapie (passeportsante.net) [Consulté le 05 avril 2022]
✺ « Tout savoir sur la luminothérapie » [En ligne] Tout savoir sur la luminothérapie (santemagazine.fr) [Consulté le 05 avril 2022]
✺ « Luminothérapie » [En ligne] Luminothérapie (wikipedia.org) [Consulté le 05 avril 2022]


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