Article rédigé par Edda Charon

Nous avons tou·te·s connu un ou plusieurs moment(s) où nous n’en pouvions plus de notre lieu de travail, de son environnement, de son ambiance, des collègues ou des supérieurs hiérarchiques. Et si ce n’est pas le cas, nous avons tout·e·s entendu parler du burn-out, mais qu’est-ce donc exactement ?
QU’EST-CE DONC ?
Le terme « burn-out » (ou syndrome d’épuisement professionnel) est utilisé pour la première fois en 1969 et est majoritairement lié au travail. Il peut toucher n’importe qui et dans n’importe quel métier. D’ailleurs, selon une étude menée par le cabinet Technologia, le taux de burn-out dans le monde professionnel s’élèverait entre 7 % et 10 % (voir : le Journal du Net). Pour expliquer assez vulgairement, une personne concernée par le burn-out ressentirait un mal-être physique et mental attaché au travail (Edda : Il existe aussi le burn-out parental ou familial). Par ailleurs, le burn-out est la deuxième affection professionnelle la plus courante.
Le burn-out touche principalement les personnes qui sont très engagées émotionnellement dans leur travail, mais qui ressentent un décalage trop important entre leurs attentes, l’idée qu’elles se font de leur métier et la réalité. Attention, cependant ! L’Organisation Mondiale de la Santé déclarait qu’il ne s’agissait pas d’une maladie mentale jusqu’en janvier 2022 et ne l’avait donc pas incluse à ce titre dans le tableau des maladies professionnelles jusqu’à aujourd’hui. Avant cette date, elle le considérait plutôt comme des symptômes résultant de notre rapport avec notre travail de plus en plus dégradant. De plus, le burn-out ne figurait pas dans le DSM IV, le manuel médical des troubles mentaux. Pourtant, en 2017, pas moins de 74 % de français·e·s avaient été favorables à la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle dans un sondage délivré par Harris Interactive. En Europe, c’est une 1 personne sur 2 qui s’absente pour cause de burn-out.
En 2018, le parti politique La France Insoumise a tenté via l’intervention de plusieurs député·e·s de faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, mais la proposition a été rejetée par une motion préalable par un hémicycle presque vide (Edda : et certains députés profitaient d’une petite sieste).
Aujourd’hui, l’OMS reconnaît le burn-out comme maladie mentale, mais uniquement dans le cadre professionnel.
COMMENT CELA S’EXPRIME ET POURQUOI ÇA ARRIVE ?
Précédemment, j’ai mentionné que le burn-out provoquait de nombreux symptômes sans les nommer. Les voici donc :
- troubles du sommeil,
- difficulté à se concentrer,
- problèmes de mémoire,
- problèmes digestifs ou ulcères d’estomac,
- douleurs musculaires ou migraines,
- problèmes de peau,
- variation de poids,
- diabète de type 2,
- problèmes cardiaques,
- addiction,
- détérioration du rapport aux autres,
- infections plus fréquentes,
- situation de déni.
Concrètement, la personne concernée souffre de stress professionnel chronique (Edda : le corps est toujours en état d’alerte), est vidée de toute énergie, épuisée mentalement, psychiquement, et le temps de repos ne lui suffit plus. Elle développe aussi un comportement cynique, pessimiste, dur, voire négatif. Elle se dévalorise et ne se sent plus à la hauteur dans son travail. Néanmoins, des personnes qui ont ces différents symptômes ne sont pas obligatoirement en situation de burn-out. Cela peut s’avérer être le cas si plusieurs d’entre eux se manifestent en même temps. Ainsi, le burn-out développe toute une série de symptômes psychologiques :
- démotivation constante envers le travail,
- irritabilité, colère spontanée et pleurs fréquents,
- cynisme et frustration,
- sensation d’être incompétent·e,
- besoin de s’isoler,
- sentiment d’échec,
- perte de confiance en soi,
- anxiété, inquiétude et insécurité,
- difficulté à se concentrer,
- pertes de mémoire,
- envie d’en finir (suicide).
Si vous souhaitez savoir si vous êtes vous-même en burn-out, il existe deux tests. En premier, le Questionnaire CBI (Copenhague Burnout Inventory), en 19 questions, prend en compte l’épuisement professionnel, l’épuisement personnel ainsi que l’épuisement relationnel (Edda : je suis au niveau “vigilance”). Le second est le test de Maslach qui comporte 22 questions et se base sur l’épuisement, la dépersonnalisation ainsi que l’accomplissement personnel (Edda : je suis en burn-out élevé).
Malheureusement, on ne sait toujours pas pourquoi certaines personnes subissent plus de stress que d’autres. Cependant, il est intéressant de noter que cet épuisement professionnel n’est pas seulement individuel, mais se ressent aussi entre les employé·e·s et employeur·euse·s/. Dernièrement, des chercheur·euse·s passent à la loupe certains facteurs biologiques (pression artérielle, taux sanguins d’insuline, de cortisol, de protéine C-réactive, de cholestérol, de triglycéride).
Il y a plusieurs raisons qui peuvent mener au burn-out :
- Être surchargé·e de travail,
- Subir une pression pour travailler plus vite,
- N’avoir aucun contrôle sur son travail,
- Ne pas être récompensé·e/reconnu·e pour son travail,
- Recevoir des objectifs peu clairs.
- …
Certaines consommations peuvent contribuer à l’augmentation du stress telles que le thé, le café, le sucre (exemple : chocolat), l’alcool, les boissons gazeuses…
COMMENT AGIR EN CAS DE BURN-OUT ?
En premier lieu, il ne faut surtout pas ignorer le problème au risque de faire empirer la situation. Le site Journal du Net, vous conseille aussi d’en parler avec vos collègues ainsi qu’avec votre supérieur hiérarchique, mais à titre personnel, je vous recommanderais de le faire lorsqu’iel est seul·e et sans public pouvant l’influencer et læ motiver à se moquer de vous et de votre détresse. Vous pouvez également vous tourner vers votre médecin afin qu’iel puisse détecter le burn-out et vous prescrire un arrêt de travail (Edda : pas trop long afin que le retour au travail ne soit pas trop difficile). Iel peut aussi prescrire des médicaments pour aider à dormir ainsi qu’à détendre les muscles. Attention, cependant. L’arrêt de travail permet à la personne de se reposer, mais ne guérit pas !
Bien sûr, tout ceci peut entraîner une grosse remise qui peut, par la suite, mener à une démission. Néanmoins, ne pas traiter et soigner ce burn-out le fera revenir dans le prochain travail, créant ainsi un cercle vicieux. C’est pour cette raison qu’il est aussi conseillé de ne pas hésiter à se tourner vers un·e psychologue, un·e psychiatre ou un·e psychothérapeute. Ne cachez pas non plus votre burn-out à vos proches afin que ces dernier·ère·s puissent vous aider du mieux possible.
Une pratique sportive peut être une aide très importante pour réduire le stress et améliorer le sommeil. Certain·e·s expert·e·s conseillent ainsi 30 minutes de sport au moins 5 fois par semaine. Le sport peut se pratiquer dans une salle sportive (club de sport ou salle de sport de type Fitness Park ou encore Energy Form’) ou à la maison.
LE BURN-OUT DANS LES LIVRES
Avec son livre et son co-auteur Michael P. Leiter, Burn out : le syndrome d’épuisement professionnel publié en 2011, Christina Maslach est la pionnière du burn-out puisqu’elle est celle qui a identifié, il y a 20 ans de cela, cet épuisement professionnel. Leur livre est dorénavant une référence pour les particuliers et les entreprises qui cherchent des pistes concrètes et des solutions. La psychologue Catherine Vasey, dans son livre Burnout : le détecter et le prévenir : Êtes-vous en burn-out sans le savoir ? parle du processus du burn-out ainsi que des symptômes. Il propose des exercices simples afin de trouver des solutions ou d’aider à se sentir au mieux au travail et est accessible pour les professionnel·le·s et les particuliers.
Dans son roman Burn Out, Patricia Martel raconte l’histoire d’une jeune médecin victime du burn-out dans son milieu professionnel. Dans votre histoire, il est tout à fait possible de rendre votre personnage principal victime d’épuisement professionnel, que cela soit dans un roman réaliste, policier/thriller ou même encore fantasy (Edda : avec un·e monarque ou un·e soldat·e). Mentionner le burn-out permet de créer un personnage qui n’est pas constamment fort et maître de lui-même et des événements ainsi qu’un environnement pas tellement sain pour les différents protagonistes.

LES SOURCES
✺ “Burn out” [En ligne] Burn out – Qu’est-ce que c’est ? – Fiches santé et conseils médicaux (lefigaro.fr) [Consulté le 20 avril 2022]
✺ “Burn out : définition, symptômes, test, traitement”, le 02 janvier 2018 [En ligne] Burn out : définition, symptômes, test, traitement (journaldunet.com) [Consulté le 20 avril 2022]
✺ Dr Jacques Allard, “Le Burn Out (Épuisement professionnel)”, le 20 décembre 2021 [En ligne] Burn Out – le reconnaître, le prévenir et le soigner (passeportsante.net) [Consulté le 20 avril 2022]
✺ “Burn out (épuisement professionnel)”, le 08 avril 2021 [En ligne] Burn out (épuisement professionnel) – symptômes, causes, traitements et prévention – VIDAL [Consulté le 20 avril 2022]
✺ Alexandra Fray, “Burn-out professionnel : Comment changer de travail ?”, 2021 [En ligne] Burn-out professionnel : Comment changer de travail ? (livementor.com) [Consulté le 20 avril 2022]
✺ “L’OMS ne reconnaît pas le burn-out comme une maladie”, le 27 mai 2019 [En ligne] L’OMS ne reconnaît pas le burn-out comme une maladie (lefigaro.fr) [Consulté le 20 avril 2022]
✺ “Le burn-out, un syndrome lié au travail selon l’OMS”, le 28 mai 2019 [En ligne] Le burn-out, un syndrome lié au travail selon l’OMS (passeportsante.net) [Consulté le 20 avril 2022]


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