LA CONTRACEPTION

Article rédigé par Edda Charon

Lorsqu’on parle ou entend parler de contraception, c’est devenu automatique de penser au préservatif  ainsi qu’à la pilule. Et il y a quelques années sont venus l’implant et le stérilet. Bien qu’on parle aussi de plus en plus du caleçon contraceptif pour les personnes nées hommes, il n’est que trop peu mis en avant et défendu pour qu’il soit véritablement accepté et/ou normalisé. Cet article n’a donc pas pour but de parler en détail de la contraception, mais de donner une liste non exhaustive de différents moyens de contraception.

LA CONTRACEPTION DANS L’HISTOIRE

Effectivement, ce n’est pas quelque chose de si récent que ça dans l’Histoire moderne, comme la douche interne au vinaigre et au citron. En réalité, on connaît les moyens contraceptifs depuis l’Antiquité, notamment en Égypte antique où on a retrouvé des écrits sur le sujet datant de 3 000 ans avant J.-C. Ces derniers parlaient de « suppositoires vaginaux faits à base de pâte de levain et d’excréments séchés de crocodile ». D’autres pays utilisaient plutôt des excréments d’éléphants.

Plus récemment, en Afrique, on a découvert que certaines tribus utilisaient « des bouchons à base de purée de tubercule, d’algues ou de chiffons mélangés à des herbes médicinales ». Il y a également des textes datant de l’Antiquité qui parlent de potions à boire, bien plus dangereuses que les pessaires (médicaments qui peuvent être introduits par le vagin ou l’anus) et le préservatif. Cesdites potions devaient être ingérées à l’aide d’un verre d’eau « avec laquelle on avait lavé un mort » et accompagnées de pain contenant des morceaux de ruche et d’abeilles mortes ». Dans d’autres endroits, on buvait des infusions dont la base était des écorces de différents arbres, du jaune d’œuf, de la bave de chameau, du plantain ainsi que du safran. Il existait aussi, dans certaines régions, des fabrications de pilules d’huile, de mercure et d’eau (Edda : eau qui a servi aux forgerons pour refroidir leurs outils).

Enfin, en 1930, dans les Alpes autrichiennes, l’arsenic était utilisé pour la contraception ainsi que pour l’avortement. Je vous laisse donc imaginer le résultat…

Du côté de la contraception masculine, on note les premières traces dans l’Égypte ancienne avec le préservatif qu’on retrouve sur des peintures murales sous forme de condom à base de lin. En Chine et au Japon, on en fabriquait en cuir ou en écailles de tortue.

Dans la Rome et la Grèce antiques, des préservatifs réutilisables ont été inventés à base d’intestins ou de vessies d’animaux. Les habitants pensaient aussi que des amulettes faites à partir d’une dent d’enfant, d’une bille de marbre, d’un morceau de foie de chat ou d’une matrice de lionne pouvaient réduire la fertilité.

La popularité du préservatif connaîtra des hauts et des bas, mais c’est surtout les épidémies de maladies vénériennes comme la syphilis qui permettront son expansion.

Il y aurait tant de choses à dire, mais je vous recommande l’article de Pharmacie Principale qui en a fait un article entier.

LES DIFFÉRENTS MOYENS DE CONTRACEPTION FÉMININS

Pour savoir quel contraceptif utiliser, il est très important d’en parler à un·e médecin ou à un·e sage-femme qui peut aider à choisir le moyen de contraception qui est le mieux adapté au corps et aux besoins de la personne née avec un utérus.

Sans surprise, la plus utilisée en France est la pilule et c’est aussi la première proposée par le corps médical. Elle a prouvé son efficacité, à condition qu’elle soit prise tous les jours, sans pour autant protéger des Maladies et Infections Sexuellement Transmissibles. Elle est prescrite sous 12 mois maximum et certaines d’entre elles sont remboursables à 65 % et d’autres non.
Les pilules sont gratuites pour les mineur·e·s de moins de quinze ans ainsi que les personnes non assurées qui se trouvent dans des centres de planning familial.

Le patch contraceptif est un patch à mettre soi-même sur la peau, qui délivre trois hormones oestroprogestatives en continu et qui doit être renouvelé chaque semaine pendant trois semaines. À la quatrième semaine, lorsque le patch n’est pas mis, la période menstruelle est déclenchée. Contrairement à la pilule, il écarte le risque de l’oubli et nécessite un suivi médical pendant un an. Cependant, il n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.

Moins connu que le patch, l’anneau vaginal est souple et contient des hormones qui se diffusent au contact de l’humidité et de la chaleur et passent par le sang. L’anneau vaginal a pour but de bloquer l’ovulation et est aussi efficace que la pilule. Par contre, le taux de risque de thrombose veineuse est équivalent à la pilule de première ou deuxième génération.
Il est placé de la même manière qu’un tampon et doit rester en place trois semaines. À la quatrième, les règles sont provoquées. Il n’est pas non plus remboursé par l’Assurance Maladie.

Second moyen de contraception le plus proposé en France : l’implant contraceptif. Il s’agit d’un bâtonnet de quatre centimètres de long et de deux millimètres d’épaisseur qui contient un progestatif qui bloque l’ovulation. Læ médecin l’insère sous la peau du bras à l’aide d’une aiguille spéciale. Il peut être enlevé n’importe quand et est efficace pendant trois ans. Il nécessite une première visite médicale au bout de trois mois et c’est tout. L’augmentation de poids peut réduire son efficacité et il est alors conseillé de le changer au bout de 24 à 30 mois. Il est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie.

Enfin, les progestatifs injectables ont une efficacité de trois mois et se font par injection intramusculaire à intervalles réguliers par læ médecin. Il est possible d’utiliser ce moyen de contraception si les autres ne sont pas possibles. Compte tenu des risques et des effets secondaires indésirables, leur utilisation est limitée dans le temps, mais ils sont remboursés par l’Assurance Maladie.

Le stérilet est un dispositif contraceptif intra-utérin en forme de T qui a une durée de vie variable entre quatre et dix ans, selon s’il est de cuivre ou hormonal. Il est conseillé d’effectuer une première visite médicale au bout de trois mois, puis une visite annuelle suffit. Il peut être retiré à n’importe quel moment et est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie.

Le préservatif féminin n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie et nécessite une bonne technique pour le mettre en place, qui peut paraître contraignante. D’ailleurs, le site de l’Assurance Maladie explique en détail comment l’installer.

Le diaphragme est une coupelle peu profonde et flexible qui se place à l’intérieur du vagin et qui empêche le liquide séminal d’atteindre l’utérus et donc l’ovule. C’est encore plus efficace si on ajoute du spermicide sur la coupelle. Plus petit et en forme de dôme (très souvent comparé à un bonnet marin), il existe la cape cervicale qui a le même but que le diaphragme. Dans le même ordre d’idée, il y a l’éponge qui est ronde et en plastique et munie d’une boucle en tissu pour l’enlever plus facilement.

LES DIFFÉRENTS MOYENS DE CONTRACEPTION MASCULINS

Malheureusement, cette partie sera plus courte que la précédente, car la contraception a quasiment fait toujours partie d’une des charges mentales de la personne née avec un utérus.

Nous pouvons cependant parler du préservatif masculin qui est un moyen de contraception très facilement accessible (pharmacie, commerce, distributeurs dans les rues, etc.). Il s’agit du moyen de contraception qui a été le plus pensé pour le bien-être de saon porteureuse, que ce soit au niveau du toucher (Edda : notamment pour les allergies au latex), du goût et du côté ludique au moment du sport en chambre (Edda : me dites pas que vous pensez pas aux capotes qui brillent dans le noir façon mini sabre laser). D’ailleurs, il est totalement pris en charge par l’Assurance Maladie uniquement si la personne achète de la marque Eden ou encore Sortez Couvert ! Le gros avantage du préservatif est qu’il protège des MST.

La vasectomie est une intervention chirurgicale rapide qui peut être réalisée par un·e médecin dans un cabinet, à l’hôpital ou dans une clinique. Cela consiste à couper les deux petits tubes – appelés canaux déférents – reliés au scrotum afin d’empêcher les spermatozoïdes d’atteindre le liquide séminal. La réalisation de la vasectomie est faite pour être permanente, il est donc important de bien réfléchir avant de se lancer car elle est très souvent considérée comme irréversible (le taux de réussite d’un retour en arrière étant très faible). On peut aussi seulement boucher les deux canaux, on parle alors de RISUG (Reversible Inhibition of Sperm Under Guidance) et cette technique a été développée en Inde. C’est une opération ambulatoire (on arrive le matin et on part le soir) qui peut se faire sous anesthésie générale comme  locale.

L’injection de testostérone – validée par l’OMS – régulière en contraceptif est efficace au bout de trois mois et ne doit pas durer plus de dix-huit mois. Les effets secondaires sont les mêmes qu’une pilule contraceptive féminine ((Edda : ce serait dommage qu’ils subissent la même chose que nous, hein).

Récemment, on a aussi entendu parler de la contraception thermique qui consiste à maintenir les testicules à une certaine température (plus de 35° C.) afin de bloquer la fabrication de spermatozoïdes. Pour cela, il suffit de porter un sous-vêtement quinze heures par jour ou un anneau (l’anneau remontera les testicules au niveau de la racine de la verge) : cela fonctionne au bout d’environ trois mois.  Deux analyses de sperme en laboratoire (remboursées) sont réalisées avant ET après la mise en place de la contraception. Cela a pour but de vérifier que le nombre de spermatozoïdes mobiles est devenu inférieur à 1 million/millilitre.

Un autre moyen contraceptif, qui s’appelle le retrait, existe : la personne née avec un pénis se retire au dernier moment lors de l’acte, avant que le sperme ne sorte, afin de ne pas éjaculer dans le vagin de saon partenaire. Cette méthode a pourtant un taux d’échec 27 % et ne protège absolument pas des MST et des IST.

UNE CHARGE MENTALE

Pourquoi parle-t-on soudainement de charge mentale ? Tout simplement parce que cela fait plus de cinquante ans que c’est la personne née avec utérus qui s’occupe de la contraception, au contraire de la personne née avec un pénis (Edda : qui trouve le moyen de se plaindre de devoir mettre une capote). Par conséquent, cette dite charge mentale n’étant pas partagée, cela fait qu’environ 40 % des grossesses ne sont pas désirées (Edda : c’est beaucoup, quand même) et que beaucoup trop de personnes sont mal informées sur différentes manières de ne pas avoir d’enfant, quand elles ne se font pas culpabiliser, juger ou encore accuser « de trahir l’émancipation sexuelle ». En revanche, ce n’est pas quelque chose que l’on fait subir à une personne née avec un pénis.

Par exemple, la pilule peut être mauvaise pour la santé de la personne née avec un utérus au point qu’il existe plusieurs « générations» de pilules. Mais en plus, il existe des pilules équivalentes pour les hommes que personne ne vend, étant donné que ladite pilule crée des effets toxiques au niveau du foie, au milieu d’un repas hyper gras. Et pour ce qui est du port du sous-vêtement contraceptif masculin, il s’avère être plus onéreux que son cousin anneau.

Fort heureusement, la contraception masculine est entourée de chercheureuses. Ainsi, la pilule contraceptive masculine est au premier stade et mettra peut-être dix ans avant de pouvoir entrer sur le marché, mais un gel lubrifiant contraceptif a atteint le second stade dans une dizaine de centres de recherche. Il suffirait de l’appliquer tous les jours sur une surface sans poils (sur les fesses pour les plus chanceux·ses). Cependant, il n’est pas encore au point, étant donné que le principal effet secondaire est la baisse de testostérone, donc la perte de libido. Et d’autres découvertes autour de la contraception masculine ont été faites au cours des dernières années, ce qui reste très encourageant.


« Si on considère que maîtriser sa fécondité est un progrès pour les femmes, il n’y a pas de raison pour que ce ne soit pas aussi un progrès pour les mecs qui le décident ! »


Et tout le monde s’en fout.

LA CONTRACEPTION DANS LA LITTÉRATURE

Dans leur roman graphique Les Contraceptés, Guillaume Daudin et Stéphane Jourdin ont mené l’enquête sur « pourquoi fait-on toujours rimer contraception et femmes ? ». Avec des couleurs douces dans ses pages, l’œuvre oscille entre découvertes et introspection. Les auteurs rapportent, par exemple, que 97 % des personnes nées avec un utérus sont en charge de la contraception. Tout comme ils ignorent comment expliquer pourquoi il y a autant  de contraceptions féminines et si peu de masculines.

Dans de très nombreux romans de tout genre, il est très rare d’aborder le thème de la contraception, comme s’il s’agissait d’un sujet tabou ou considéré comme un détail sans importance pour et par les auteurices. Pourtant, il pourrait être utile, notamment pour oser en parler, mais aussi pour savoir quelle est la place de la charge mentale dans l’univers de notre roman quant à la contraception. Quels sont les moyens utilisés ? Est-ce dangereux ? Est-ce une contraception féminine ou masculine ? Est-ce que cela existe dans le roman, est-ce accepté, normalisé, interdit ? Des questions pertinentes, qui restent souvent sans réponse.

LES SOURCES

✺ Patricia Bernheim, “Petite histoire de la contraception” [En ligne] Petite histoire de la contraception | Pharmacie Principale (pharmacie-principale.ch) [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ “Contraception” [En ligne] Contraception | ameli.fr | Assuré [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ “Contraception hormonale : pilule, patch, anneau vaginal, implant, injection intramusculaire”, le 01 juillet 2022 [En ligne] Contraception hormonale | ameli.fr | Assuré [Consulté le 05 juillet 2022]
“Les méthodes de contraception” [En ligne] Les méthodes de contraception – Guide Contraceptions.org [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ “Contraception” [En ligne] Contraception | Le planning familial (planning-familial.org) [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ Et Tout le Monde s’en Fout, “Et tout le monde s’en fout #65 – La contraception”, le 06 novembre 2020 [En ligne] Et tout le monde s’en fout #65 – La contraception – YouTube [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ Dr Nozman, “La contraception masculine, comment ça marche ?”, le 19 octobre 2021 [En ligne] La contraception masculine, comment ça marche ? – YouTube [Consulté le 05 juillet 2022]
✺ Léonie Bourbon, “« Les Contraceptés » : un livre pour lever le tabou sur la contraception masculine”, le 29 octobre 2021 [En ligne] « Les Contraceptés » : un livre pour lever le tabou sur la contraception masculine (ma-grande-taille.com) [Consulté le 05 juillet 2022]

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