LE STRESS POST-TRAUMATIQUE

Article rédigé par Edda T. Charon

Au cours de notre vie, nous pouvons avoir des risques de nous retrouver confronté⋅e à un événement aussi violent qu’intense. Parfois court, parfois long, il entraîne des conséquences qui peuvent durer très longtemps. Aujourd’hui, nous allons parler du Stress Post-Traumatique.

 LES ORIGINES DU STRESS POST-TRAUMATIQUE

Connu depuis l’Antiquité, notamment chez les soldats, ce n’est qu’au XVIIè siècle que la médecine militaire s’y intéresse et commence à l’étudier. Ce n’est qu’au XXè siècle avec tous les conflits de grande envergure que la médecine a approfondi ses connaissances sur les troubles psychotraumatiques. Par ailleurs, il est très important de noter qu’il a été cliniquement défini par l’un des auteurs de l’article, William Schlenger, en 1980 « suite aux ravages de la guerre du Vietnam parmi les vétérans américains ». 

Tout d’abord, le trouble du stress post-traumatique (TSPT) apparaît suite à un événement traumatisant (Edda : le harcèlement, par exemple) et touche près de 9 % de la population au cours de leur vie. Cedit événement représente une menace vitale ou est une atteinte à l’intégrité physique dont la personne a été victime/témoin. Pour autant, le développement du TSPT n’est pas systématique, mais lorsqu’il est là, il peut s’installer de manière durable et intense en une souffrance qui peut être légère ou devenir extrême. Il peut apparaître autant chez l’enfant que chez l’adulte. « Environ 4 % en souffrent sur une période de 12 mois », selon John W. Barhill dans son article Trouble de stress post-traumatique (STPT).

Beaucoup de personnes ont tendance à vouloir associer le Stress Post-Traumatique aux militaires, mais ce n’est évidemment pas seulement le cas étant donné que même des civil·e·s – adultes comme enfants – peuvent développer ce trouble.

Beaucoup de choses peuvent contribuer à l’apparition d’un TSPT, notamment les :

  • événements qui font ressentir un sentiment de peur, d’impuissance et/ou d’horreur ;
  • combats ;
  • agressions sexistes et sexuelles ;
  • catastrophes naturelles ou d’origine humaine ;
  • violences physiques ;
  • accidents de véhicules en général.

Par ailleurs, il n’est pas obligatoire de subir plusieurs traumatismes pour développer ce trouble. Un seul peut suffire. Cependant, on ne sait pas encore pourquoi certaines personnes sont susceptibles d’être atteintes de stress post-traumatique et d’autres non pour un même événement traumatique. Enfin, une personne peut développer un trouble de stress post-traumatique complexe après avoir été soumise à une violence durable, répétée, exempte de surprise, voire prévisible.  

SES SYMPTÔMES

Pour qu’une personne se fasse diagnostiquer un TSPT par un·e professionnel·le de la santé, il faut qu’elle remplisse les quatre cases suivantes :

  • symptômes d’intrusion ;
  • symptômes d’évitement ;
  • effets négatifs sur les pensées et l’humeur ;
  • altération de la vigilance et des réactions.

Le site de la clinique e-sante liste d’autres symptômes liés au trouble de stress post-traumatique. Ce site propose même un test gratuit  afin de savoir si on a un stress post-traumatique non évalué et si oui, de quelle ampleur il est. Il en est de même pour Psychomedia, qui propose un test dont le but est similaire (Edda : ce test ne fait pas office de diagnostic médical pour autant). Aussi, il est obligatoire que la personne ne consomme pas de produits illicites, d’autres médicaments et ne présente pas un autre trouble pouvant expliquer les symptômes observés. Malheureusement, trop de personnes ne se font pas diagnostiquer un TSPT en raison de sa complexité, ce qui entraîne un gros risque d’invalidité de manière chronique.

SYMPTÔMES D’INTRUSION

L’événement peut se rappeler à la personne à travers des souvenirs inopinés, des cauchemars qui reviennent souvent, des flash-backs. Tout ceci fait que la personne revit ledit événement encore et encore comme si ça se répétait.

Pour un⋅e ancien⋅ne militaire, un feu d’artifice, un orage peut l’amener à le revivre. Plus généralement, cela peut être la vision d’un pistolet dans un·e film/série, d’un incendie, d’une scène de violence sexuelle ou physique…

SYMPTÔMES D’ÉVITEMENT

Pour se protéger, la personne fera tout pour éviter tout ce qui peut rappeler le traumatisme. Cela peut inclure des personnes, des activités, certaines situations. Elle peut chercher à éviter tous les lieux/individus qui rappellent saon agresseureuse. Cela peut aller jusqu’à essayer d’éviter tout sentiment voire tout sujet de conversation – même minime – qui le lui rappelle.

EFFETS NÉGATIFS SUR LES PENSÉES ET L’HUMEUR

Il peut arriver que le traumatisme fasse oublier certains passages importants de l’événement. C’est ce qu’on appelle une amnésie dissociative.

Il est de plus très fréquent que la personne soit en dépression (elle se retrouve incapable de ressentir des émotions et/ou des sentiments positifs) ou déconnectée des autres. Elle peut également se sentir émotionnellement insensible.

Avec tout ceci, la victime peut se représenter l’événement d’une manière déformée, ce qui peut conduire la personne  à blâmer autrui pour ce qu’il s’est passé ou encore à se sentir coupable (la culpabilité étant déjà très présente). Elle peut également se retrouver incapable de ressentir des émotions et/ou des sentiments positifs.

ALTÉRATION DE LA VIGILANCE ET DES RÉACTIONS

La personne rencontre des difficultés à se concentrer ainsi qu’à trouver le sommeil. Le traumatisme peut la rendre beaucoup plus alerte et la faire sursauter au moindre bruit suspect. Il peut aussi arriver que la victime perde le contrôle de ses propres émotions et soit sujette à des accès de colère et à des comportements compulsifs.

Pour se débarrasser de la sensation de saleté et du souvenir du toucher de l’agresseureuse, la victime peut en outre en venir à prendre plusieurs bains les uns à la suite des autres. Il y a également le risque  que la personne cherche à oublier le traumatisme à travers l’alcool et/ou d’autres substances illicites.

Attention ! Tous ces symptômes n’arrivent pas immédiatement après l’événement traumatique. Ils peuvent apparaître en différé, par exemple, environ six mois après l’événement.

L’IMPACT SUR LA VIE QUOTIDIENNE QUAND IL N’EST PAS PRIS EN CHARGE

Lorsque le Stress Post-Traumatique n’est pas pris en charge, cela a très souvent un impact péjoratif dans la vie amoureuse, amicale, familiale et professionnelle. Dans la majorité des cas, la victime finit par se plaindre de fatigue chronique, d’absence d’énergie, de motivation même pour des activités du quotidien. Souvent, elle en vient à développer des troubles du comportement alimentaire (Edda : voir l’article sur l’anorexie mentale) ainsi qu’une baisse de libido.

Très souvent, le TSPT est  accompagné de dépression et/ou d’anxiété. Ce trouble est de même associé à « un état de stress chronique qui va retentir sur la santé ». Les victimes touchées par le dernier point peuvent avoir un gros risque d’être sujet à de la migraine, de l’hypertension artérielle, de l’ulcère gastrique, des maladies dermatologiques, etc.

LE(S) TRAITEMENT(S)

En premier lieu, il est très important que la personne soit suivie par un·e psychiatre, psychologue ou tout autre professionnel·le de la santé formé·e et apte à écouter et agir dans des « cellules de soutien psychologiques d’urgence ». Il est aussi conseillé de consulter en psychothérapie afin de limiter l’évitement mental et comportemental (Suliane : selon certaines sources, apparemment ce qui semble marcher le plus c’est les thérapies d’exposition (suite à une préparation pour que la victime arrive à gérer l’anxiété provoquée par l’exposition). Tout ceci a pour but d’aider la victime à atténuer la dimension traumatique qu’elle associe à l’événement afin qu’elle puisse gérer et vivre avec le traumatisme le plus “normalement” possible.

Pour ce qui est des médicaments, il peut être prescrit des sédatifs, des antidépresseurs ou encore des anxiolytiques selon ce dont læ patient·e a besoin. Ce sont des compléments qui accompagnent la psychothérapie. Mais attention, leur capacité – uniquement symptomatique – est limitée. Il est donc très important de ne pas jurer que par les médicaments.

L’article de la Santé Publique de France – que vous retrouverez dans les sources – parle  beaucoup plus en détails des traitements médicamenteux, de son efficacité depuis plus de 30 ans, de l’objectif de la prise de médicament et de la psychothérapie…

Il est toutefois très important de noter que, même si la personne est bien prise en charge, le risque de rechute est d’un·e patient·e sur cinq.

COMMENT TROUVER DE L’AIDE ?

Cette partie de cet article ne concerne pas que les personnes concernées par le Stress Post-Traumatique.

En effet, afin de recevoir des aides et des conseils, il existe un numéro de téléphone national Aides aux victimes : 116 006. Il est de plus tout à fait possible de contacter un médecin généraliste ou encore un centre régional du psychotraumatique pour parler de sa situation et apprendre à qui s’adresser.

LE STRESS POST-TRAUMATIQUE ET LES MÉDIAS

On ne va pas être très objectif concernant les médias, mais ne nous ne pouvons parler en leur faveur. Certes, les médias nous permettent de nous tenir au courant des dernières informations, mais ils comportent aussi pas mal de travers. On peut le noter lorsqu’ils tentent de prendre contact avec des victimes d’attentat, sujets au TSPT, n’hésitant parfois pas à poser des questions crues concernant l’événement, leur ressenti, les conséquences, etc.

Il peut être intéressant de se questionner sur l’intérêt d’interroger des victimes, d’exposer ces horreurs. Ces témoignages sont souvent accompagnés de bruit et de photographies de l’événement traumatisant pour les téléspectateurices. Parce qu’en effet, ces moments servent essentiellement à livrer un moment choc pour vendre de la douleur, la violence, les blessures physiques et/ou psychiques pour attirer de l’audimat. La prise de distance peut devenir difficile pour les téléspectateurices qui regardent, les journalistes qui peuvent être pris⋅e⋅s dans la violence lors de leurs enquêtes et pour les victimes qui voient leur traumatisme dévoilé au plus grand nombre.

Enfin, selon la Santé Publique de France, des expériences en laboratoire ont démontré que l’écran ne protège pas le sujet de la violence. « Les études réalisées depuis le 11 septembre aux USA montrent également que le temps d’exposition aux médias est un facteur venant renforcer le risque potentiel traumatique : au plus on regarde les médias, au plus on peut être impacté. » Cependant, cela reste encore, à l’heure actuelle, au stade de recherche et rien ne tend à prouver définitivement ces résultats.

LE STRESS POST-TRAUMATIQUE ET LA LITTÉRATURE

Nombreux·es sont celleux qui connaissent la quadrilogie Rambo, un succès filmographique avec pour acteur principal Sylvester Stallone pour jouer ledit Rambo. Mais peu d’entre elleux savent qu’il s’agit en fait d’un film adapté du roman éponyme par l’auteur David Morrell. Avec le roman Après l’océan, l’autrice Laurence Peyrin se permet d’imaginer l’après du naufrage du Titanic avec ses deux personnages principaux. L’autrice Josée Querry, elle-même ayant le trouble de stress post-traumatique, livre son histoire et son témoignage dans son roman Flashbacks.

Dans la majorité des romans, le personnage principal ne connaît pas ce trouble et ne le subit pas même alors qu’il a vu des violences, des horreurs… Après tout, læ protagoniste se doit d’être plus fort·e que ça. Dans le cas contraire,le héros/l’héroïne en souffre déjà depuis un moment mais, étrangement, ne suit pas une psychothérapie, se contentant uniquement des médicaments.Alors, quand et comment mettre le TSPT ? Dans les romans où se trouvent très souvent des batailles, cela pourrait arriver après une guerre (Edda : Frodo Baggins en souffre d’ailleurs, dans The Lord of the Rings de J. R. R. Tolkien). Et s’il n’y a pas de bataille, la société actuelle nous donne plein (Edda : trop) d’exemples d’événements qui peuvent devenir traumatiques. L’intérêt d’implanter ça dans une histoire ? La rendre plus réaliste. On ne revient  pas tou·te·s entier·e·s d’un tel événement et cela mettrait un autre combat en lumière : un combat psychologique contre ses propres démons.

LES SOURCES

✺ « Troubles du stress post-traumatique : Quand un souvenir stressant altère les mécanismes de mémorisation », le 23 novembre 2020 [En ligne] Troubles du stress post-traumatique : Quand un souvenir stressant altère les mécanismes de mémorisation (Inserm.fr) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ Peggy Cardin-Changizi, Dr. Sylvie Molenda, « Le trouble de stress post-traumatique : symptômes, causes et traitements », le 03 février 2021 [En ligne] Le trouble de stress post-traumatique : symptômes, causes et traitement (passeportsante.net) [Consulté le 05 octobre 2022]
✺ John W. Barnhill, « Trouble de stress post-traumatique (TSPT) », avril 2020 [En ligne] Trouble de stress post-traumatique (TSPT) (msdmanuals.com) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ « Stress post-traumatique : 15 symptômes qui ne trompent pas », le 17 mai 2022 [En ligne] Stress post-traumatique : 15 symptômes qui ne trompent pas (la-clinique-e-esante.com) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ « Trouble de stress post-traumatique », le 13 octobre 2022 [En ligne] Trouble de stress post-traumatique (psycom.org) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ « État de stress post-traumatique (ESPT) », le 30 octobre 2018 [En ligne] État de stress post-traumatique (ESPT) (quebec.ca) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ « Quelles sont les conséquences psychologiques d’une exposition à un événement traumatisant comme les attentats ? », le 29 avril 2019 [En ligne] Quelles sont les conséquences psychologiques d’une exposition à un événement traumatisant comme les attentats ? (santepubliquefrance.fr) [consulté le 05 novembre 2022]
✺ « Traitement du trouble de stress posttraumatique, des blessures de stress opérationnel ou de l’état de stress causé par un incident critique : Un résumé des lignes directrices sur la pratique clinique », octobre 2015 [En ligne] Traitement du trouble de stress post-traumatique, des blessures de stress opérationnel ou de l’état de stress causé par un incident critique : Un résumé des lignes directrices sur la pratique clinique (cadth.ca) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ « Symptômes du stress post-traumatique » [En ligne] Symptômes du stress post-traumatique (anxiete.fr) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ Dr François Ducrocq, Pr Guillaume Vaiva, « Quels sont les traitements médicamenteux de l’état de stress post-traumatique ? », le 29 avril 2019 [En ligne] Quels sont les traitement médicamentaux de l’état de stress post-traumatique ? (santepubliquefrance.fr) [Consulté le 05 novembre 2022]
✺ Babelio, « Syndrome post-traumatique » [En ligne] Syndrome post-traumatique (babelio.com) [Consulté le 05 novembre 2022]

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