Article rédigé par Elodie F.

Lorsque nous avons une vertèbre déplacée ou que nos cervicales nous font souffrir, nous entendons souvent qu’il faut se rendre chez un⋅e ostéopathe. Néanmoins, depuis quelques années, la pratique inquiète sur les réseaux sociaux et de plus en plus de questions se posent. Aujourd’hui, nous faisons le point sur l’ostéopathie dans cet article et son interview liée.
QU’EST-CE QUE L’OSTÉOPATHIE ?
Revenons aux bases. D’après le ministère des Affaires sociales et de la santé, l’ostéopathie permet de “prévenir ou remédier à des troubles fonctionnels du corps humain. (…) Seules les manipulations musculo-squelettiques et myofasciales, exclusivement manuelles, externes et non forcées sont autorisées par le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et conditions d’exercice de l’ostéopathie.”
Dans son document (dont vous avez la source en fin d’article), le ministère insiste bien sur le fait que la pratique se limite aux cadres cités au-dessus et ne concerne pas les “ pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques.”
L’ostéopathie est donc une pratique de manipulation corporelle qui permet de soulager des douleurs liées à des troubles musculo-squelettiques.
QUI PEUT LA PRATIQUER ?
Tout le monde ne peut pas pratiquer l’ostéopathie. Son usage est réservé aux professionnel·le·s de santé qui ont été autorisé·e·s à exercer suite à leur diplôme universitaire ainsi que les professionnel·le·s détenant un diplôme spécifique d’ostéopathie. Il y a également une liste qui a été mise en place par l’ARS (Agence Régionale de Santé). Il est impossible de pratiquer sans être préalablement inscrit·e sur cette liste.
NE PAS CONFONDRE
En raison de la proximité des activités, l’ostéopathie peut être confondue avec la kinésithérapie, bien qu’elles n’aient rien à voir entre elles. En effet, la kinésithérapie (ou masso-kinésithérapie) est un traitement de rééducation sur prescription médicale, ce qui n’est pas le cas de l’ostéopathie. Il ne faut pas non plus la confondre avec les thérapies manuelles acquises souvent par des rhumatologues ou des orthopédistes par un complément de formation sur les manipulations vertébrales.
LES LIMITES ET LES DANGER DE L’OSTÉOPATHIE
LES VALIDATIONS DE LA PRATIQUE
D’abord, il faut savoir que nous ne pouvons pas parler de traitement médical pour l’ostéopathie, même si la pratique peut être réalisée par des médecins. Nous sommes plus du côté thérapie corporelle alternative, car ses actions de guérison n’ont pas été prouvées scientifiquement. Une étude de 2012, réalisée par l’INSERM (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale), montre que l’ostéopathie “n’a pas d’efficacité supérieure aux méthodes classiques de traitement des douleurs d’origine vertébrale (traitements médicamenteux, rééducation…).“
Pour certaines personnes, la pratique est considérée comme une pseudoscience, et certaines études (encore peu nombreuses sur le sujet) émettent l’hypothèse que le traitement serait semblable à un placebo.
C’est une pratique qui est donc encore contestée, souvent à cause de praticien·ne·s non ou mal formé·e·s, pratiquant sans autorisation. D’où l’importance de bien se renseigner avant d’aller voir un·e ostéopathe, ou même tout autre professionnel·le de santé et de bien-être.
LES RISQUES
Toutes les pratiques comportent des risques, mais ces dernières années, les témoignages contre l’ostéopathie (notamment sur les réseaux sociaux) ont augmenté. En effet, il existe des risques d’aggravation des troubles si læ praticien·ne ne prend pas en compte les limites du corps de son ou sa patient·e.
Le ministère des Affaires sociales et de la santé explique qu’un “risque de complication rare mais d’une extrême gravité existe après des manipulations cervicales : une dissection ou une thrombose de l’artère vertébrobasilaire qui est une forme d’accident vasculaire cérébral pouvant entraîner la mort ou une tétraplégie.”
Moins grave, une séance d’ostéopathie mal réalisée peut entraîner des maux de tête, des gênes locales et une forte fatigue. En cas de doute, consultez toujours votre médecin traitant.
QUAND L’OSTÉOPATHIE PEUT-ELLE INTERVENIR ?
Il faut savoir qu’il existe de nombreuses méthodes d’ostéopathie. À vrai dire, il en existe autant qu’il y a de praticien·ne·s. Néanmoins, on peut distinguer 2 grandes écoles :
- l’ostéopathie qui “craque” : la plus répandue, qui consiste à faire craquer des articulations pour les débloquer ;
- l’ostéopathie pas acupression : ici, c’est plus doux et plus long, læ praticien·ne va appuyer sur des zones pour traiter plus en douceur les troubles.
L’ostéopathie peut intervenir pour des douleurs musculo-squelettiques, comme nous l’avons évoqué. Dans son interview, Pierre Goulet, ostéopathe au Pôle Bien-Être de Saint-Lô (50) évoque qu’il peut intervenir pour de “la cervicalgie, certains types de migraines, des troubles digestifs, des tendinites et bien plus encore du moment que la structure n’est pas endommagée ou ‘irréparable’. Aussi des pathologies de la femme enceinte comme les lombalgies et des prises en charge de nourrisson pour des coliques ou encore en postpartum pour un bilan ou pour diminuer certains manques d’acceptation de contraintes (important pour le bon développement de l’enfant, aussi bien dans la marche, pour les dents, pour la digestion, pour l’oralité, etc…)”
Chose à savoir : l’ostéopathie n’est pas faite pour tout le monde. Comme pour d’autres pratiques, il y a un principe de résistance si nous ne sommes pas réceptif·ve. Ne pas être dans de bonnes conditions mentales pour une séance peut provoquer les risques que nous avons cités précédemment.

LES SOURCES :
✺ « Ostéopathie » [En ligne] Ostéopathie (Ministère des Affaires Sociales et de la Santé) [Consulté le 20 octobre 2023]
✺ « Ostéopathie : quand consulter un ostéopathe ? », le 30 mai 2023 [En ligne] Osthéopathie : quand consulter un ostéopathe ? (passeportsante.net) [Consulté le 20 octobre 2023]
✺ « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’ostéopathie – 2012 », le 20 avril 2012 [En ligne] Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’ostéopathie – 2012 (inserm.fr) [Consulté le 20 octobre 2023]

Interview de Pierre Goulet, ostéopathie au Pôle Bien-Être de Saint-Lô (50)

Laisser un commentaire