LES MÉDICAMENTS

Souvent mise en scène dans l’univers télévisuel Américain (A Star is Born, Dr House, Painkiller et tant d’autres), la dépendance aux médicaments est aujourd’hui une réelle préoccupation mondiale. Actuellement, les États-Unis font face à une nouvelle crise des opiacés suite à l’émergence d’analgésiques encore plus puissants que leurs prédécesseurs, accroissant de ce fait le potentiel addictif des produits.

QU’EST-CE QUE LA DÉPENDANCE/ADDICTION MÉDICAMENTEUSE ? ET QUAND PEUT-ON PARLER D’ADDICTION ?

Dans le cadre d’une addiction médicamenteuse, on parlera plutôt de « mésusage médicamenteux ». Il est courant d’entendre parler « d’accoutumance » ou bien de potentiel « addictogène » des médicaments comme les opioïdes, les benzodiazépines, les somnifères, mais rarement des autres catégories comme les laxatifs et les décongestionnants pour le nez. Il est important de garder à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un médicament ne contient pas de substance dite « addictogène » qu’il ne peut pas y avoir mésusage ou dépendance. On peut d’ailleurs penser au paracétamol qui est en libre service (ne nécessite pas de prescription médicale) et qui peut être facilement consommé lors d’un mal de tête passager, mais qui pris tous les jours peut entraîner d’autres maux. Notons aussi que les antécédents personnels ou familiaux de dépendance peuvent favoriser les risques d’addiction.

Les signes pouvant alerter sur une addiction sont les suivants : 

  • diminuer ou arrêter la prise d’un médicament est impossible,
  • devoir augmenter sa consommation pour ressentir les premiers effets du médicament,
  • développer un état de manque à l’arrêt du médicament,
  • chercher à se procurer absolument le médicament et y consacrer beaucoup de temps (ex : multiplier les rendez-vous chez différents médecins afin d’avoir une prescription ou de manière illicite, sans ordonnance), 
  • changer de comportement social (notamment chez l’adolescent·e),
  • poursuivre le traitement malgré les effets indésirables qu’il procure.

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) a créé l’addictovigilance. Cela permet d’évaluer le potentiel de dépendance de certaines populations (adultes, jeunes adultes, adolescent⋅e⋅s et enfants) et d’établir un profil de risque plus précis pour un médicament donné. L’ANSM communique ensuite ses conclusions aux professionnel⋅le⋅s de santé qui peuvent rédiger des prescriptions à moindre risque.

L’AUTOMÉDICATION, FACTEUR DE DÉPENDANCE ?

D’après Les Entreprises du Médicament (LEEM) : « L’automédication consiste, pour les utilisateurs, à soigner leurs pathologies en utilisant des médicaments dûment autorisés, sans avis médical préalable, mais avec le conseil du pharmacien d’officine. » 

Les médicaments en libre service dits aussi de « médication officinale » (qui sont les principaux utilisés dans l’automédication selon l’OMS) sont inscrits sur une liste établie par l’ANSM. Certains, contrairement aux médicaments sur ordonnance, peuvent même (après accord de l’ANSM) faire l’objet de communication auprès du grand public (spot publicitaire, publicité sur le lieu de vente [PLV]). L’accès à un médicament d’automédication ne peut se faire sans l’intervention d’un⋅e spécialiste de santé (pharmacien, médecin…).

Cependant, il existe une pratique plus à risque : prendre le reliquat d’un traitement précédent sans visite chez un⋅e médecin au préalable. Le danger principal dû à cette pratique est la méconnaissance des recommandations de l’ANSM quant à la durée et au grammage préconisés, mais aussi des interactions médicamenteuses (fait de prendre plusieurs médicaments en même temps pouvant modifier leur efficacité et leur toxicité) pouvant conduire à une dépendance.

Les risques et limites de l’automédication (selon la brochure d’addictaide) :

  • faire une erreur de choix de traitement,
  • faire une erreur de dose, 
  • présenter des effets indésirables (dits secondaires), 
  • présenter des allergies, 
  • augmenter la survenue d’interactions et/ou d’effets indésirables en cas d’utilisation simultanée de plusieurs médicaments, 
  • cacher une maladie par la prise du médicament ou camoufler l’évolution des symptômes.

ÊTRE ÉCOUTÉ·E, SUIVI·E ET PARCOURS DE SOIN

Comme dans toute addiction, le plus important est la communication, donc de trouver un⋅e interlocuteur⋅ice. Il est possible de se tourner vers un⋅e médecin généraliste ou un⋅e pharmacien⋅ne qui, à leur tour, renverront si nécessaire vers un⋅e addictologue. Il est aussi possible de cesser par soi-même sans aide extérieure, bien qu’il soit conseillé de consulter un⋅e addictologue. Se tourner vers une association spécialisée peut aussi permettre d’obtenir une première aide, un soutien.

Le suivi habituellement effectué commence par un entretien afin d’évaluer la consommation, la dépendance ainsi que la motivation à arrêter. Pendant cet entretien, la consommation (fréquence et dosage) de substances et les modalités de la consommation seront évaluées. Le⋅a praticien⋅ne s’informera aussi sur l’âge d’initiation à la consommation (du médicament ou d’autres substances si pluridépendance ou dépendance antécédente), mais aussi sur les facteurs de risques personnels, familiaux et sociaux.

LA PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE, PSYCHOTHÉRAPIE

La prise en charge psychologique est importante avant, pendant et après la consommation de produits addictifs afin d’assurer le suivi d’un⋅e patient⋅e, mais également afin de limiter les risques de rechute ou de transfert d’addiction.

La prise en charge pouvant s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années, il est important d’évaluer sérieusement la motivation du ou de la patient⋅e par un entretien motivationnel. Ce dernier permet d’accompagner les personnes dans leur changement de comportement et aussi de mettre en place une thérapie prolongée.

Différents types de psychothérapie peuvent alors être proposés :

  • individuelle (psychothérapie de soutien, psychodynamique, thérapie cognitivo-comportementale [TCC]),
  • familiale,
  • de groupe.

La TCC individuelle est souvent proposée, car elle s’est montrée efficace aussi bien chez l’adulte que chez l’adolescent⋅e. Elle repose sur l’analyse des pensées et comportements avant et après la consommation d’une substance. Elle vise à aider au développement des compétences, processus de pensées, stratégies ou activités alternatives permettant un changement de comportement.
Il est aussi possible d’être suivi⋅e par un hôpital ou une clinique, soit en ambulatoire, soit en séjour prolongé. Le choix sera surtout motivé par le type de médicament, le profil de l’individu, ses éventuelles pathologies, etc. Il faut garder à l’esprit qu’un sevrage ne se déroulera jamais de la même manière d’un individu à l’autre et qu’il faut parfois du temps avant de trouver la solution thérapeutique la plus efficace. (Ios : Je ne peux pas vous parler plus en détail de la prise en charge médicale hospitalière car elle est peu détaillée sur les sites officiels et les seuls sites communicants n’ont pas de sources dites “fiables”.)

CAS SPÉCIFIQUES, LE TRAITEMENT DES DÉPENDANCES AUX BARBITURIQUES OU AUX BENZODIAZÉPINES

La dépendance aux barbituriques ou aux benzodiazépines fait l’objet d’un sevrage par diminution progressive des doses. Le médicament ne doit jamais être arrêté d’un coup sinon cela entraînerait de graves symptômes de sevrage et potentiellement des complications. Les doses doivent être réduites progressivement et encadrées médicalement.

DÉPENDANCE ET LITTÉRATURE

Lors de mes recherches (autant dans ma bibliothèque personnelle que sur Internet), je n’ai pas trouvé d’ouvrage intéressant à présenter dans cette catégorie, je préfère donc parler d’ouvrages télévisuels. La crise des opiacées aux États-Unis a fait naître nombre d’œuvres contemporaines comme Painkiller ou la chute de la maison Usher, mais j’aimerais que nous nous attardions sur la série ultrapopulaire, Dr House, qui représente à mon sens très bien le cheminement de la dépendance à une substance psychoactive. Les étapes sont celles vécues et retranscrites dans de nombreux témoignages : une blessure qui entraîne la prescription, le renouvellement de cette prescription puisque la douleur est toujours là, l’accoutumance qui fait que le personnage finit par dépasser les doses prescrites, puis l’arrivée progressive des conséquences (sociales, familiales) de cette addiction (Ios : n’hésitez pas à citer des ouvrages littéraires sur le sujet).

En revanche, on trouve énormément d’ouvrages de médecins sur l’addiction aux médicaments, notamment aux opioïdes.

COMMENT L’INSÉRER DANS VOTRE RÉCIT ?

Je pense que vous pouvez réellement prendre en exemple la série Dr House pour sa construction autour de cette addiction, elle est à mon sens un bon exemple du genre. Essayez vraiment de fondre l’addiction dans la gestuelle habituelle (manger, se laver, aller à l’école [pour les adolescent⋅e⋅s], aller au travail), n’accentuez pas trop le geste (ex : « il prit encore une fois un cachet de plus »), ça ne retranscrirait pas assez bien l’état dans lequel une personne dépendante serait puisque, souvent, elle fera ce geste sans en avoir réellement conscience. N’oubliez pas que le cadre social est important (pour le réalisme), une personne devenant dépendante n’aura plus le même comportement et ces changements sont souvent avérés dans les études sur la dépendance. Selon le médicament dont votre personnage sera dépendant dans votre histoire, renseignez-vous sur les effets indésirables, car un dosage plus important favorisera l’apparition d’effets secondaires.

LES SOURCES :

✺ « Addiction médicamenteuse, suis-je concerné ? », le 12 août 2019 [En ligne] Addiction médicamenteuse, suis-je concerné ? (sante.fr) [Consulté le 20 novembre 2023]
✺ « Addiction médicamenteuse : suis-je concerné ? », le 16 décembre 2015 [En ligne] Addiction médicamenteuse : suis-je concerné ? (france-assos-sante.org) [Consulté le 20 novembre 2023]
✺ « Médicaments – Comprendre l’addiction » [En ligne] Médicaments – Comprendre l’addiction (addictaide.fr) [Consulté le 20 novembre 2023]
✺ « Les médicaments à risque d’usage détourné et de dépendance », le 29 mars 2023 [En ligne] Les médicaments à risque d’usage détourné et de dépendance (ameli.fr) [Consulté le 20 novembre 2023]
✺ Sylvie Fainzang, « L’automédication – Une pratique qui peut en cacher une autre », le 28 juillet 2010 [En ligne] L’automédication – une pratique qui peut en cacher une autre (erudit.org) [Consulté le 20 novembre 2023]
✺ « Addictovigilance » [En ligne] Addictovigilance (addictovigilance.fr) [Consulté le 20 novembre 2023]

LE TÉMOIGNAGE :

✺ Florence Méréo, « Addictions aux opioïdes : « Il a fallu augmenter les doses, encore et encore » », le 30 août 2018 [En ligne] Addictions aux opioïdes : « Il a fallu augmenter les doses, encore et encore » (leparisien.fr) [Consulté le 20 novembre 2023]

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