Article rédigé par Dawn
Cet article n’a pas pour vocation d’établir un diagnostic médical ou psychiatrique. En cas de doute ou de souffrance psychologique, il est essentiel de contacter un·e professionnel·le de la santé qualifié·e ou d’encourager la personne concernée à le faire.

Pollen, poils de chat ou de chien, poussière, arachides… Tous ces éléments, et bien d’autres encore, peuvent être sources d’inconfort pour certaines personnes, voire mettre leur santé en danger. Pourtant inoffensifs pour la majorité, on estime qu’une personne sur quatre pourrait être allergique à une ou plusieurs “substances” avec lesquelles nous sommes en contact au quotidien. Mais que se passe-t-il vraiment dans le corps d’une personne allergique lorsqu’elle est en contact avec son allergène ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.
LES DIFFÉRENTS TYPES D’ALLERGIES
L’allergie est, par définition, une réaction inadaptée et souvent exacerbée de notre système immunitaire en présence d’une substance, qui, en temps normal, est inoffensive. En effet, notre corps est capable de reconnaître les éléments nocifs pour lui (bactéries, virus, particules polluantes…) et de réagir en conséquence pour nous en protéger. Mais il arrive parfois que le corps devienne sensible à des éléments — que l’on appelle allergènes — qu’il va alors considérer comme dangereux, et qu’il agisse de la même manière qu’avec un pathogène, alors qu’en réalité, cela n’est pas nécessaire.
Ces allergènes peuvent être présents dans l’air, dans notre environnement, mais aussi dans nos aliments et, parfois, dans nos médicaments. Nous pouvons pour ainsi dire être allergiques à tout ce qui nous entoure, mais des éléments sont plus courants que d’autres : le pollen, les acariens, les arachides, le latex, les poils de chats/chiens et le gluten font par exemple partie des allergènes les plus communs. On peut même être allergique au soleil !
Une allergie peut survenir de plusieurs manières, selon la façon dont la personne entre en contact avec l’allergène. On distingue ainsi 4 types d’allergie :
→ les allergies alimentaires, qui, comme leur nom l’indique, sont provoquées par l’ingestion d’un aliment spécifique ;
→ les allergies respiratoires, qui sont causées par l’inhalation de l’allergène. C’est par exemple le cas de l’allergie au pollen ou aux acariens ;
→ les allergies cutanées, qui nécessitent un contact physique avec l’allergène pour se déclencher, comme pour l’allergie au latex ou au nickel ;
→ les allergies médicamenteuses, liées à l’ingestion de médicaments contenant une molécule en particulier qui n’est pas supportée par le corps. Les allergies médicamenteuses les plus présentes sont liées à la pénicilline et aux anesthésiants locaux.
Bien que les allergènes soient nombreux, les allergies alimentaires restent les plus courantes et sont celles qui ont les symptômes les plus graves, avec les œdèmes de Quincke et les chocs anaphylactiques. Afin de prévenir les risques de réactions allergiques, la loi oblige la mention de 14 allergènes alimentaires sur les emballages de produits, mais aussi dans les restaurants, cafés et cantines. Ces allergènes sont les plus présents dans notre alimentation quotidienne. La liste est la suivante :
→ les céréales contenant du gluten de type blé, orge ou encore avoine
→ les crustacés
→ les œufs
→ les arachides
→ les poissons
→ le soja
→ le lait, y compris le lactose
→ les fruits à coques
→ le céleri
→ la moutarde
→ les graines de sésame
→ le lupin
→ les mollusques
→ les sulfites et anhydride sulfureux
Certains produits issus de ces allergènes ne sont toutefois pas soumis à cette obligation (la gélatine de poisson et le sirop de glucose à base d’orge ou de blé ne sont pas concernés par exemple).
Par ailleurs, une personne peut développer des allergies à plusieurs substances en même temps. En effet, une personne allergique est souvent prédisposée à déclarer plusieurs allergies au cours de sa vie, soit en même temps, soit l’une après l’autre. C’est d’ailleurs le cas de 80% des personnes allergiques, qui auraient en moyenne 3 allergènes distincts (Dawn : A titre d’exemple, enfant, j’étais allergique au lait et à certaines marques de lessive — on n’a jamais su quelle molécule était en cause exactement — et aujourd’hui, je suis allergique au pollen de bouleau et à la majorité des produits cosmétiques). On remarque par ailleurs que chez les enfants, les allergies alimentaires — notamment liées au lait et aux œufs — ont tendance à disparaître avec l’âge ou, du moins, à s’atténuer pour ne devenir qu’une intolérance. De même, on estime que l’allergie aux arachides disparaît dans 20% des cas en grandissant.
LES SYMPTÔMES
Avant l’apparition des premiers symptômes, on observe une phase dite de sensibilisation. Durant cette période, qui constitue le premier contact avec l’allergène, aucun signe n’est visible. Le corps va identifier l’allergène grâce à la production d’anticorps — des protéines permettant de reconnaître les pathogènes — spécifiques appelés immunoglobulines E (IgE). Ces molécules reconnaissent la substance allergisante en se fixant à des cellules des muqueuses (cellules formant le tissu protégeant l’intérieur de la bouche, les narines, l’intérieur des parties uro-génitales et le tube digestif). Elles vont également être responsables de la réaction immunitaire qui découle de l’exposition : en reconnaissant l’allergène, les IgE vont déclencher la réponse immunitaire en libérant un médiateur chimique, l’histamine, qui va entraîner une réaction inflammatoire et l’apparition des premiers symptômes, le but étant pour le corps de se débarrasser de cet agresseur supposé.
Cette phase possède une durée variable selon l’allergène en question et l’individu, mais n’apparaît qu’une seule fois au cours de la vie de la personne. Ensuite, à chaque exposition à l’élément provoquant l’allergie, le corps va immédiatement le reconnaître grâce aux IgE présents dans les muqueuses, qui vont stimuler les cellules immunitaires et déclencher la réponse immédiate du corps face à la présence de la substance allergisante. C’est ce qu’on appelle la phase de révélation.
Bien que les allergies soient nombreuses et variées, elles possèdent en général les mêmes symptômes, ce qui facilite leur diagnostic. On peut les classer en plusieurs catégories :
→ les symptômes respiratoires, qui incluent la rhinite (nez bouché, éternuements et écoulements), la toux et l’asthme dans les formes les plus sévères d’allergie ;
→ les symptômes digestifs, tels que les vomissements et les diarrhées ;
→ les symptômes cutanés, comme l’eczéma ou l’urticaire ;
→ les conjonctivites.
Souvent, les allergies possèdent plusieurs symptômes en même temps. Par exemple, l’allergie au pollen se caractérise par une rhinite et des conjonctivites, parfois par de l’asthme, alors que les allergies alimentaires présentent plutôt des symptômes digestifs et des crises d’eczéma. Ces symptômes sont par ailleurs plus ou moins forts selon l’individu et l’exposition à l’allergène (en durée et en quantité d’allergène), et apparaissent en moyenne dans l’heure qui suit le contact avec la substance allergisante.
Il arrive parfois que des réactions plus sévères se déclenchent, pouvant être mortelles pour la personne si elles ne sont pas prises en charge rapidement. On peut par exemple observer des chocs anaphylactiques : la personne est prise de vertige, avant de ressentir des démangeaisons sur tout le corps. Puis, elle peut développer des gonflements ainsi que des difficultés respiratoires et finir par perdre connaissance. Dans ce cas, une injection d’adrénaline est nécessaire et il est fortement recommandé aux personnes pouvant faire des chocs anaphylactiques d’avoir toujours une seringue d’adrénaline auto-injectable sur soi. Ces réactions sont le plus souvent dues à des piqûres d’insectes, la consommation de fruits à coque ou certains médicaments, mais tout allergène peut engendrer un choc.
L’autre forme de réaction sévère est l’œdème de Quincke. Elle se caractérise par un gonflement rapide des muqueuses des voies respiratoires (souvent au niveau du cou), pouvant entraîner l’asphyxie. Elle peut également toucher toute autre partie de la tête, comme les lèvres, le visage ou les yeux. Si elle touche le larynx et la bouche, la situation doit être prise en charge très rapidement, car les risques d’étouffement sont plus importants. Tout comme le choc anaphylactique, il est nécessaire d’injecter une dose d’adrénaline pour calmer les symptômes.
Toutefois, il existe un cas particulier d’allergie : l’allergie retardée. Ce cas d’allergie peut toucher tout le monde, que l’on soit prédisposé·e ou non, et implique des cellules spécifiques du système immunitaire : cette fois-ci, pas d’anticorps IgE en jeu, mais des lymphocytes T (variété de globules blancs). Dans l’allergie retardée, les symptômes apparaissent souvent 48 heures après le contact avec l’allergène, sous la forme d’un eczéma de contact. On a alors l’apparition de rougeurs, voire des petites cloques, ainsi qu’une sensation de démangeaison à l’endroit du contact avec l’allergène.
POURQUOI SOMMES-NOUS ALLERGIQUES ?
À l’heure actuelle, nous ne savons pas avec exactitude ce qui fait qu’une personne peut devenir allergique ou non, même si on suppose qu’il existe une prédisposition génétique. En effet, des mutations génétiques spécifiques sont présentes chez les individus allergiques et on estime qu’une personne dont les deux parents sont allergiques a 40 à 60% de risque d’être elle-même allergique, contre 5 à 15% chez les personnes sans parent allergique. Cette prédisposition génétique est plus couramment appelée atopie.
Toutefois, on remarque de nos jours une augmentation du nombre de personnes allergiques chaque année. En France, on estime que cela représente 25 à 30% de la population aujourd’hui et cette proportion aurait augmenté au cours des trente dernières années. Cette augmentation étant bien trop importante pour reposer uniquement sur le facteur génétique, on en déduit que l’environnement joue également un rôle dans l’apparition des allergies.
Qu’est-ce qui peut bien provoquer cette croissance ? Plusieurs facteurs entrent en compte.
Tout d’abord, notre mode de vie. Enfant, c’est à cette période que nous forgeons notre système immunitaire, en apprenant très tôt à notre corps à reconnaître les pathogènes contre lesquels se protéger. Cependant, notre lieu de vie étant de plus en plus propre, nous sommes de moins en moins exposé·es aux micro-organismes et, par conséquent, aux allergènes, ce qui favorise la sensibilité à l’âge adulte.
De même, notre consommation de médicaments a, elle aussi, évolué. Nous avons davantage tendance à prendre des médicaments, ce qui peut favoriser l’allergie médicamenteuse d’une part, et affaiblir notre système immunitaire d’autre part. Il est en effet avéré que la prise précoce d’antibiotiques fragilise le système immunitaire et favorise la sensibilité aux allergènes.
Enfin, le dérèglement climatique entre en compte, notamment pour l’allergie au pollen. En provoquant un allongement de la période de pollinisation grâce aux températures plus clémentes tout au long de l’année, les pollens deviennent également plus nombreux, et leurs propriétés allergisantes s’en trouvent exacerbées.
La pollution de l’air peut, quant à elle, aggraver les réactions allergiques en irritant davantage le système respiratoire.
DIAGNOSTIC, TRAITEMENT ET DÉSENSIBILISATION
Pour diagnostiquer une allergie, plusieurs solutions sont possibles. Tout d’abord, il est essentiel de faire un examen chez un·e médecin généraliste, qui déterminera si une réaction est allergique ou non. Pour cela, iel prêtera attention au terrain génétique (présence d’antécédents familiaux ou non), la fréquence à laquelle ces symptômes apparaissent et si un élément déclencheur a été identifié (par exemple, la personne présente ces symptômes dès qu’elle entre en contact avec de la poussière).
Pour confirmer le diagnostic, il est possible de réaliser des analyses de sang, notamment pour doser la quantité d’anticorps IgE, puisqu’en cas d’allergie ces anticorps sont présents en grand nombre.
Si la réaction allergique est avérée, mais que l’allergène n’est pas clairement identifié, la réalisation d’un test cutané peut aider à déterminer la substance responsable. Ce test, réalisé chez un·e allergologue, consiste à administrer plusieurs allergènes spécifiques sur la peau par piqûre, afin de déclencher une réaction cutanée (prenant souvent la forme d’une rougeur et d’un léger gonflement à l’endroit de la piqûre, 15 à 20 minutes après). Les allergènes sont dilués dans un liquide et administrés sous la forme d’une goutte, afin d’avoir une réaction suffisamment visible pour l’identifier. Deux gouttes tests sont également administrées, dans le but d’avoir les résultats positif et négatif de référence.
Bien que ce test permette d’identifier la majorité des allergènes, il n’est pas fiable à 100%, du fait de la présence potentielle de faux positifs (la personne réagit à l’allergène alors qu’elle n’y est pas allergique).
Dans le cas où aucun allergène n’est identifié par test cutané, on peut procéder à une intradermoréaction, qui consiste cette fois-ci à injecter l’allergène et la solution témoin sous la peau à l’aide d’une aiguille. Ce test est bien plus sensible que le test cutané et donc, plus fiable.
Lorsque l’allergie est identifiée, le traitement est mis en place. En général, on recommande aux personnes allergiques d’éviter tout contact avec l’allergène autant que possible. Mais lorsque cela est impossible, comme c’est le cas pour les pollens, acariens et autres allergènes aériens, cela implique la prise de médicaments. Si les symptômes sont légers, la prise d’antihistaminiques suffit à inhiber les réactions immunitaires. Si les antihistaminiques sont inefficaces, d’autres médicaments peuvent être prescrits, comme des corticoïdes, le but étant le même. Un traitement des symptômes est également prescrit, notamment du collyre anti-inflammatoire pour les conjonctivites allergiques ou encore du spray nasal pour les éternuements.
Si l’allergie peut provoquer des symptômes plus graves, il est toujours recommandé d’avoir un traitement d’urgence sur soi tel que des injections d’adrénaline pour les chocs anaphylactiques ou de la ventoline pour les crises d’asthme.
Pour certaines allergies, une désensibilisation est possible. Cette thérapie consiste à administrer l’allergène spécifique par petites doses pour désensibiliser le corps et ainsi réduire les réactions allergiques. À chaque prise, la dose est augmentée progressivement jusqu’à atteindre la dose responsable de l’allergie, autrement dit la dose à laquelle la personne a les mêmes symptômes que lors d’une exposition naturelle à l’allergène. Cette dose est appelée dose d’entretien. Les injections se font une à deux fois par semaine jusqu’à la dose d’entretien, puis toutes les 2 à 4 semaines une fois la dose d’entretien atteinte. Elles sont réalisées chez lae médecin et la personne reste une trentaine de minutes après l’injection sous surveillance médicale, car les réactions peuvent parfois être violentes, notamment lorsque la personne est sujette aux chocs anaphylactiques.
On l’utilise principalement pour les allergènes aériens comme les pollens ou les moisissures, dans les cas où il est impossible de les éviter et où les traitements ne sont pas suffisamment efficaces pour prévenir les symptômes. Dans le cas des allergies aux piqûres d’insectes, la désensibilisation permet justement de prévenir les chocs anaphylactiques.
En règle générale, il faut trois à cinq ans pour terminer une désensibilisation complète.
LES ALLERGIES ET LA LITTÉRATURE
Que pourrait apporter les allergies dans vos romans, me direz-vous ? Tout d’abord, cela peut apporter davantage de réalisme, puisque près d’une personne sur quatre est allergique à quelque chose. Si votre histoire est contemporaine, les allergies sont donc courantes et peuvent apporter un plus. Que se passerait-il si votre personnage était allergique à un aliment et que l’un·e de ses ami·es lui préparait un plat qui en contient sans avoir connaissance de cette allergie ? S’imaginerait-iel que son ami·e a essayé de l’empoisonner ou lui pardonnerait-iel ?
Pour un récit de fantasy ou de SF, pourquoi ne pas rendre un personnage allergique à une plante, un matériau propre à votre univers ? Un peu à la manière de Superman avec la kryptonite, cette substance pourrait être un frein dans la quête de votre protagoniste et utilisée à cette fin par ses ennemi·es pour lui nuire.
Les possibilités sont nombreuses, à vous de voir comment les exploiter au mieux !

LES SOURCES :
✺ « Quels allergènes doivent être mentionnés sur un produit alimentaire ? », le 06 novembre 2023 [En ligne] Quels allergènes doivent être mentionnés sur un produit alimentaire | entreprendre.service-public.fr [Consulté le 05 mars 2025]
✺ « Reconnaître une allergie », le 26 février 2025 [En ligne] Reconnaître une allergie | ameli.fr [Consulté le 05 mars 2025]
✺ James Fernandez, « Présentation des réactions allergiques », août 2024 [En ligne] Présentation des réactions allergiques | msdmanuals.com [Consulté le 05 mars 2025]
✺ « Allergies : Un dérèglement du système immunitaire de plus en plus fréquent », le 12 mars 2016 [En ligne] Allergies : Un dérèglement du système immunitaire de plus en plus fréquent | inserm.fr [Consulté le 05 mars 2025]
✺ « Mieux comprendre les allergies » [En ligne] Mieux comprendre les allergies | cerballiance.fr [Consulté le 05 mars 2025]
✺ « Allergie alimentaire : définition et symptômes », le 26 février 2025 [En ligne] Allergie alimentaire : définition et symptômes | ameli.fr [Consulté le 05 mars 2025]
✺ « Allergies : Causes, Symptômes et Traitement », le 21 juillet 2023 [En ligne] Allergies : Causes, Symptômes et Traitement | medecindirect.fr [Consulté le 05 mars 2025]


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