L’URTICAIRE

Article rédigé par Dawn

Cet article n’a pas pour vocation d’établir un diagnostic médical ou psychiatrique. En cas de doute ou de souffrance psychologique, il est essentiel de contacter un·e professionnel·le de la santé qualifié·e ou d’encourager la personne concernée à le faire.

Avez-vous déjà eu cette sensation de démangeaison, accompagnée de la formation de petites plaques rouges sur le corps, qui ne dure que quelques heures avant de totalement disparaître ? Si vous vous êtes déjà fait piquer par des orties par exemple, vous voyez très bien de quoi je parle. On dit que les feuilles de cette plante sont urticantes, adjectif qui a donné son nom à ce problème de peau très fréquent dont nous allons parler aujourd’hui : l’urticaire.

COMMENT APPARAÎT L’URTICAIRE ?

Le terme “urticaire” vient du latin urticaria, un terme dérivé du mot urtica qui signifie “ortie” : les premières manifestations de cette réaction cutanée ayant été observées après contact avec cette plante, elle lui a finalement donné son nom. Et aujourd’hui encore, les piqûres d’ortie sont une des causes les plus courantes d’urticaire. On estime que, dans le monde, une personne sur cinq a déjà subi une crise d’urticaire au cours de sa vie.

Concrètement, l’urticaire se présente sous la forme de plaques rougeâtres et légèrement boursouflées sur la peau, souvent à l’endroit où il y a eu contact avec la substance irritante, mais dans certains cas cela peut toucher l’ensemble du corps. À cela vient s’ajouter de fortes démangeaisons, parfois même une sensation de brûlure ou de picotement au niveau des plaques. 
Dans de rares cas, l’urticaire peut atteindre les muqueuses (lèvres et paupières principalement), qui vont alors se mettre à gonfler : c’est ce que l’on appelle un angio-œdème. De la même manière que pour les allergies, cet œdème est sans gravité à partir du moment où il ne touche pas les voies respiratoires. L’angio-œdème est d’ailleurs courant dans le cas des urticaires allergiques. 

L’ensemble des symptômes est dû à une cellule du système immunitaire en particulier : le mastocyte. Ces cellules s’activent en réponse à différents éléments déclencheurs – le plus souvent, ce sont des allergènes qui provoquent les réactions – et libèrent une molécule appelée l’histamine, responsable des réactions inflammatoires du corps (Dawn : si le nom de cette molécule vous parle, c’est parce qu’elle est également impliquée dans les allergies !). Lorsque l’histamine est libérée, les vaisseaux sanguins à proximité de la peau se dilatent, ce qui les rend perméables. Du liquide et des cellules vont alors passer des vaisseaux aux tissus présents autour, provoquant un gonflement local : les fameuses plaques d’urticaire. Ce gonflement ne dure en général que quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces, mais cela peut aller jusqu’à quelques jours voire mois selon les cas.


URTICAIRE AIGUE VS URTICAIRE CHRONIQUE

En règle générale, l’urticaire apparaît spontanément sous la forme d’une poussée avant de disparaître quelques heures plus tard. C’est ce qu’on appelle l’urticaire aigu, celui que la majorité des personnes a déjà connu notamment par les piqûres d’orties (mais nous verrons après qu’il existe une multitude d’éléments déclencheurs). Et là encore, on distingue deux sortes : l’urticaire aigu allergique, qui comme son nom l’indique se manifeste lorsque la personne entre en contact avec un allergène, et l’urticaire aigu non allergique, qui désigne tous les autres cas de figure. La crise survient rapidement après le contact avec le facteur déclencheur, et ne dure pas plus de 48 heures.

Mais chez certaines personnes, ces poussées d’urticaire sont fréquentes et surtout plus longues : tous les jours ou tous les 2-3 jours pendant plus de 6 semaines, avant de disparaître après plusieurs mois ou années. L’urticaire chronique n’est jamais d’origine allergique, contrairement à l’urticaire aigu, et est plus difficile à traiter. En effet, pour traiter efficacement cette forme d’urticaire, il faut d’abord en déterminer la cause et la guérir, ce qui n’est pas toujours évident. Les cas les plus fréquents et dont la cause est identifiable sont liés à des maladies auto-immunes ou des infections virales, bien que d’autres facteurs puissent entrer en jeu, comme le stress. 
Souvent, l’urticaire chronique est signe d’une prédisposition à des réactions cutanées, et synonyme d’un système immunitaire fragilisé au niveau des mastocytes qui présentent une sensibilité exacerbée.

QU’EST-CE QUI PEUT PROVOQUE UN URTICAIRE ?

L’urticaire peut survenir de différentes manières. Comme vu juste au-dessus, son origine peut être allergique ou non. Souvent, dans le cas des urticaires allergiques, cela est lié à une allergie alimentaire, cutanée ou aux piqûres d’insectes, mais si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous invite à lire notre article dédié à ce sujet. 
Dans les cas des urticaires non allergiques, les crises sont provoquées par des produits ingérés, inhalés ou injectés auxquels le corps réagit sans pour autant que cela soit une réaction allergique. C’est souvent le cas avec certains médicaments qui libèrent de l’histamine. Certaines infections virales, comme la grippe ou l’hépatite, peuvent également être à l’origine de crises d’urticaire.
Toutefois, la forme la plus courante reste l’urticaire de contact : en entrant en contact direct avec une substance irritante issue d’un produit ménager, d’une plante ou encore d’un animal tel que la méduse, des plaques d’urticaire apparaissent sur la partie du corps qui a touché l’objet. 

D’autres éléments, souvent d’origine physique, sont en mesure de provoquer des crises qui se manifestent quelques minutes seulement après l’exposition. Parmi ces déclencheurs, on retrouve : 
→ les frottements ;
→ la pression (exemples : vêtements trop serrés, station assise sur une selle de vélo pendant une longue durée…). Dans ce cas, les symptômes surviennent bien après le contact et peuvent donner lieu à un urticaire chronique ;
→ le froid ou à l’inverse le chaud ;
→ le soleil (c’est ce qu’on appelle plus communément l’allergie au soleil) ;
→ les vibrations.

Enfin, un dernier élément déclenchant – ou aggravant – l’urticaire est le stress. Il constitue l’une des causes majeures d’urticaire chronique après les maladies auto-immunes (Dawn : j’en ai moi-même eu durant mes études supérieures. Pendant toute l’année scolaire, j’avais des plaques d’urticaire au niveau des coudes, et cela se calmait pendant les vacances avant de recommencer l’année suivante…).

LES TRAITEMENTS

Pour traiter les crises d’urticaire, il peut y avoir plusieurs manières de procéder.

La première, si on connaît l’élément déclencheur, va être de limiter au maximum l’exposition à ce facteur, bien que cela ne soit pas toujours possible comme c’est le cas si on fait des crises à cause du soleil ou des changements de température. De même dans certaines professions, notamment celles qui nécessitent l’utilisation de produits irritants : il est difficile d’éviter les contacts, même si on peut prendre des précautions comme utiliser des gants (l’urticaire est d’ailleurs reconnu comme une maladie professionnelle dans ces cas de figure). Les métiers concernés sont surtout les métiers liés à la santé ou l’alimentation (protéines animales et végétales, médicaments, désinfectants), mais aussi les coiffeurs·euses (produits de coloration).

Lorsque l’évitement n’est pas possible, lae médecin peut prescrire des antihistaminiques pour diminuer les démangeaisons provoquées par les plaques, ainsi que des anti-inflammatoires ou des corticoïdes – souvent sous forme de pommade – pour atténuer l’inflammation. 

Toutefois, l’utilisation d’un traitement médical n’est pas toujours nécessaire du fait de la courte durée des crises qui sont sans gravité. Lorsque l’on se fait piquer par des orties, ou que le frottement de notre pull sur les bras provoque des plaques, il suffit juste d’attendre que la crise passe ! En revanche, si les plaques se transforment en angio-œdème, ou qu’elles sont liées à une allergie, il est impératif de contacter un·e médecin pour être pris·e en charge rapidement afin de limiter les risques que cela se transforme en œdème de Quincke ou en choc anaphylactique.

L’autre raison qui peut pousser une personne à consulter un·e médecin généraliste est que l’urticaire est chronique : le but des consultations sera alors de mettre en place le traitement pour calmer la crise, mais surtout de déterminer la cause sous-jacente afin de la traiter en priorité pour éviter les récidives.

L’URTICAIRE DANS LITTÉRATURE

Dans la littérature, on ne parle pas souvent de l’urticaire. Pourtant, comme expliqué plus tôt, c’est un problème de peau très fréquent. C’est donc quelque chose qui peut être évoqué de manière anecdotique : votre personnage se balade en forêt et se retrouve par mégarde au milieu des orties ? Vous pouvez expliquer comment il calme les brûlures que cela provoque une fois de retour chez lui. 
Si vous écrivez de la fantasy avec une faune et une flore totalement imaginées, vous pouvez très bien créer un animal ou une plante qui produit une substance provoquant de l’urticaire pour se protéger ! Cela ne fera que donner davantage de réalisme à votre univers, puisque de nombreux animaux et végétaux utilisent ce mécanisme de défense : les chenilles processionnaires, les méduses, les orties, les boutons d’or…
Il y a plein de manières originales d’amener l’urticaire dans son univers, sans que cela paraisse forcé. À vous de jouer !

LES SOURCES :

✺ « Urticaire : symptômes et causes », le 26 février 2025 [En ligne] Urticaire : symptômes et causes | ameli.fr [Consulté le 22 août 2025]
✺ « Urticaire (crise) : Causes, symptômes et traitements » [En ligne] Urticaire (crise) : causes, symptômes et traitements | elsan.care [Consulté le 22 août 2025]
✺ Thomas M. Ruenger, Joseph F. Merola, « Urticaire », avril 2025 [En ligne] Urticaire | msdmanuals.com [Consulté le 22 août 2025]
✺ « Qu’est-ce que l’urticaire ? » [En ligne] Qu’est-ce que l’urticaire | thermofisher.com [Consulté le 22 août 2025]
✺ « Urticaires de contact d’origine professionnelle », 3e trimestre 2007 [En ligne] Urticaires de contact d’origine professionnelle (pdf) | inrs.fr [Consulté le 22 août 2025]

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