LE SYNDROME DE RENFIELD

Article rédigé par Edda Charon

DISCLAIMER : Cet article contient un trigger warning qui peut mettre mal à l’aise : la relation avec le sang. Pour votre bien-être, si vous n’êtes pas à l’aise avec ce sujet, nous vous  déconseillons de lire cet article.
Cet article n’a pas pour vocation d’établir un diagnostic médical ou psychiatrique. En cas de doute ou de souffrance psychologique, il est essentiel de contacter un·e professionnel·le de la santé qualifié·e ou d’encourager la personne concernée à le faire.

Qui n’a pas déjà été fasciné·e par les vampires, le vampirisme en général et leur besoin de se sustenter de notre sang pour survivre ? D’Orlok (Nosferatu) à Carmilla, en passant par Lestat, sans omettre le cultissime Dracula, le vampire fascine ! Pourtant, très loin d’être une mode ou un caprice, le syndrome de Renfield peut avoir de graves conséquences pour la personne concernée.

DÉJÀ, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le syndrome de Renfield est un terme qui a été employé en 1992 par le psychologue américain Richard Noll, afin de requalifier le vampirisme clinique dans ses travaux. Il se caractérise par un besoin de boire du sang. Certaines personnes, d’ailleurs, pourraient qualifier ça comme étant un fétichisme sanguin. Mais qu’en est-il réellement ?

De ce que l’on sait, le syndrome apparaitrait dès l’enfance. En effet, de nombreux bambins ont le réflexe de porter une plaie à la bouche et, par conséquent, de goûter à leur propre sang. Si, pour la majorité, ce geste reste bénin et sans conséquence, pour d’autres, il peut en être tout autre. En effet, pour certains enfants, ce goût peut déclencher une sorte d’excitation et c’est petit à petit qu’ils peuvent développer ce syndrome. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est vivement conseillé que l’enfant parle à un·e psychanalyste, dès lors qu’un parent note le goût un peu trop prononcé du sang.

Malheureusement, le syndrome de Renfield est très méconnu dans le paysage médical et ne figure pas dans le DSM-V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Pour autant, il est très important que les recherches continuent, afin de mieux comprendre ce syndrome.

LES DIFFÉRENTS STADES D’ÉVOLUTION

À l’heure actuelle, il est affirmé qu’il existe quatre différents stades d’évolution du syndrome : 
→ Premier stade : durant l’enfance, le goût du sang est attirant et l’individu se met à le sucer dès que l’occasion se présente. (Edda : Attention, ce stade est très fréquent chez l’enfant, car c’est le moment où il est le plus curieux) ;
→ Deuxième stade : à l’adolescence, l’attirance pour le sang commence à s’associer à une forme de plaisir, et il va consommer son propre sang. C’est l’auto-vampirisme ;
→ Troisième stade : la zoophagie. La personne souffre du syndrome de Renfield et a soif de sang. Sa consommation ne se limite pas au sien, mais peut être celui d’un animal comme un chat ou un chien ;
→ Quatrième stade : la personne se sustente maintenant du sang d’autres humains. La personne concernée peut devenir extrême dans sa méthode pour avoir ce sang. Elle peut donc aller jusqu’au meurtre, si cela s’avère nécessaire.

VAMPIRISME CLINIQUE, SYNDROME DE RENFIELD, VRAIMENT LA MÊME CHOSE ?

Vous pourriez être amené·e à croire que le vampirisme clinique et le syndrome de Renfield sont la même chose. Et vous auriez tort. Ce qu’il est important de comprendre est que le psychologue Richard Noll, dont nous avons parlé plus tôt, a renommé le vampirisme clinique par syndrome de Renfield en référence à un personnage d’un roman cultissime. Ledit personnage est tiré du roman « Dracula » de Bram Stoker et est obsédé par l’idée d’absorber le plus de vie possible (Edda : il faut comprendre par là que le roman parle de se nourrir de sang comme Dracula dont il devient, malgré lui, le serviteur), ce qui ne correspond pas au vampirisme clinique. Le vampirisme clinique est un trouble mental lié à une comorbidité, aussi peu connu que le syndrome de Renfield. Et selon le site Amino : « Le vampirisme clinique est le symptôme le plus grave dans le syndrome de Renfield, mais peut exister en dehors de ce syndrome, notamment dans le cadre d’une psychose comme dit au début. » Ainsi, le site Écoute-psy a réalisé un tableau présentant les différences entre le syndrome de Renfield et le vampirisme clinique que nous vous présentons ci-dessous :

Des études indiquent aussi que certaines personnes concernées par le vampirisme clinique ne ressentent ce besoin, non pas pour le plaisir, mais parce qu’elles sont persuadées que leur corps ne crée pas de sang et qu’elles doivent absolument s’en sustenter pour survivre.


QU’EST-CE QUI PEUT DÉVELOPPER CE SYNDROME ?

Les études réalisées révèlent que de nombreuses personnes peuvent développer le syndrome de Renfield – durant l’enfance ou à l’âge adulte, les résultats des recherches sont encore trop maigres pour le savoir – après des événements traumatisants, des épisodes psychotiques. Il semblerait que le syndrome pourrait s’accompagner du trouble de la schizophrénie (voir article). 

Malheureusement, le syndrome de Renfield reste encore sujet à débat entre les professionnel·les de la santé et ne figure même pas sur le site MSD Manuals, site qui recense toutes les maladies, tous les syndromes, tous les troubles, etc. De plus, du fait de sa rareté, les études sont difficiles, car chaque cas est unique. Tout ce que l’on sait, c’est que son apparition peut être due à des influences environnementales, psychologiques ou même biologiques.

Cependant, il a été noté que la préexistence d’une maladie mentale est tout de même très fréquente, comme par exemple le trouble de la personnalité.

UN IMPACT NÉGATIF SUR LA VIE SOCIALE

Les personnes concernées par le syndrome de Renfield éprouvent très souvent de la stigmatisation et ont de gros problèmes concernant les relations interpersonnelles. Sans trop de surprise, leur comportement peut entraîner de violents conflits avec leurs proches, qui sont en totale incompréhension et qui rejettent fortement cette obsession. De plus, le fait que la personne concernée ait beaucoup de mal à expliquer cette forte compulsion n’aide pas non plus.

Ainsi, il n’est pas étonnant de constater que la personne concernée se replie sur elle-même, créant un sentiment d’isolement et de solitude. Mais ce syndrome n’impacte pas que la vie familiale, loin de là. Elle peut aussi avoir des conséquences sur la vie sociale, professionnelle, etc.

LES TRAITEMENTS POUR GUÉRIR DU SYNDROME DE RENFIELD

Comme expliqué plus haut, il est vivement conseillé d’emmener la personne concernée consulter une·e thérapeute ou un·e psychanalyste le plus tôt possible (dès l’enfance) afin qu’elle puisse être suivie avant qu’elle ne progresse vers les stades suivants.

Selon le site psy-92, l’hypnose serait potentiellement efficace pour la guérison du syndrome de Renfield, mais pas seulement ! L’approche peut être pluridisciplinaire. Les thérapies cognitives, associées à celles comportementales, peuvent aider la personne. De plus, si ces deux thérapies s’accompagnent de traitements médicaux et surtout (!) d’un suivi psychologique continu, alors les résultats peuvent être plus que probants. En effet, sans aucune intention de dénigrer l’hypnose, la thérapie est véritablement cruciale si la personne concernée souhaite faire en sorte de retrouver une certaine normalité dans sa vie.

L’IMPORTANCE D’ÉDUQUER SUR LE SYNDROME DE RENFIELD

Le but n’est pas d’éduquer les enfants ou les adolescents·es sur ce syndrome, mais plutôt les parents, afin que ces derniers puissent apprendre à reconnaître les signes et agir au plus tôt.
Mais il est surtout important d’éduquer les professionnel·les de la santé, afin que ces dernier·e·s puissent réagir aussi rapidement et efficacement que possible. Ainsi, l’accessibilité aux soins serait plus facile pour les personnes concernées.

LE SYNDROME DE RENFIELD DANS LA LITTÉRATURE ?

On pourrait penser que le syndrome de Renfield se retrouve assez facilement dans la culture populaire, surtout le vampirisme à en croire toutes les histoires autour de ces fameux vampires, que ce soit dans les livres, les films, les jeux vidéos, la musique… mais est-ce réellement le cas ? Peut-on vraiment associer le vampire au syndrome de Renfield ? Et pourquoi pas plutôt le vampirisme clinique ?
À l’heure actuelle, le seul roman qui pourrait faire mention de ce syndrome serait celui du célèbre auteur Bram Stoker dans son non moins célèbre roman Dracula. On y trouve le personnage Renfield qui, selon un autre personnage, le docteur John Seward « est un maniaque homicide d’une espèce particulière ». Il précise même : « Je vais devoir inventer une nouvelle classification pour son cas – je l’appellerai un maniaque zoophage. Il ne désire rien que d’absorber le plus de vie possible. »Dans le film Morbius, le personnage principal devient un vampire suite à des recherches scientifiques avec des chauves-souris, dans le but de guérir d’une maladie qui le tue à petit feu. Malheureusement, le médicament le change en un être dépendant du sang.


ET POURQUOI PAS DANS VOTRE ROMAN ?

L’usage de ce syndrome peut effectivement s’avérer compliqué, du fait de son besoin de se nourrir du sang. Ainsi, il ne pourrait se prêter qu’à très peu de genres littéraires, et pas les plus légers. Peut-être que votre personnage principal pourrait être le véritable méchant de l’histoire ou une personne ayant le syndrome de Renfield qui se bat chaque jour pour réfréner ses pulsions. Ces histoires pourraient être intéressantes. Si vous avez des doutes, que le syndrome de Renfield ou le vampirisme clinique vous intéressent pour l’un de vos personnages, n’hésitez pas à demander l’avis à des personnes concernées qui accepteront de répondre à vos questions.

LES SOURCES :

✺ R. Oppenheimer, « Syndrome de Renfield : présentation du syndrome », le 10 février 2020 [En ligne] Syndrome de Renfield : présentation du syndrome | psy-92.net [Consulté le 05 septembre 2025]
✺ Rodrigue, « Comprendre le syndrome de Renfield : un phénomène fascinant du vampirisme psychologique », le 23 février 2025 [En ligne] Comprendre le syndrome de Renfield : un phénomène fascinant du vampirisme psychologique | ecoute-psy.com [Consulté le 05 septembre 2025]
✺ Charly, « Le vampirisme, un trouble mental ? », le 24 janvier 2021 [En ligne] Le vampirisme, un trouble mental ? | aminoapps.com [Consulté le 05 septembre 2025]

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