Article rédigé par Dawn

Les pathologies cardiaques sont nombreuses et diverses : malformations, tachycardie, infarctus du myocarde, hypertension… Si certaines maladies nécessitent des traitements médicamenteux, d’autres requièrent une intervention chirurgicale. Toutefois, lorsque la pathologie concerne le rythme cardiaque, on peut avoir recours cette fois-ci à un dispositif médical particulier : le pacemaker.
QUAND UTILISE-T-ON UN PACEMAKER ?
Notre cœur est l’un des muscles les plus importants de notre organisme : en se contractant à un rythme régulier, il permet au sang de circuler dans tout notre corps, agissant à la manière d’une pompe pour transporter l’oxygène jusqu’à chacune de nos cellules. Il est composé de quatre parties, allant par paires : les ventricules, qui contiennent le sang, et les oreillettes, qui sont les portes d’entrée et de sortie du cœur vers le reste de l’organisme. Lorsque le cœur réalise un “battement”, il reçoit en réalité des impulsions électriques de la part de notre système nerveux autonome, responsable du fonctionnement de tous nos organes essentiels comme le tube digestif ou les poumons. Cette partie du système nerveux va d’abord entraîner la contraction des oreillettes afin de remplir le cœur de sang. Ces impulsions vont ensuite se propager jusqu’au bas du cœur, puis remonter le long des ventricules afin de permettre l’expulsion du sang vers les vaisseaux sanguins. Une contraction correspond à ce qu’on appelle dans le langage courant un battement de cœur.
En moyenne, notre cœur a une fréquence comprise entre 60 et 100 battements par minute sans activité physique. Certains individus peuvent être au-dessus, d’autres en-dessous, mais si tel est le cas, il est nécessaire de s’assurer qu’aucune pathologie n’est responsable de cet écart. En effet, certaines maladies cardiaques comme l’hypertension artérielle peuvent entraîner une fréquence plus haute, d’autres une fréquence plus basse. Tant que cela est surveillé par un·e professionnel·le de santé (médecin généraliste ou cardiologue), et éventuellement traité, ce n’est pas inquiétant. Toutefois, la pratique de certaines disciplines sportives comme la course ou la plongée en apnée peuvent entraîner une faible fréquence cardiaque sans que cela ne soit pathologique.
En revanche, même si la fréquence est inférieure ou supérieure à la moyenne, elle doit rester régulière : la même fréquence toutes les minutes sans changer d’environnement (le stress peut par exemple provoquer une augmentation du rythme cardiaque). Il existe ainsi des troubles cardiaques qui influent sur le rythme du cœur : les bradyarythmies et les tachyarythmies. D’origine congénitale (présent depuis la naissance) ou liées à la vieillesse, ces pathologies conduisent au même résultat : un rythme cardiaque trop faible ou trop élevé par rapport à la moyenne, parfois irrégulier, et qui peut présenter des risques pour l’individu. Souvent, ces troubles sont liés à une mauvaise conduction des impulsions électriques, soit dans les nerfs en amont du cœur, soit dans le cœur lui-même.
Lorsque l’on se trouve en présence d’une bradyarythmie importante (fréquence largement inférieure à 60 battements par minute), ou d’une mauvaise transmission des impulsions électriques entre les ventricules et les oreillettes provoquant l’arrêt provisoire du rythme (Dawn : typiquement ce qu’on appelle “rater un battement”), læ cardiologue peut proposer l’implantation d’un pacemaker pour rétablir une fréquence cardiaque normale. En effet, le pacemaker, aussi appelé stimulateur cardiaque, est un dispositif médical relié au cœur qui détecte les impulsions électriques grâce à des électrodes afin de surveiller le rythme cardiaque, et qui peut lui-même envoyer une impulsion électrique le cas échéant.
L’implantation d’un pacemaker peut également être recommandée après un infarctus du myocarde ou une transplantation cardiaque.
STIMULATEUR CARDIAQUE : QUAND LA MACHINE PREND LE RELAIS
Concrètement, qu’est-ce qu’un pacemaker ? Ce dispositif se présente sous la forme d’un petit boîtier étanche et équipé d’une pile jouant le rôle de stimulateur – souvent implanté au niveau de la clavicule -, et d’une ou deux sondes de stimulation reliées au cœur à travers les veines. Un stimulateur peut fonctionner pendant 10 à 15 ans sans problème, mais une surveillance régulière est tout de même nécessaire afin de prévenir toute usure prématurée du dispositif.


Il existe plusieurs types de pacemakers, dont certains ne disposant pas de sondes, mais les pacemakers “sentinelles” sont les plus courants du fait de leur double fonction : surveiller le rythme cardiaque, et stimuler le cœur si besoin. En effet, les deux sondes reliées au cœur permettent de surveiller le rythme cardiaque, donnant à ce type de pacemaker le nom de pacemaker “sentinelle”. On estime d’ailleurs que près de 75 000 pacemakers sentinelles sont implantés chaque année en France.
Même s’il existe plusieurs types de pacemakers ayant tous les mêmes fonctions, chaque appareil est pour ainsi dire unique puisque son fonctionnement est personnalisé selon la pathologie de la personne. Les médecins ont au préalable déterminé une valeur seuil sous laquelle la fréquence cardiaque ne doit pas descendre. Si cela se produit, les sondes le détectent aussitôt et transmettent l’information au stimulateur, qui va alors envoyer une impulsion électrique pour provoquer artificiellement la contraction du cœur. On peut ainsi traiter les arythmies lentes – raison la plus courante – en permettant la prise de relais du pacemaker si le cœur rate un ou plusieurs battements. Les tachyarythmies peuvent également être traitées grâce au pacemaker, bien que cela soit plus rare : une série d’impulsions est envoyée au coeur lorsqu’une hausse de la fréquence cardiaque associée à une arythmie est détectée afin de normaliser la fréquence et la faire redescendre progressivement.
Les pacemakers sans sondes, quant à eux, sont directement implantés au niveau du ventricule droit du cœur grâce à un cathéter passé au niveau de l’aine, mais ils sont encore peu utilisés.
INTERVENTION ET SUIVI MÉDICAL POUR UN RETOUR À LA VIE NORMALE
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pose d’un pacemaker est une opération assez simple et rapide. L’opération dure en moyenne une heure, et peut se faire sous anesthésie locale : læ chirurgien·ne pratique une petite incision sous la clavicule pour pouvoir y loger le boîtier (qui ne mesure pas plus de 4 cm de diamètre pour une épaisseur de 6 à 8 mm), et faire circuler les sondes à travers une veine pour atteindre le cœur. L’ensemble est ensuite relié et la plaie est refermée avec des points de suture. Læ patient·e reste 2 à 3 jours sous surveillance à l’hôpital afin de s’assurer qu’il n’y a eu aucune complication : la formation d’un hématome au niveau de l’emplacement du pacemaker, le déplacement de la sonde, une infection (qui peut survenir bien plus tard) ou encore un pneumothorax (présence anormale d’air au niveau de la cavité pleurale, paroi protégeant les poumons, pouvant entraîner un décollement du poumon et une diminution de son volume). Ces complications sont rares, mais les risques sont tout de même présents.
Une fois sorti·e de l’hôpital, læ patient·e devra surveiller sa cicatrice durant les premiers jours afin de repérer toute anomalie (rougeur, gonflements, sensations douloureuses au niveau du bras…). Durant le premier mois, afin d’optimiser la cicatrisation, il est également recommandé de ménager le bras du côté où le boîtier a été implanté : ne pas soulever de charge lourde avec ce bras, ne pas le lever plus haut que l’épaule et éviter tout mouvement répété . On suggère également aux personnes opérées d’attendre un mois avant de reprendre le volant, du fait de la ceinture de sécurité qui peut appuyer sur la cicatrice.
Dans les trois mois suivant l’opération, une visite de contrôle sera réalisée afin de s’assurer du bon fonctionnement du pacemaker, puis ces visites devront avoir lieu tous les 6 mois à un an avec un·e cardiologue spécialisé·e. Si la pile du pacemaker s’use et a besoin d’être changée, une intervention chirurgicale sous anesthésie locale est nécessaire : une petite incision est réalisée au niveau du boîtier pour y accéder et ainsi changer la pile.
La pose d’un pacemaker permet de reprendre une vie normale, mais demande toutefois plusieurs précautions :
→ Il est nécessaire d’avoir sur soi une carte de porteur•euse de pacemaker, remise par l’équipe soignante après l’intervention, qu’il faudra présenter au personnel de l’aéroport par exemple car le passage du portique de sécurité peut interférer avec le fonctionnement du pacemaker. En revanche, cela ne pose pas de problèmes avec les portiques antivols des magasins à partir du moment où on ne stationne pas en-dessous.
→ Le dispositif est sensible aux champs électromagnétiques, certains examens médicaux tels que les IRM ne pourront donc pas être réalisés dans les conditions classiques.
→ La sensibilité à l’électricité est augmentée, il est donc recommandé de ne pas utiliser d’appareils électriques en mauvais état, la soudure à l’arc est interdite et l’utilisation de plaques à induction est à éviter (une distance boîtier-plaque de 50 cm minimum est demandée pour ne pas dérégler l’appareil). En revanche, il n’y a aucune contre-indication pour les fours à micro-ondes et les téléphones portables.
→ La reprise d’une activité sportive est vivement conseillée pour stimuler le cœur, cependant les sports nécessitant des mouvements de bras répétés et de grande amplitude comme le golf ou la natation sont à éviter. De même pour la chasse ou le tir sportif (dans ce cas-là, il est possible de demander à placer le boîtier au niveau du bras qui ne sert pas d’appui au fusil).
LES PACEMAKERS DANS LA LITTÉRATURE
Si votre personnage souffre d’une pathologie cardiaque, vous savez désormais que le pacemaker peut être un traitement possible. Mais pourquoi pas imaginer des spécificités à votre dispositif ? Si vous écrivez de la science-fiction, vous pouvez par exemple imaginez des pacemakers connectés, qui sont contrôlés depuis un smartphone, ou qui peuvent délivrer des substances en plus des impulsions électriques. Est-ce que cela pourrait représenter un danger, une dérive possible ?
Dans un roman plus contemporain, comment le personnage vivrait-il son opération ? Même si la vie quotidienne est peu impactée par l’appareil, peut-être a-t-il dû changer des habitudes pour s’y adapter.
Les choix sont nombreux, à vous de vous approprier ce dispositif pour l’introduire comme vous le souhaitez.

LES SOURCES :
✺ L. Brent Mitchell et Jonathan G. Howlett, « Revue générale des troubles du rythme », février 2025 [En ligne] Revue générale des troubles du rythme | msdmanuals.com [Consulté le 14 octobre 2025]
✺ L. Brent Mitchell et Jonathan G. Howlett, « Stimulateurs cardiaques artificiels », septembre 2024 [En ligne] Stimulateurs cardiaques artificiels | msdmanuals.com [Consulté le 14 octobre 2025]
✺ Hôpital Paris Saint-Joseph, « PaceMaker : Stimulateur cardiaque et défibrillateur » [En ligne] Stimulateur cardiaque et défribrillateur | hpsj.fr [Consulté le 14 octobre 2025]
✺ Fédération Française de Cardiologie, « Vivre avec : Stimulateur cardiaque ou pacemaker (PM) », 2022 [En ligne] Vivre avec : Stimulateur cardiaque ou pacemaker (PM) | fedecardio.org [Consulté le 14 octobre 2025]


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