Article rédigé par Edda Charon

Nous en avons déjà tou·te·s parlé et nous avons déjà eu au moins des formations de sensibilisation durant les années du lycée ou à un tout autre moment. Cependant, nous sommes persuadé·e·s qu’il reste tout à fait pertinent de rédiger cet article qui va parler des maladies et des infections sexuellement transmissibles.
DÉJÀ, QU’EST-CE QUE C’EST ?
On tendrait à penser qu’IST (Infection Sexuellement Transmissible) et MST (Maladie Sexuellement Transmissible) sont deux choses très différentes, mais le site Ameli explique le contraire (Edda : malheureusement, sans expliquer pourquoi). Alors, pour bien comprendre l’infime différence entre les deux et pourquoi le terme MST tend à disparaître ces quelques années nous vous proposons cet article.
Maladie Sexuellement Transmissible (MST)
Autrefois appelée « maladie vénérienne », il s’agit d’une maladie infectieuse pouvant être causée par différents germes pathogènes. Comme l’indique très bien le titre, ces maladies se transmettent lors de rapports sexuels non protégés, et ce, peu importe le partenaire. Il peut être aussi intéressant de noter que la MST se transmet par le sang ou encore le lait humain. Une personne porteuse d’une MST peut aussi transmettre cette dernière à son enfant pendant la grossesse ou pendant l’accouchement.
Infection Sexuellement Transmissible (IST)
Comme indiqué plus haut, le terme d’IST remplace petit à petit celui de MST depuis 2009. L’une des probables explications est qu’utiliser uniquement ce terme d’IST incite la population à se faire dépister sans qu’il y ait nécessairement des symptômes pouvant faire suspecter une maladie.
« Par conséquent, la seule différence entre une IST et une MST concerne la terminologie utilisée. » (passage du site Passeport Santé)
QU’EST-CE QUI PEUT PROVOQUER UNE IST (MST) ?
Selon le site Passeport Santé que vous pouvez retrouver dans les sources utilisées, il existe plus d’une trentaine de pathogènes pouvant provoquer une IST (MST) tels que les bactéries, les virus ou encore les parasites.
À côté de cela, l’Organisation Mondiale de la Santé note les huit IST principales :
- la syphilis : apparition d’ulcération non douloureuse au niveau du vagin, du pénis et/ou de l’anus. Non traitée, elle peut entraîner de graves problèmes de santé au niveau du cœur et du cerveau ;
- la gonorrhée : elle est connue sous le nom de blennorragie ou de chaude-pisse. Elle se caractérise principalement par un besoin très fréquent de se rendre aux WC ainsi que des douleurs lors de la miction ;
- la chlamydiose : plus souvent appelée chlamydia, c’est l’une des IST les plus fréquentes dans les pays occidentaux. Pour les personnes nées avec un utérus, il y a des pertes vaginales et des brûlures lors de la miction. Pour les personnes nées avec un pénis : douleurs lors de la miction, écoulement au niveau du pénis et/ou gonflement dans les testicules. Pour les deux : infection rectale qui peut amener à un écoulement et/ou un saignement au niveau du rectum ;
- la trichomonase : elle se manifeste le plus souvent chez les personnes nées avec un utérus par des pertes vaginales ainsi que des démangeaisons et des brûlures ;
- le VHB : plus connue sous le nom d’hépatite B, c’est une maladie qui atteint le foie (Edda : afin de pouvoir effectuer un stage en crèche, il a été obligatoire que je me fasse vacciner contre ce virus) ;
- l’herpès génital : des lésions vésiculaires apparaissent au niveau des parties génitales ;
- le VIH (Edda : qu’on ne présente plus) : Ce n’est ni plus ni moins que le Sida ;
- le papillomavirus humain :il peut provoquer l’apparition de condylomes (aussi appelés “verrues génitales”) et si ce n’est pas efficacement soigné, encourager le développement d’un cancer du col de l’utérus.
Y A-T-IL DES SYMPTÔMES spécifiques aux IST ?
Pas totalement. Du fait du large panel de pathogènes provoquant une IST, les symptômes varient d’une infection à une autre et peuvent même différer selon les organes génitaux. Cependant, il existe tout de même quelques signes pouvant alerter et encourager au dépistage :
- une atteinte des organes génitaux : irritations, démangeaisons, rougeurs, brûlures, lésions, boutons ;
- des pertes inhabituelles au niveau du vagin, de la verge ou de l’anus ;
- des brûlures pendant la miction (Edda : le passage aux WC pour la petite commission) ;
- une dyspaneurie : douleurs et/ou brûlures ressenties lors de rapports sexuels ;
- des douleurs dans le bas-ventre ;
- présence de fièvre et de maux de tête.
COMMENT SE FAIRE DÉPISTER ?
Si une personne souhaite savoir si elle est porteuse d’une IST ou non, il est tout à fait possible de se renseigner auprès d’un·e professionnel·le de la santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme), d’un centre gratuit d’information de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) (Edda : ce site vous indique tous les centres présents en Île-de-France, mais il est possible de chercher pour les autres régions/départements de France Métropolitaine) ou d’un centre de planification et d’éducation familiale (CPEF).
En cas d’infection plus ou moins avancée, la prise en charge variera selon l’agent infectieux impliqué.
Il est aussi important de noter que certaines IST sont curables et d’autres ne le sont pas (Edda : d’où l’importance de se faire dépister assez tôt et de se protéger lors d’un rapport sexuel).
Parmi les IST curables, on trouve la syphilis, la gonorrhée, la chlamydiose et la trichomonase. À l’heure actuelle, des recherches scientifiques sont toujours en cours pour trouver un moyen de guérir efficacement les personnes atteintes du SIDA, de l’herpès génital et de l’hépatite B, mais aussi celles infectées par un papillomavirus humain.
Rappelons que toute personne peut être porteuse d’une IST sans présenter aucun symptôme, donc sans s’en douter, et le transmettre lors d’un rapport sexuel non protégé, par voie sanguine ou par le lait humain (du parent à son nouveau-né).
QUELQUES CHIFFRES
- Près d’un million de personnes attrapent une IST (heureusement asymptomatique dans la majorité des cas) chaque jour.
- L’OMS estime que 374 millions de personnes par jour attrapent l’une de ces IST curables : gonorrhée, chlamydiose, syphilis ou trichomonase.
- Plus de 500 millions de personnes entre 15 et 49 ans ont un herpès génital.
- L’OMS associe le papillomavirus à 311 00 décès dus au cancer du col de l’utérus chaque année.
- En 2016, près d’un million de personnes enceintes auraient été porteuses de la syphilis, entraînant ainsi plus de 350 000 accouchements à l’issue malheureuse.
- Environ 296 millions de personnes vivent avec une hépatite B chronique dans le monde.
- Vers la fin de 2020, 111 pays ont commencé à utiliser le vaccin contre le papillomavirus humain dans le cadre de vaccinations systématiques.
MST ET IST DANS LA LITTÉRATURE
Après de nombreuses et infructueuses recherches, il n’a pas encore été possible de dénicher un roman ou même une bande dessinée sur les IST et/ou les MST, hormis « La sexualité est un jeu – 100 questions torrides sur la sexualité » de Marie Donzel et « Maux Secrets. MST, maladies et taboues » de Fabienne Costa et Carole Gavaggio. En revanche, il est tout à fait possible de trouver des romans sur le sujet du SIDA tels que : « L’amour à la mort » de Corinne de Vailly, « Le Syndrome de Lazare » de Michel Canési et Jamil Rahmani, « Au bout du gouffre » de David Wojnarowicz.
Après quelques recherches, le site Babelio permet de trouver des romans sur les différentes maladies grâce à leur système de recherche et de tags.
Que pourrait apporter un personnage porteur d’une IST ? C’est une question légitime et pertinente. Tout en sachant que l’infection peut être asymptomatique, si la personne porteuse se trouve dans un univers où les moyens de contraception sont limités (ou se trouve en contact avec une personne qui l’est), il peut être intéressant – d’un point de vue psychologique – de suivre l’évolution de l’infection chez læ héros·ïne (ou le personnage infecté). De la même manière, proposer une histoire où la personne présente déjà les symptômes et doit se soigner et/ou vivre avec cette IST dans un monde où cela reste un sujet encore très tabou et dont les discriminations peuvent être très nombreuses peut amener à une forte réflexion chez læ lecteurice très peu renseigné·e sur le sujet.
À l’heure actuelle, trois associations ont porté plainte pour non-respect de la loi. En effet, cette dernière impose trois cours d’éducation sexuelle par an au collège ainsi qu’au lycée. Or, un sondage auquel des jeunes de moins de 25 ans ont répondu a conclu que presque un tiers d’entre elleux n’ont jamais bénéficié de cette sensibilisation.

LES SOURCES
✺ « Maladies et infections sexuellement transmissibles », le 02 janvier 2023 [En ligne] Maladies et infections sexuellement transmissibles (ameli.fr) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Quentin Nicard, « MST et IST : tout sur les maladies et infections sexuellement transmissibles », Septembre 2017 [En ligne] MST et IST : tout sur les maladies et infections sexuellement transmissibles (passeportsante.net) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Dr Jacques Allard, « La syphilis », le 17 mai 2022 [En ligne] La syphilis (passeportsante.net) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « MST/IST » [En ligne] MST/IST (ameli.fr)t[Consulté le 20 mars 2023]
✺ « Infections sexuellement transmissibles (IST) », le 22 août 2022 [En ligne] Infections sexuellement transmissibles (IST) (who.int) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « Tout ce qu’il faut savoir sur les quatre principales infections sexuellement transmissibles (IST) curables », le 6 juin 2019 [En ligne] Tout ce qu’il faut savoir sur les quatre principales infections sexuellement transmissibles (IST) curables (who.int) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « MST → IST = Infection(s) Sexuellement Transmissible(s) » [En ligne] MST → IST = Infection(s) Sexuellement Transmissible(s) (depistage.be) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « Les autres infections sexuellement transmissibles (IST) », le 16 mars 2022 [En ligne] Les autres infections sexuellement transmissibles (IST) (sante.gouv.fr) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Anne-Laure Mignon, « MST et IST : quelles différences ? », le 01 août 2022 [En ligne] MST et IST : quelles différences ? (femmeactuelle.fr) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « Éducation à la sexualité à l’école : trois associations attaquent l’État en justice », le 01 mars 2023 [En ligne] Éducation à la sexualité à l’école : trois associations attaquent l’État en justice (ouest-france.fr)b [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Margaret R. Hammerschlag, « Infections à Chlamydia » [En ligne] Infections à Chlamydia (msfmanuals.com) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Sheldon R. Morris, « Gonorrhée » [En ligne] Gonorrhée (msdmanuals.com) [Consulté le 20 mars 2023]
LES TÉMOIGNAGES
✺ Josée l’Obsédée, « J’ai testé pour vous : choper une MST », le 26 août 2011 [En ligne] J’ai testé pour vous : choper une MST (madmoizelle.com) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « VIH Témoignage : Le SIDA et moi », le 14 mars 2011 [En ligne] VIH Témoignage : Le SIDA et moi (itsrencontres.com) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ « Dire à mes parents que je suis séropositif, ce serait comme leur tirer une balle dans la tête », le 06 avril 2018 [En ligne] Dire à mes parents que je suis séropositif, ce serait comme leur tirer une balle dans la tête (actions-traitements.org) [Consulté le 20 mars 2023]
✺ Brut., « Témoignage : Lucie Hovhannessian, 26 ans, vit avec le VIH depuis 2012 », le 05 mars 2018 [En ligne] Témoignage : Lucie Hovhannessian, 26 ans, vit avec le VIH depuis 2012 (youtube.com) [Consulté le 20 mars 2023]


Répondre à LE VIH/SIDA – D'Encre et de Couleurs Annuler la réponse.